‹ Les fumeurs d'opium en ChineChapitre 12 sur 15 · MOYENS CURATIFS A EMPLOYER DANS LA PERIODE DE NARCOTISME CHRONIQUE · texte numérisé non relu

MOYENS CURATIFS A EMPLOYER DANS LA PERIODE DE NARCOTISME CHRONIQUE

Il n’existe pas de moyens thérapeutiques spéciaux pour combattre le narcotisme chronique. Les maladies

qui en sont la suite devront être combattues par les moyens habituels ; cependant il est une indication qu’il faut remplir, avant de commencer toute espèce de traitement. Cette indication consiste dans la suppression de l’usage de l’opium, cette suppression ne devra pas se faire brusquement : le malade ne pourrait s’y soumettre ; mais progressivement, en diminuant journellement les doses d’opium. Si les affections déterminées par le narcotique ne sont pas encore dans un état avancé, la suppression progressive de l’habitude peut amener, sans autre remède, la guérison radicale du fumeur.

Le nombre des fumeurs qui consentent a se priver de l’opium est très-restreint, malgré les efforts louables tentés par les missionnaires français et anglais, pour arriver à ce résultat.

De Quincey a décrit, dans un livre célèbre en Angleterre, les tortures par lesquelles il a passé pour se guérir de l’habitude de manger de l’opium (1). Quoiqu’il y ait évidemment de l’exagération dans cette description, le fond n’en est pas moins réel.

Les fumeurs, quand ils veulent renoncer a leur habitude, passent par des phases à peu près semblables.

Quand ils ne fument pas l’opium à leurs heures habituelles, ils sont pris d’une faiblesse extrême, d’un anéantissement complet de toutes les facultés physiques et intellectuelles. Cet anéantissement va parfois même jusqu’à la syncope.

Dans cet état il leur est totalement impossible de se livrer à aucune affaire ; ils ne peuvent ni manger, ni

'(() Confessions of an English opium eater, by Thomas de Quincey. — L’anglais mangeur d’opium, traduit de l’anglais par A. D. M. (Alfred de Musset), in-12. Paris, 1828.

dormir ; souvent ils sont pris de vomissements, qu’ils ne parviennent à arrêter qu’en reprenant leur pipe.

Aussi est-il impossible de songer à une suppression instantanée, non-seulement à cause de la difficulté morale de renoncer à une habitude invétérée, mais encore et surtout à cause des inconvénients qui en résulteraient pour la santé et même pour la vie des fumeurs.

La suppression peut se faire en descendant de 1 à 2 grammes par semaine ; le malade s’arrête pendant quelque temps, quand il est arrivé à peu près à la moitié de la dose qu’il avait l’habitude de prendre ; puis il reprend la progression descendante jusqu’à ce qu’il soit parvenu à se passer complètement du narcotique.

Les médecins anglais, qui pratiquent en Chine, conseillent l’assa fœtida, mêlé au tabac, pour remplacer l’opium et combattre la prostration nerveuse occasionnée par la suppression de l’habitude.

Nous avons vu d’excellents résultats de cette pratique.

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