LE PARTHÉNON. — PHIDIAS
l'élève, il la grandit, il la monumentise, il semble qu'il faille se dégager de l'humaine nature pour honorer les dieux. Prenons dans le combat des Centaures & des Lapithes les chevaux dont la crinière & dont la tète sont ramenées à des formes carrées, sculpturales, procédant, pour ainsi dire, du monument grec aux formes anguleuses & droites, & du marbre dont la nature essentiellement fruste se prêtera mieux aux formes généralisées & simples. Sans doute, c'est le cheval pris dans la nature, mais c'est le cheval asservi aux lois de l'art, aux nécessités du ciseau, à l'harmonie d'un grand ensemble, & non pas cette servile imitation de la nature qui rapetisse l'art en le faisant l'esclave & le trop infidèle copiste d'une nature avec laquelle on ne lutte point, mais qu'on peut du moins interpréter suivant son génie & suivant son cœur.
CHARLES yRIARTIi.
A MO RH.L, éditeur