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LE PÉRISTYLE

Le péristyle était d’une grande richesse. La voûte en était soutenue par vingt colonnes d’ordre corinthien, revêtues de stuc blanc et cannelées, qui encadraient le

jardin; la partie interne du portique était bordée, sous la voûte, par une corniche en bois sculpté blanc, à rehauts d’or, et une corniche semblable courait au sommet de la paroi qui faisait face au portique.

Sur les parois qu’on a détachées du péristyle sont peintes des colonnes faisant face aux colonnes véritables; elles sont également cannelées et à chapiteaux ornés de feuilles d’acanthe; de chapiteau à chapiteau pendent des festons formés de fruits de toutes sortes, épis, ceps de vigne, fleurs variées, maintenus ensemble par des cerceaux de bois.

M. Barnabei pense qu’à l’occasion des fêtes automnales les colonnes de pierre étaient parées de verdure pour faire pendant aux guirlandes si habilement reproduites sur la paroi du péristyle.

La peinture de ces colonnes est d’une merveilleuse beauté, la disposition en est aussi heureuse que l’exécution en est exquise; on pense volontiers en les regardant aux raisins de Zeuxis que les oiseaux trompés essayaient de picorer. A travers les colonnes, si habilement ombragées qu’elles donnent l’illusion parfaite du relief, on voit la paroi rouge opaque (simulant le porphyre) appuyée sur un lambris noir à cymaise jaune coupée de caryatides (centaures, etc.).

Contre ce lambris et entre les colonnes, sont disposés sur des socles des hermès de marbre ou des prix agonistiques : vases d’or, d’argent et de bronze, accostés de palmes et de trépieds. Parmi ces objets, nous signalerons la table aux prix agonistiques, dont M. de Prisco a fait don au gouvernement italien (Barnabei, op. cit., p. 27), et une cuvette en or, dans laquelle une tortue, du haut d’un banc de pierre, essayait de boire. (Cette dernière peinture n’a pas pu être conservée.)

Dans les endroits de la paroi où l’espace taisait défaut, surtout prés des portes, sont peintes des guirlandes de fleurs jaunes très serrées (cormiae sutilcs) . Encore aujourd’hui, il est coutume à Boscoreale, parmi les jeunes filles, de se parer de guirlandes absolument identiques (Jiori di cannacca ) pour la fête alla contrada Giuliana, pendant les premiers jours de la semaine après Pâques.

Deux ravissantes peintures : des génies dionysiaques ailés, décoraient les côtés de la porte du grand triclinium.

Le pavé était en pierres de différentes couleurs ( pavimentum sectile ), avec des zones de mosaïque blanche à décor noir.

A côté d une des colonnes du portique, presque en face de la porte du triclinium, était une statue, probablement en bronze, dont on a retrouvé le socle ; dans les angles du jardin étaient des vasques qui recevaient l’eau des gargouilles.

Voici la description des peintures qui ont été détachées du péristyle :

4. Feston. Lourdes branches chargées de verdure, de fruits et de fleurs : grenades,

pommes de pin, noisettes, oranges; ces branches sont maintenues par de petits cerceaux de bois.

Long. : i m 40 ; haut. : 1 m 20.

5. Feston. Grenades, cep de vigne chargé de grappes, tomates — au centre deux gerbes de blé, l’une verte, l’autre sèche, entremêlées de fleurs rouges (dahlias?), — oranges, fleurs, pommes de pin. Ces festons aux couleurs chatoyantes se dessinent sur une paroi rouge foncé, bordée d'une corniche à caryatides (centaures tenant un pcdum ou un plateau) de style hellénistique.

Long. : 2 m 59 ; haut. : 1 m 20. Voyez pl. V.

6. Feston. Oranges, pommes de pin, grenades, ceps de vigne, noisettes.

Long. : 2” 43 ; haut. : i ”20. Voyei la vignette.

7. Colonne de style corinthien; aux volutes à feuilles d’acanthe du chapiteau est attaché un feston dont on voit seulement le commencement : une gerbe d’épis blonds et une branche de grenades.

Long. : om 65 ; haut. : om 9t. Voye\ la vignette et Pl. V.

8. Lambris. — Prix agonistiques. — Grand vase à deux anses et à panse godronnée (plemmochoé), peint en rouge orangé, sur un socle imitant le marbre rougeâtre; derrière, une palme. A droite, un autre socle sur lequel repose une aiguière en argent, de forme très élégante.

9. Lambris. Couronne de fleurs jaunes enlacées autour d’un ruban blanc ( strophium ), sur fond noir. On voit bien sur ce morceau la corniche qui séparait le lambris de la paroi rouge, ornée de festons, décrite aux nos 3-6. La cymaise, à moulures dorées (jaunes), est soutenue par des caryatides blanches (centaures) se détachant sur un fond d'un beau rouge écarlate; un deuxième rang de moulures, bordées d’une zone verte à méandres blancs, amortit la corniche.

Long. : o m 31 ; haut. : 1 m 34.

10. Lambris. Génie ailé (ailes vertes) à tête de faune, le corps de face, la tête inclinée à droite, le regard dirigé vers les personnes qui entraient dans le triclinium. Plongé jusqu’aux genoux dans une vasque, il tient de la main droite une aiguière, et de la main gauche, levée à la hauteur de la poitrine, un plateau. Fond noir; au-dessus, zone verte à méandres blancs.

Peinture très vivante.

Long. : o nl 71 ; haut. : i m 26. Va va- ta vignette et ta fit. IV.

11. Lambris. Autre génie pareil au précédent, regardant du côté opposé étayant les yeux fixés, lui aussi, vers les personnes qui entraient dans le triclinium. Il a une guirlande de lierre autour de la poitrine, et son plateau est chargé de fruits.

Long. : o m 38 ; haut. : 1 m 03.

Long. : 1 m 18 ; haut. : 1 m 47.

Voye\ la vigne U e sur la couverture.

A.Sambon. — Boscoreale. A.

12. Lambris. Cadran solaire sur une colonnette en porphyre; derrière, un arbuste. Long. : o 40 ; haut. : o ™ 62. Voye ç la vignette.

13. Mosaïque du pavé. Décor noir sur fond blanc représentant une fortification. Haut, o m 34; long, i m 02. Voye % la vignette.

Quelques débris des peintures d’un étage supérieur sont tombés dans le péristyle. On a recueilli les morceaux suivants :

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