‹ Les fresques de l'Aréna à PadoueChapitre 41 sur 52 · L’Ascension. — Avec la fresque suivante · texte numérisé non relu

L’Ascension. — Avec la fresque suivante

TROISIÈME CYCLE

nous voici, au contraire, revenus en pleine tradition, tellement que, pour l’expliquer convenablement, il n’y aurait presque qu’à reproduire ici le texte même du Manuel de peinture des moines du Mont-Àthos.

Giotto, cependant, — et je m’empresse de le reconnaître — , s^est accordé quelque liberté dans sa manière de traiter la vieille formule. C’est ainsi que, s’il met au centre de sa composition, « une montagne)), selon les prescriptions du Guide, il n’a pas cru devoir y planter cc beaucoup d’oliviers ». La Mère de Dieu, non plus, ne se trouve pas, comme dans les peintures byzantines, au milieu du tableau, mais sur la gauche, en avant du premier groupe d’apôtres. Les deux anges qui occupent le centre de la composition, sont, bien entendu, ceux qui adressent aux saints personnages les paroles qu’on sait : Viri Galilæi , etc.1.

Il y a aussi des anges, dans le haut du tableau, pour accompagner le Christ, pendant qu’il s’élève à travers le ciel, jusqu’à la demeure de son Père. Mais notez, toutefois, que tous les personnages qu’on y voit ne sont pas des anges, ce qu’on pourra conclure de ce seul fait que plusieurs portent une barbe, et très abondamment fournie. Ce sont « les

1. « Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel. Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de nous, il viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en allant au ciel. » {Act. i, 11).

LA MORT DE JESUS

justes » que, selon la légende, le Christ entraîne à sa suite, et en grand nombre, au jour de son Ascension. Le texte liturgique l’enseigne formellement.

GIOTTO, A L’ARENA L 'Ascension.

Ascendens Christus in altum caplivam duxit caplivitatem , le Christ montant dans les cieux a emmené avec lui ceux qui furent captifs.

L’ Ascension de l’Aréna me paraît être une des fresques de toute la série à propos desquelles il y aurait le plus de profit à suivre de près la façon dont

TROISIÈME CYCLE

il observe l’ancienne iconographie. On a vu qu’il lui était, ici, assez fidèle, car il n’a pas oublié la tradition de ces « Ascensions profilées » dont la miniature de la Bible syriaque, à Florence, est un exemple très caractéristique.

Mais il faut noter avec quelle maîtrise, tout en acceptant ce vénérable rythme, il sait le transformer en lui donnant la vie : car tout est mouvement dans son œuvre, et on ne peut que la louer, au point de vue de l’exécution artistique.

Je donne encore, pour fournir au lecteur un point de comparaison, l’esquisse de Y Ascension de Buffalmare, au Campo Santo de Pise. Il sera, en effet, assez curieux de la rapprocher de celle de Giotto, car la formule en est très différente. Je me suis toujours demandé, chaque fois que j’ai revu cette fresque de l’artiste pisan, où il avait bien pu en trouver l’idée. Son originalité, en tout cas, est incontestable, en même temps que très plaisante.

39. La Pentecôte1. — Je regrette de ne pouvoir donner ici un dessin de cette Pentecôte de l’Aréna: il aurait suffi au lecteur pour comprendre, d’un seul coup d’œil — à supposer qu’il soit un peu familier avec l’iconographie du sujet — toute l’originalité de cette composition. Giotto, pour bien nous faire entendre que la scène se passe à l’intérieur

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