‹ Les frontières historiques de la SerbieChapitre 1 sur 26 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Ce livre est une œuvre d'avant-guerre. Présenté à la Sorbonne, en 1914, comme thèse complémentaire de doctorat es lettres, son manuscrit avait été admis sous réserve de quelques retouches que Gaston Gravier se proposait d'y faire pendant les vacances, avant de retourner à son poste en Serbie. Mais, le 2 août, il était mobilisé comme sergent au 279e Régiment d'Infanterie; il prenait part aux batailles livrées devant Nancy, puis à celles du Nord. C'est là qu'il est tombé glorieusement, le 10 juin 1915, près de la sucrerie de Souchez, à Ablain- Saint-Nazaire, quelques semaines après la naissance de son fils, au moment où le gouvernement serbe le redemandait au gouvernement français, pour des fonctions où il aurait rendu les plus grands services.

Peut-il, disparu qu'il est depuis plus de trois ans, en rendre encore? Ses amis serbes et français ont pensé que son étude sur les frontières historiques de la Serbie n'avait rien perdu de son intérêt, bien qu'elle ait été écrite dans des préoccupations assez différentes de celles d'aujourd'hui. En 1913 et en 1914, la question yougoslave nr'était pas posée; on ne pensait pas, à Belgrade, à ces agrandissements aux dépens de l'Autriche dont la presse viennoise et magyare accusait les Serbes de nourrir le projet; le seul souci des hommes d'État comme des masses, c'était de réaliser l'union intime de la Serbie de Karageorge et de Miloch avec celle que le traité de Bukharest venait de lui adjoindre. Cette union intime était-elle possible? On en doutait parfois en

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