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ET LES TABLES TOURNANTES

Quelques sujets, fort rares, parviennent à remuer les objets rapprochés, mais sans contact, par un simple effort de leur volonté. Les expériences faites notamment avec Daniel D. Home et Eusapia Paladino permettent d’autant moins le

LETTRE OUVERTE A M. .IULES BOIS

doute à cet égard qii’iei il ne s’agit plus coinme dans l’extériorisation de la sensibilité d’une impression ressentie par le sujet seul mais d’un phénomène visible et contrcMable par tous les spectateurs.

Tant que les mouvements n’ont pas été obtenus sans contact, on était en droit de les expli- (jner par la théorie des mouvements inconscients. Aujourd’hui, cette théorie ne peut plus être considérée comme sullisante et il est clair (pie, dans le cas des tables tournantes, il intervient souvent une force encore non définie.

LA TÉLÉPATHIE ET l’eXVOUTEMENT

Les notions sommaires que je viens d’exposer relativement à l’exlériorisation de la sensibilité et de la motricité suffisent à faire comjirendre comment cette force mat connue peut, dans des cas exceptionnellement favorables, produire cliez une personne la répercussion d’une émotion violente éprouvée à distance par une autre personne, ou d’une action mécanique exercée également à distance sur un objet jiréalablement mis en rapport avec cette personne. C’est ce qui constitue ta télépathie et Yenvoûlement dont la réalité est historicpiement prouvée, au moins dans une certaine mesure.

LA VUE DES^ ORGANES INTÉRIEURS, LANSTINCT DES REMÈDES ET LA VUE A DISTANCE

Ces ti’çis pliénoinènes ont été assez fréquemment observés, surtout dans la première moitié du dix-neuvième siècle, par des hommes de haute^ valeur tels que le marquis de Puységar, le capitaine d’artillerie Tardij de Monlravel, le général de division du Génie Noizel, Deleiize, administrateur du Muséum, le D'' Bertrand^ ancien élève de l’Ecole polytechnique, le 1)'’ Charpignon, etc. Aujourd’hui on les rencontre beaucoup plus rarement, soit qu’on mette moins de soin à les rechercher et à les développer, soit que les facultés des sensitifs varient suivant les époques, ce qui ne devrait point nous étonner outre mesure, les conditions de l’ambiance se modifiant perpétuellement.

En tout cas, pour ma part, je n’ai rien pu trouver de convaincant.

Presque tous les sujets qui présentaient l’extériorisation de la sensibilité disaient bien voir l’intérieur du corps humain grâce à leur main qu’ils approchaient plus ou moins, de façon à voir plus ou moins profondément ; ce qui fait supposer qu’ils voyaient par leurs couches sensibles extériorisées. A l’aide de cette manœuvre, ils comparaient leurs propres organes à ceux de la personne qu’ils examinaient et diagnostiquaient ainsi les maladies. Leurs affir-

LETTRE OUVERTE A M. JULES ROIS

mations étaient très nettes et assez vraisemblal)Ies ; aussi je crois qu’ils étaient de ])onne foi, d’autant plus que jamais, mali^^ré mes invitations réitérées, aucun d’eux n’a prétendu posséder l’instinct des remèdes.

()uant à la vue à distance, je l’ai obtenue d’une façon extraordinaire, avec l’un de ces sujets ^Nlme Lambert. Pendant plus de six mois, étant endormie magnétiquement, elle a vu, dans tous les détails de sa vie, un ingénieur que nous ne connaissions ni l’un ni Taiilre et qui, ayant quitté sa famille à la suite de grands revers de fortune, n’avait jamais donné de ses nouvelles. A l’aide d’un objet lui ayant appartenu, et que je mis entre les mains de Lambert, elle le retrouva dans l’Amérique du Sud, me donna les noms des villes et des hôtels où il séjourna successivement en les lisant dans les gares ou sur les enseignes, et elle m’indiqua les titres des journaux qu’elle voyait entre ses mains. Je vérifiai que ces villes, ces hôtels, ces journaux, dont elle n’avait pas la moindre idée quand elle était éveillée, existaient réellement, mais quant au personnage lui-méme, des informations prises auprès de notre consul à La Paz, capitale de la Bolivie, où il était censé faire construire une usine, nous prouvèrent qu’il n’y avait jamais mis les pieds. Nous n’avions donc eu ici qu’une série de rêves se suivant avec une logique parfaite et présentant, avec un fond imaginaire, des détails exacts dont il est fort difficile d’expliquer la provenance.

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