ACTION PHYSIOLOGIQUE DE LA FUMÏ5E D’OPIUM
La fumée d’opium agit incontestablement comme stimulant du s 3 T stème nerveux central, et cette stimulation se traduit par la congestion du cerveau et de la moelle épinière.
Nous avons en effet observé cette congestion dans toutes les autopsies que nous avons faites sur les fumeurs morts dans la période de narcotisme aigu.
Ces congestions répétées du système nerveux central amènent, à la longue, les différentes affections qui terminent si malheureusement la vie des fumeurs : le ramollissement cérébral, la paralysie générale progressive, l’idiotie, l’aliénation mentale.
L’opium n’agit pas seulement en congestionnant simplement le système nerveux, mais il a encore sur lui une action spéciale, l’action narcotique, qui se révèle à côté des phénomènes de la congestion, par les rêvasseries, la longue durée du sommeil, la persistance des hallucinations, dans la période de narcotisme chronique, la fréquence de l’aliénation mentale.
La fumée d’opium est avalée par le fumeur, et absorbée en partie dans les voies digestives et respiratoires : de là, sans doute, elle passe dans le torrent circulatoire.
Mais nous ne voulons pas nous lancer ici dans des
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hypothèses, toujours inutiles quand elles ne reposent pas sur des preuves matérielles :
Pour résoudre la question de 1 action chimique et physiologique de l’opium, il aurait fallu se livrer a la série d’expériences suivantes :
1° Déterminer la nature de la fumée d opium :
La fumée d’opium contient-elle, comme 1 extrait d’opium, de la narcotine, de la codéine et de la morphine ; ou bien, sous l’influence de l’incinération, ces produits sont-ils oxydés, et y a-t-il formation d’un corps nouveau ?
Les composés chimiques contenus dans la fumée d’opium sont-ils absorbés dans le sang, et sous qu’elle forme les retrouve-t-on dans ce liquide ?
Cette deuxième série de recherches aurait pu se faire sur des chiens, au moyen d’appareils analogues a ceux qui ont été employés par MM. Lallemand et Perrin, dans leurs expériences sur l’alcool.
Nous allions commencer cette série d’expériences avec le concours éclairé du savant professeur Pilhol de Toulouse, au moment de notre départ pour le Mexique ; elles seront reprises à notre retour, et compléteront notre travail, qui présente, nous ne nous le dissimulons pas, une lacune regrettable sous ce rapport.