‹ Les frontières de la science. 2e sérieChapitre 45 sur 46 · QUATRIÈME DISPOSITION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME DISPOSITION

M. Crookes, convaincu que la force psychique existe plus ou moins développée chez tous les sujets, iinap^ina un appareil beaucoup plus sensible pour en constater les manifestations. Nous en donnons ci-contre le plan et rélcvation.

Un morceau de parchemin mince A (lig. 33)est fortement tendu sur un cercle de bois, de maniéré à former une sorte de tamliour de basque, b C est un léger levier parfaitement équilibré pivotant en D autour d’un axe horizontal. A l’extrémité B se trouve une pointe d’aiguille verticale louchant la membrane A; au point C une autre pointe d’aiguille, faisant saillie horizontalement et touchant une lame de verre noircie à la fumée; cette lame verticale peut être entraînée parallèlement au plan vertical dans lequel se meut le levier, par un mouvement d’horlogerie K ; des trous sont percés dans la paroi du cercle, pour permettre à l’air de circuler librement au-dessous de la membrane. Des expériences préalables exécutées par plusieurs personnes permirent de constater que des chocs sur le support fixe ne communiquaient aucun mouvement au levier, et que la ligne tracée par l’index restait parfaitement droite quand bien même on cherchait à secouer le support et qu’on frappait du pied sur le plancher.

M'"'' X.,, fut introduite dans le laboratoire. Sans qu’on lui eût expliqué le but de rinstrument, on la pria de placer ses mains sur le support lixe, successivement en divers points plus ou moins éloignés de l'appareil ; à chaque fois, bien queM. Crookes tînt ses mains sur les siennes, pour s’assurer s'il n'y avait aucun mouvement conscient ou inconscient de sa part, on vit le levier osciller et la pointe tracer les diverses cour]3es reproduites dans la figure 34, à une ûclielle un peu plus grande que nature, pour permettre de ])ien distinguer les petites oscillations ; en même temps, on entendait venir du parchemin des bruits semblables à ceux qu'auraient produits des grains de sable projetés à sa surface ; (luelquefois les sons se succédaient aussi rapidement que ceux d’une maclnned’induction tandis que, d'autres fois,il y avait plus d'une seconde d’intervalle.

Un fragment de graphite placé sur le parchemin était projeté, à chaque coup, à la hauteur d'un deini-millimétre environ.

Quehpies jours après. Home essaya à son tour l’appareil ; il étendit la main droite audessus et à 20 centimètres environ de la membrane ; Crookes lui tenait fortement le l)ras droit et un autre témoin le bras gauche. Après être demeuré dans cette position une minute, M. Home dit qu'il sentait le üuide passer ; on lit alors marcher le mouvement d'horlogerie et l’on vit l’index osciller ; les mouvements étaient beaucoup plus lents que dans le cas précédent

et n’étaient point du tout accompagnés des coujis vibrants dont il a été fait mention, mais les oscillations présentaient une amplitude beaucoup plus considérable.

SirCrookes fait observer cpie les phénomènes de cette nature sont généralement précédés par un refroidissement de l’air tout particulier:

« Sous son intluence, dit-il, j’ai vu des teuilles de papier s’enlever et le thermomètre baisser de plusieurs degrés. Dans d’autres occasions, je n’ai remarcpié aucun mouvement réel de 1 air, mais le froid a été si intense que je ne puis le comparer qu’à celui qu’on ressent lorsqu on tend la main à quelques pouces du mercure gelé (l)... »

« Après avoir été témoin de l’état pénible de jirostration nerveuse dans lequel quelques-unes de ces expériences ont laissé ^1. Home, après l’avoir vu dans un état de défaillance presque complète, étendu sur le plancher, pâle et sans voix, je puis à peine douter que l’émission de la force psychique ne soit accompagnée d’un épuisement correspondant de la force vitale (2). »

Il semble ({u’une enquête aussi précise ne doive rien laisser à désirer ; cependant un certain nombre de lecteurs demanderont pcut-

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