‹ Les frontières de la science. 2e sérieChapitre 46 sur 46 · Rech. sur le spiril.^ p. IM · texte numérisé non relu

Rech. sur le spiril.^ p. IM

être pourquoi d’autres savants n’ont point fait d’expériences analogues et avec d’autres sujets.

Je répondrai d’abord que, outre celles du l)'* Hare et du D" Dusart que j’ai signalées plus haut, il y a eu encore celles de Boutlerow, professeur de chimie à rUniversité de Saint- Pétersbourg, pendant riiiver de 1871 (1). La tension normale du dynamomètre étant de 100 livres, elle fut portée jusqu’à 150 livres, les mains de M. Home étant mises en contact avec l’appareil d’une manière telle que tout ellbrt de sa part aurait diminué la tension au lieu de l’accroître.

Je ferai observer ensuite que les facultés dont nous nous occupons sont tout à fait anormales, <pie rien n’est plus variable, plus mobile que leurs ellets, et qu’il est difticile, non seulement de trouver des sujets, mais encore de saisir l’occasion d’expérimenter sur eux avec des appareils préparés à l’avance et dans certaines conditions qui, ici comme pour l’électricité, sont nécessaires pour la production bien nette des phénomènes.

La plupart des faits que nous avons cités peuvent certainement s’expliquer par des considé-

l. Grookes. Recherches sur le spiritualisme, p, 39.

rations analogues à celles qu’a développées Karl du Prel ; mais il me paraît non moins certain que quelques autres paraissent dues a des forces tout à fait dilfcrentes de celles que nous sommes habitués à considérer en physique et je terminerai cette étude déjà longue quoiqu'encore bien incomplcte (1) en rajipclant un cas de lévitation qui laisse fort loin derrière lui tous les autres ; ce sont les périgrinations de la Santa-Casa de N.-D. de Lorette (^).

Je prie le lecteur de ne me considérer, ici comme pour (pielques autres de mes citations, (pie comme un simple compilateur, un rapporteur ({ui expose les diverses pièces d’un procès en laissant à chacun le soin de juger du degré de conüance qu’elles méritent.

Je me contenterai donc d’extraire les détails essentiels du phénomène d’une longue dissertation que lui a consacrée l’alibé Lecanu dans le Dictionnaire des prophéties et des niircicles faisant partie de VEncyclopédie tliéologiqiie de l’abbé Migne.

« Le 10 mai 1^01, sur le sommet aplati dune colline entre les villes de Fiume et de Tersatz, mais plus près de cette dernière, dans un lieu

1. Chaque jour mes lectures m'apportent de nouveaux cas, soit anciens, soit contemporains.

2. Cette célèbre chapelle a, dans œuvres, 9 m. 60 de lonj;’, 4 m. 18 de large et 4 m. 30 de haut ; les murs sont en maçonnerie de moellons faits d'une pierre sablonneuse tendre et couleur de brique.

appelé Rauniza, les habitants aperçurent un édifice qu'ils n'avaient pas vu auparavant.

« On accourt, on examine ; le bâtiment est construit de pierres de petit appareil, taillées et cimentées, posé sans fondations sur la terre, surmonté d'un clocher. On pénètre dans Tiiitérieur ; Fédifice forme un carré olilong, le plafond est peint couleur d'azur, divisé en compartiments, semé de petites étoiles dorées. Une frise règne autour, représentant des vases de formes diverses inclus dans des cerceaux. Les murs sont recouverts d'un enduit, sur lequel on a représenté au 2 :)inceau divers mystères de la religion. Une porte latérale a donné l'entrée, une fenêtre s’ouvre à main droite ; en face est l'autel dominé par une croix grec({ue avec le crucifix peint sur toile et collé, et la légende Jésus de Nazareth^ roi des juifs.,, »

« La Sainte Merge apparut à ce moment en songe au vénérable Alexandre, curé de Tersatz, et lui dit : « Sache que la demeure sacrée récemment apportée dans votre pays, est la maison même où j'ai pris naissance et où j’ai passé presque toute ma jeunesse... les Ajiôtres la consacrèrent... Après avoir été environnée des plus grands honneurs dans la Galilée pendant de longs siècles, elle a émigré de la ville de Nazareth vers vos rivages parce qu’elle s'est trouvée mise en oubli par la perte de la foi.

« Alexandre ayant raconté ce songe au gouverneur du pays, on envoya à Nazareth des com-

inissaires pour vérifier le fait ; ces coniiuissaires constatèrent, par le témoignage des habitants et par leurs propres yeux, la disparition de la sainte demeure, prirent les mesures exactes des fondations qui étaient demeurées au niveau du sot et s'assurèrent que le temps de renlèvement coïncidait avec celui de Tapparilion en Dalmatie...

« Le lionheur des habitants de Tersatz ne fut pas de longue durée. Au bout de trois ans^ et sept mois la sainte maison disparut. L’émotion fut grande dans tout le pays. Le pieux gouverneur, pour consoler ses ministres de la perte qu'ils venaient de faire, éleva à ses frais une autre maison pareille à la première ; ces successeurs renfermèrent dans une église magnifique...

« La sainte maison avait été transportée de l'autre côté du golfe Adriatiipie, au milieu d'un bois, à mille pas du rivage, près de Recanati dans la marche d'Ancône. Des bergers l'aperçurent les premiers j)endant la nuit, environnée d’une céleste splendeur, qui attira leurs regards. L'un d'eux prétendit meme l’avoir vue traversant les airs et se posant après sur la terre. »

Les bois environnants étaient peuplés de liandits ([ui, plus d'une fois, assassinèrent les pèlerins qui s’étaient hâtés d'accourir. Aussi le séjour de la sainte maison fut-il très court dans cette station ; au bout de huit mois, elle la (piitta pour se rendre à deux milles de là sur une

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petite éminence où elle ne se trouva point encore à son gré, car, ipiatre mois après, elle descendit du sommet de la colline et s étaldit, à la distance d’un jet de pierre, au milieu de /a voie jmlilnpie, au jioint où elle se trouve encore aujourd’hui.

« Le Souverain Pontire,lionirace VIII, oi-donna à l’évèipie de Recanatî de prendre les mesures nécessaires pour arriver à la constatation autlientifpie de laits si extraordinaires. Une députation, composée de seize personnes, partit donc, de Recanati pour Tersatz. Les députés prirent les dimensions de la chapelle <jue les hahitants venaient d’élever en jilace de la sainte maison ; ils trouvèrent qu’elles se raiiportaient exactement à celles qu’ils avaient levées avant leur départ ; ils se dirigèrent delà vers la Palestine, constatèrent l’existence des rondations au lieu indiqué, en prirent les dimensions, consultèrent les traditions et se convainiiuirent que tout était conl’orme à ce qui leur avait été annoncé d abord. Leur retour à Recanati leva les derniers doutes. »

Mayenne, Imprimerie Cii. COLIN.

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