‹ Les fresques de l'Aréna à PadoueChapitre 17 sur 52 · Alinari, n · texte numérisé non relu

Alinari, n

DEUXIÈME CYCLE

utero ejus i. Plutôt que de renoncer à l’illustration plénière du récit évangélique, les prédécesseurs de Giotto se sont plus d’une fois exposés à des audaces singulières que Part lui-même ne saurait approuver. Le peintre de l’Aréna n’est pas tombé en de semblables errements, tout en nous ouvrant une porte discrète sur les côtés du sujet que nous pourrions vouloir méditer. De là ces attitudes qui ne s’expliquent et se justifient qu’en ayant recours à l’ensemble des données du récit de l’Evangile. Mais c’est encore faire l’éloge de l’artiste que d’avoir à noter qu’on pourrait, au besoin, n’y pas songer.

La Vierge donc, accompagnée de deux servantes, s’avance vers sainte Elisabeth, qui se penche vers elle dans un geste d’affectueuse tendresse, mais sans se jeter, avec peu de discrétion, dans ses bras, comme l’imagineront, au siècle suivant, un trop grand nombre d’artistes. Car, si sainte Elisabeth aime tendrement sa cousine, elle la respecte, et l’admire, encore plus qu’elle ne l’aime, s’étonnantque la Mère d’un Dieu lui fasse l’insigne honneur de la visiter : Et d’ou ni1 est-il accordé que la Mère de mon Seigneur vienne à moi 2 ?

Voilà bien, dans Giotto, le sentiment qui domine toute la scène, je veux dire l’admiration avec le

1. Luc, i, 4L Giotto n’a pas craint d’accentuer, dans son tableau, la grossesse fort avancée de sainte Élisabeth. Ce naturalisme de l’artiste est, ici, tout à fait à sa place.

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