‹ Les fresques de l'Aréna à PadoueChapitre 18 sur 52 · Luc, i · texte numérisé non relu

Luc, i

l’enfance DE JÉSUS

respect, et la sainte Mère de Dieu y apparaît encore, si la chose est possible, plus digne que dans l’Annonciation de vénération et d’amour.

Sans nous arrêter maintenant sur la fresque placée au-dessous de la Visitation et qui, d’ailleurs, n’est pas de Giotto, mais d’un de ses disciples 1 , nous passons de suite aux peintures de la seconde zone, sur la muraille de droite.

1. Et ce n’était pas un des meilleurs. Cette fresque (n° 17), représente la Prière au jardin des Oliviers et la Flagellation. Elle fut ajoutée, à une époque qu’on ne saurait déterminer, pour compléter la série des sujets relatifs à la Passion.

Autour de la scène de la naissance de Jésus, les anciens imagiers avaient groupé un nombre relativement considérable d’épisodes secondaires, empruntés aux récits des évangiles apocryphes. Or, voici que Giotto, taillant impitoyablement dans cette frondaison mystique du texte révélé, a réduit tout cela à deux scènes seulement, la Nativité et l’adoration des mages. Il n’a même pas voulu consacrer un tableau spécial à l’Annonce aux bergers et à leur adoration de l’Enfant, y faisant seulement une allusion sommaire dans son récit de la Nativité. Et toute son illustration de l’histoire des mages se réduit à la scène où il les fait agenouiller devant l’Enfant, à Bethléem.

Cette réserve est tout à fait surprenante, tellement elle est peu dans les habitudes de l’époque. Ses disciples, aussi bien, ne sauront se résoudre à l’imiter, et ils se remettront, pendant tout le cours du quatorzième siècle, à raconter de nouveau des légendes que le maître semblait avoir voulu écarter résolument du canon des peintures à mettre sur les murailles des églises pour illustrer le récit de l’en-

l’enfance DE JÉSUS

lance du Christ. Jusqu’en plein quinzième siècle on verra des artistes, et non pas des moindres, se plaire au récit détaillé de la légende des mages. Le peintre anonyme des fresques de San-Petronio de Bologne leur a consacré, par exemple, une longue série de tableaux 1. Et l’on sait le parti qu’en a tiré, pour sa décoration de la chapelle Riccardi, à Florence, Benozzo Gozzoli, le disciple de Fra Àngelico.

Mais puisque Giotto, àl’Aréna, fait abstraction de tout le côté légendaire du cycle de l’enfance et que même il se refuse à détailler, comme il aurait pu le faire, le récit authentique de cette merveilleuse enfance, il ne conviendrait pas, dans cette étude, d’y insister plus longuement que lui. Nous nous bornerons donc à décrire les deux seules peintures qui lui sont consacrées, le faisant même avec plus de brièveté que nous n’en mettrons pour les autres, de peur de verser insensiblement dans les à-côtés, bien tentants, de notre sujet.

18. — Voici d’abord laNAxiviTÉ de l’enfant Jésus2. C’est une Nativité de genre « historique », c’est-àdire sans aucun élément mystique, qu’il soit emprunté à l’inspiration personnelle de l’artiste ou aux traditions légendaires. On n’y voit pas même, chose

1. Elles sont décrites, avec six gravures à l’appui, dans notre livre : Le Christ de la Légende dorée, p. 123 et suiv.

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