Brabbée. Siib rosa
à rimpératrice et causa avec elle pendant quelques instants. Une forme féminine fut aperçue entre le grand duc Serge et la princesse d'Oldenbourg, mais elle disparut bientôt... Je eommençai alors à rn élever dans l'air, tandis que rimpératrice et la princesse d'01denl30urg continuaient à me tenir la main. La confusion devint indescriptible lorsque, m'élevant de plus en plus haut, mes voisines durent monter sur leurs chaises afin de me suivre. Cette idée qu'une Impératrice était obligée de poser ainsi à l'antique, au risque de se blesser, était peu propre à maintenir l'équilibre mental du médium et je demandai plusieurs fois qu'on levât la séance. Mais ce fut inutilement et je continuai à monteflp jusqu'à ce que mes deux pieds touchassent deux épaules sur lesquelles je m'appuyai et qui étaient celles de l'Empereur et du grand-duc d'Oldenbourg, ce qui fit dire à l'un des assistants : « C'est la première fois que l'Empereur se « trouve sous les pieds de quelqu'un. » Lorsque je fus redescendu, la séance fut terminée. »
Le Journal de Francfort, du 6 septembre 1861, contient l'entrefilet suivant, emprunté au Gegenwarl, de Vienne :
« Un prêtre catholique entretenait, dimanche dernier, dans l'église Sainte-Marie à Vienne» ses auditeurs de la protection constante que prêtent les anges aux fidèles commis à lem* garde, et cela dans un langage plein d'exaltation
et cVimages avec une onction et une éloquence qui touchaient profondément le cœur des nombreuses dames et jeunes filles réunies autour de lui. Dès le cominencement du sermon, une jeune fille d'une vingtaine d’années manifestait tous les signes de l’extase, et bientôt, dit un témoin oculaire, les bras alternativement croisés ou élevés vers le ciel, les yeux fixés sur le prédicateur, elle fut aperçue de tout le monde se soulevant peu à peu de terre et demeurant à plus d'un pied du sol jusqu à la fin du sermon^ On assure que le même phénomène s’était produit quelques jours avant, au moment où cette jeune personne recevait la communion. »
Miss Cook, le célèbre médium qui a servi aux séances de matérialisation chez M. Crookes,^ raconta, en 1872, dans une lettre adressée à M. Harrisson, qu’en 1870, étant alors âgée de 14 ans, on la mena à une séance de spiritisme parce qu’elle voyait et entendait souvent des esprits invisibles pour tout le monde. Après plusieurs mouvements et lévitation de la table, « une communication par coups frappés nous fut donnée, disant que si on voulait faire l’obscurité, je serai portée autour de la chambre. J’éclatai de rire, ne croyant pas que cela fût possible. On éteignit la lampe, mais l’obscurité n’était pas complète, car il entrait de la lumière par la fenêtre. Bientôt, je sentis que l’on me prenait ma chaise. Je fus soulevée jusqu’au
plafond. Tout le monde a pu me voir en Tair^ J^’étais trop effrayée pour crier, et je fus portée au-dessus de la tète des assistants et déposée sur une table, à Textrémité de la chambre. Ma mère demanda alors si nous pouvions avoir des phénomènes chez nous. La table répondit «oui»^ que j'étais un médium. »
M. Tabbé Petit, que beaucoup de mes lecteurs ont sans doute connu chez la duchesse de Pomar, m'écrivait récemment :
« Ce qu'il importe de déterminer dans tous ces phénomènes, c'est la cause qui les produit. Cette cause étant complexe, comme tous les agents de cette nature, doit être étudiée par le sujet lui-mème en même temps que par l'opérateur si le phénomène est produit par un médium étranger ; dans le cas contraire, c'est que le sujet est plus ou moins médium et c'est pour lui un devoir d'étudier ses sensations^ autant qu'il en est capable.
« En ce qui concerne la lévitation, je l'ai éprouvée de deux manières différentes dans^ une église : une fois, c'était un simple soulèvement que j'attribue à la dilatation du corps astral ; une autre fois, il y a eu transport.
« J'ai ressenti, dans le premier cas, un fourmillement intense dans les mains et les pieds avec la sensation d'une force qui s'échappait ; dans le second cas, la sensation était toute diffé-
rente, il me semblait qu^une force étrangère m’attirait vers l’autel (1).
« Je pense que, dans le cas de transport, la force médianimique du sujet se soude à une force supérieure qui l’entraîne. Si la frayeur ne m’avait saisi, si je ne m’étais pas débattu, je serais probablement passé par-dessus la grille du sanctuaire. Ma frayeur a été si grande que j’ai failli en être malade...
« Il m’en coûte de parler de moi, je ne le fais qu’avec répugnance ; mais il serait à désirer que les personnes à qui surviennent, accidentellement ou non, quelques phénomènes de cette nature, en fissent l’aveu en toute sincérité. Cet aveu est très pénible ; aussi la plupart s'en cachent avec soin pour ne point s’attirer la réputation d’hallucinés ou de visionnaires, épithètes toujours désagréables.
« En tous cas, aucun de ces phénomènes n’est miraculeux. Rien dans ces faits, qui échauffent malheureusement les imaginations, n’est produit en dérogation aux lois de la nature, mais tous relèvent d’une loi supérieure qu’on finira par formuler. Il faudra sans doute encore de nombreuses expériences avant d’arriver à ce résultat. Ce qu’il y a de déconcertant, c’est que les meilleures théories sont tout à coup boule-
1. Le curé d’Ars racontait que le démon le soulevait quelquefois dans son lit. On prétend qu’Eugène Vintras, le soidisant prophète qui vivait àTilly il y a une cinquantaine d’années, s'élevait de terre devant témoins lorsqu’il priait.
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versées par un facteur inconnu qu'il est impossible de déterminer. »
L’Écho du Merveilleux a publié, dans son numéro du 15 mars 1899, sous la signature de M. Gustave Ferrys, le compte rendu d'expériences faites récemment dans un cercle très restreint.
Le médium était une petite fille de 12 ans, nommée Jane, très bien constituée, bien portante et parfaitement élevée. Son état paraît rester toujours normal pendant les manifestations et suivant une observation déjà faite souvent, elle n'estpas la seule à fournir des éléments de force ; pour que les phénomènes se réalisent les membres du cercle doivent être toujours les mêmes et se placer dans un ordre déterminé.
Ces phénomènes comportent des déplacements d'objets sans contact, des apparitions lumineuses et des matérialisations qui sont hors de notre sujet. Je me bornerai à reproduire ici les parties du compte rendu qui a trait aux lévitations du médium.
« Jane est debout sur la petite table. Mes deux mains effleurent sa robe un peu au-dessous des aisselles ; les trois autres assistants soutiennent les bras horizontaux du médium en touchant seulement les avant-bras. Sur notre demande, le médium est enlevé de dix centimètres environ et retombe debout sur le plateau. Touchant seul le corps du médium et ayant les bras tendus, il m'est matériellement impossible
de Fenlever dans cette position. Jane, du reste, déclare après chaque expérience de ce genre n'avoir senti dépréssion nulle pari. Elle est enleyée de partout. J'insiste particulièrement sur ce point important.
« L'expérience précédente est répétée, mais alors que le médium a quitté le plateau, la table est renversée seule et Jane redescend lentement à terre. Je ne crois pas pouvoir, à ce moment, estimer son poids à plus A'un kilogramme.
« Un soir de lévitations du médium, une surprise nous est annoncée pour la fin delà séance. Le médium est alors placé debout ; j'ai les deux mains un peu au-dessous de ses aisselles, mes amis tiennent les mains et les avant bras. Je sens tout à coup, par un mouvement des épaules, que le corps a pris une position horizontale. Les pieds joints venaient de quitter brusquement le sol et avaient décrit un quart de cercle autour d'une épaule comme centre. Enlevant vivement ma main gauche, tout en conservant la droite sous l'aisselle gauche du médium, je l’étends dans la direction du corps et constate la position horizontale de celui-ci sans qu'aucune main ne le soutienne. Ce résultat est obtenu trois fois de suite.
« Enfin, je rappelle, pour terminer l'exposé de ce genre de phénomènes, un fait analogue à celui dont parle M. le Corneille dans son article de février.
«Jane est debout, les deux pieds posés sur mes
genoux. Je place une de mes mains sur chacune de ses chaussures. On effleure comme toujours la robe et les bras. Je demande une lévitation du médium. Le poids du corps de celui-ci ne tarde pas à déci^oître sensiblement... devient nul et, finalement, les pieds quittent mes genoux pour y retomber bientôt.
« J’essaye l’épreuve contraire. Je demande maintenant une augmentation de poids. L’expérience réussit pleinement. Les pieds pressent si fortement qu’ils dévient et m’obligent à les tenir serrés. Je constate d’une main que, par leur position, mes amis ne peuvent nullement contribuer à la production de ce phénomène.
Sans exagération aucune, le poids du corps est doublé.
« Je rappelle que le médium dont la nature aimante et douce reflète toute la belle franchise de l’enfance, déclare ne sentir aucune pression, aucune poussée. Un fait curieux mérite d’être signalé : avant que les pieds de Jane quittent le sol ou les genoux, le corps s'allonge sensiblement et dans le cas d’augmentation depoids, le corps se tasse et doit certainement diminuer de longueur d’au moins 2 ou 3 centimètres. »
«Voulant varier ces effets à l’infini, la table, dans ses réponses, semble s’ingénier à combiner d’autres phénomènes. Elle nous dit :
— Couchez Jane sur le plateau.
— Mais, disons-nous, ce n’est pas possible !
— Je veux la léviter au mur.
— Comment cela ?
«La taLle répond que le médium sera raidi et qu"il nous faut mettre les mains légèrement en dessous.
« Nous suivons le petit meuble qui va prendre, en lévitant, une position convenable, puis Jane est étendue les reins portant sur la table, la tète et les pieds soutenus par nous quatre.
« Le corps perd bientôt de son poids ; nous ne le sentons plus sur nos mains qui effleurent seulement la robe ; il s'élève et fait horizontalement un mouvement de va-et-vient ; les pieds frappent le mur à chaque fois. Le médium rit et dit ; « Encore ! »
« Pendant que Jane rebondit vers le mur, telle une balle de caoutchouc, j'émets l'idée que la table ne servant plus à rien pourrait bien sortir du cercle formé par les assistants. Nous lui réservons un passage ; mais elle sort, seule évidemment, du côté opposé et va s'affaler avec bruit dans un angle de l'appartement. Le poids du corps de Jane augmente et redevient normal.
« Un instant après, nous obtenons que l'expérience soit refaite mais avec cette variante ;
— Quand le médium sera en l'air, et 1 évitera au mur, vous glisserez lentement vos mains vers la tête de sorte que la partie supérieure du corps reste horizontale, sans contact.
« Ainsi est fait. Jane continue les lévitations au mur jusqu'à ce que nos mains soient toutes remontées de la tête à la taille. Plus de la moitié du corps restait donc sea/e soutenue par l'in-
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visible. Puis le médium, couché dans les mêmes conditions que précédemment, est enlevé horizontalement, redressé et posé debout sur la table. Enlevé de nouveau, il tourne dans le plan vertical et se couche lentement. Pendant ce temps, nos mains, eflleurant seulement la robe, n'ont qu'à suivre. Les mouvements sont lents et réguliers. Il est de toute impossibilité de les reproduire à force de bras, ainsi que nous l'avons essayé depuis. »
M. le D" Dusart, ancien interne des hôpitaux de Paris, a étudié dans un petit village du département du Nord, une jeune fille de 17 ans, qui était un médium extraordinaire sous des rapports divers. Voici ce qu'il m'écrivait, le 7 mars 1899, au sujet des phénomènes se rapportant à la question qui nous occupe en ce sens qu'on voit varier le poids des objets matériels sous l'influence d'une force inconnue.
« Maria ayant les mains à plat sur la table, les pieds de celle-ci qui sont de son côté se soulèvent: un d'eux vient toucher sa robe ; puis les deux autres s'enlèvent à leur tour et la table ainsi complètement en l'air vient, sans le moindre elTort musculaire de Maria, se poser sur la tête des assistants debout dans la salle. A la demande, on ne la sent pas du tout ou elle pèse à faire crier grâce. Nous avons tous essayé de la soulever non pas en y imposant simplement les mains, ce qui est évidemment impossible, mais en l'empoignant vigoureusement
par les bords ; nous n^y sommes pas arrivés.
«Il était intéressant et même nécessaire d’apprécier rétendue des modifications de la pesanteur. J’ai apporté un peson à index et j’y ai suspendu la table : libre, elle donne 17 kilos. A la demande, Maria portant les mains dessus la plate-lbrme,elle arrive à peser zéro ; ou bien Maria posant les mains dessous, l’index descend lentement jusqu’à 40 kilos. Plus tard la table s’agitant dans une vraie sarabande, on a constaté 50 kilos, point extrême du peson ; mais ceci ne compte pas, à cause des secousses.
On connaît l’expérience du pèse-lettre, qui eut lieu à l’Agnélas en 1895 ; elle a été répétée en 1897, à Bordeaux chez M. Maxwell qui m’a communiqué le procès-verbal rédigé par lui même.
Séance du 4 aoiil 1897.
« Présents ; Eusapia, médium ; M“® A... ; M. Maxwell (1) ; M. de Pontaud ; M. Denucé, docteur en médecine ; M. Pr. avocat.
Pr.
De M.
De P.