LE NÉANT
— Certes, je vous crois bien, mais j'avoue, il m'en coûta
De voir périr ainsi cette déesse. Écoute
O reine ! vois ses yeux, elle est belle à Pexcès !
O a trompé le ciel, faisons lui son procès.
Elle n’est pas coupable, humanité perfide,
Seule tu dois périr sous ce glaive intrépide !
Je paierai tous les frais, assignez les esprits. Quand les faits parleront, nous serons tous surpris, O Reine ! appelez donc Satan, ce noir vampire,
Ou quelqu'un des damnés qu’il tient dans son empire
—J'y consens, dit la Mort, mais sache qu'Othello Que j'appelle à l'instant la confondra bientôt.
Puis soudain, se penchant près d'un noir téléphone, La Mort gémit ces mots : De ton gouffre qui tonne
Fais sortir Othello, Pluton je te l’ordonne ?
Comme un noir tourbillon qu'aurait vomi l’Etna Parut l’époux qui fut traître à Drsdémona.
Qu:1 spectacle effrayant, la flamme l’environne !
LA MORT
Que la vérité seule en ta bouche rayonnne.
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OTHELLO —-Que me fait ta menace à moi qui dans ces feux Brûle depuis mille ans en maudissant les diétur: Cette Amour que tu tiens fut plus que ma complice : Je voudrais l’entraîner dans l'éternel supplice.
O Mort ! t'en souvient:-il de ces jours où mon cœur Ecoutant les discours de ce monstre trompeur,
Tago me disant : ton adorable femme
Te trahit ; c'en est fait, je sais le traître infâme Qui la séduit hier. Prends garde ! C’est alors
Que l'Amour en mon cœur prenant un autre corps, Transformant tout à coup son beau visage d’angr, Se fit dén.on, et moi son instrument étrange ;
Je me fis le bourreau de ma Desdémona !
Que d'insultes et de coups, puis vint l’assassinat.
Trop tragique Shakspeare, en vain tu fis connaître
Au monde épouvanté, cette déesse traître Méêlant la jalousie à son miel : Quel poison !
Às tu sauvé quelqu'un de ses filets ? Oh ! non, Jalousie infernale, Amour fatale, immonde !
L'enfer peut seul nous dire en sa grocte profonce,
Les victimes qu'Amour a jeté dans ses feux.
Quant à moi, je maudis et l'Amour et les dieux
En ce gouffre où jamais luit la douce espérance,
L'Amour est un appât qui mène à la souffrance |
O Mort ! traite-la donc avec sévérité,
Cette Amour violente au erime m'a porté.
LA MORT
— Que l'enfer t'englout'sse avec ton crime infâme !
Othello sans l'Amour aurait sauvé son âme !
Kous un jet de fumée, Othello disparut.
LA MORT