PREMIÈRE DISPOSITION
L’appareil destiné à expérimenter l’altération de poids d’un corps consistait (tig. ^o) en une
planche d’acajou de 0“*,9() de long sur 0‘%24 de large et deux centimètres et demi d’épaisseur.
A chaque bout, une bande d’acajou large de 4 centimètres était vissée et formait pied. L’un des bouts de la planche reposait sur une table solide, tandis (jue l’autre était supporté par une balance à ressort ou peson suspendu à un fort trépied ; le peson était muni d’un index enregistreur automoteur de manière à indiquer le maximun de poids marqué par l’aiguille (tig. 20). L’appareil était ajusté de telle sorte que, la planche d’acajou étant horizontale et son pied reposant à plat sur le support, l’index de la balance indiquait trois livres anglaises comme fraction du poids supporté.
En présence de M. Crookes, de son frère, de son aide de chimie, du 1)'* William Huggins,
membre de la Société royale de Londres, et de Sergeant Cox, docteur en droit, le sujet assis sur une chaise posa légèrement la pointe de ses doigts, sur rextrème bout de la planche d’acajou, dans une position qui lut constatée par des traits au crayon; presque aussitôt les observateurs virent descendre Faiguillede la balance, qui remonta au bout de quelques secondes. Ce mouvement se répéta [plusieurs fois, comme sous
des émissions successives de la force psychique, et l’on percevait distinctement le mouvement d’oscillation de l’autre extrémité de la planche. Le sujet prit alors deux objets qui se trouvaient à sa portée, une petite sonnette et une boîte d’allumettes ordinaire, en carton qu’il plaça sous ses doigts (lig. 27), pour montrer qu’il n’exerçait aucune pression: on ne tarda pas à voir le mouvement, se reproduire avec plus d’intensité
encore, et renres^istreur automatique montra que rindex était descendu jusqu’à neuf livres ; c'est à-dire (pi'il avait indiqué une auc^mentalion de six livres dans la fraction du poids supporté par le peson.
Atin de voir s’il était possible de produire un effet notable sur cet instrument en exerçant une pression à l’endroit où le sujet avais mis ses doigts, M. Crookes monta sur la table et se tint sur un pied à l’extrémité de la planche ; le
!)'■ Hup^gins, (]ui observai! l’index de la balance, constata (jue le j)oids enlierdu corps (iiOlivres) ne faisait lléchir l’index que d’une livre et demie, ou de deux livres (piand Crookes donnait une secousse. Cette llexion tenait évidemment à ce que, k'pied ayant plus de quatre centimètres de largeur, une partie du poids du corps as^issait en avant de Taré te antérieure de la bande
cracajou, autour de laquelle il faisait tourner la planche ; tandis que, le sujet plaçant ses doigts en arrière de cette même arête, une pression (juelconque de sa part ne pouvait produire aucun eiïet, et même eût eu pour résultat d’entraver rabaissement de Tautre extrémité. En admettant même que trompant la surveillance
des yeux qui robservaient, le sujet eût pu porter un instant ses doigts en avant de Tarête de la bande, il est facile de se convaincre, par un simple calcul de proportion (üg. 27), que, pour faire descendre Tindex jusqu'à neuf livres, il aurait dû produire du coté de b un elfort supérieur à son poids tout entier, ce qui est inadmissible pour un bomme assis.