‹ Les funérailles de l'amour [microforme]Chapitre 5 sur 6 · LE RÉPROUVÉ · texte numérisé non relu

LE RÉPROUVÉ

—Je jure par l'enfer où mon âme frissonne

Et brûle en même temps, connaître la friponne :

C'est l'Amour ! Ah ! c’est elle qui m'a pris au temps De ma tendre jeunesse, aux jours de mon printemps ; Elle me promettait le paradis sur terre :

Sur le seuil de l'hymen, désertait mon parterre !

À présent dans l’enfer je brûle incessamment :;

Plus d’une vieille fille ou sa chère maman

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Me fourgonne en ce lieu, me fait mille piqûres, Lorsque j'étais vivant, je sautais les clôtures,

Mais l'Amour me lâchait tout près du conjunwo. Ah ! l'Amour! tuez la s’il vous plaît au plus tôt,

LA MORT

— Assez, il me suffit, disparaissez sous terre : C'est un rude animal que ce célibataire.

Qu'en dis tu, cher Néant, as tu d’autres témoins ? LE NÉANT

—— Cartes, oui ! voyez don’, il m'en faut trois au moins !

ns 10 me Faites sortir du sol la vieille Jacqueline :

Elle était amoureuse et portait crinoline ;

C'était mode en son temps elle portait aussi Bosselle, faux chignons et jupon raccourci.

Quand le temps sur son corps eut exercé sa rage,

“ Pour réparer des ans l’irééparable outrage ”,

RES À à fe Fit faire un ratelier qu’elle se mit dedans me

La bouche pour mieux pluire. Elle était sur les dents,

Elle est morte martyre. Ah! faites-la paraître ?

Noit, répondit la Mort, ton œil va s’en repaître.

A l'instant apparut un squelette sans dents,

Sans cheveux, sans couleur, des membres effrayants..., O vanité du monde ! Ah pauvre Jacqueline !

Qu'elle était loin d’avoir des fleurs à sa câline !

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LA MORT

St Eh bien ! interrogez, cher Néant, sil vous plaît, 1 c à Ce minois si charmant : il vous faut du toupet. à C L + Re LE NEANT 1

— Vierge incommensurable, innocente victime G Des humains, vous savez des vieux garçons le crime, à c Chacun de ces lambins est un fieffé menteur : & Le

I porte un gros glaçon à la place du cœur !

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Vous pouvez les maudire, ici, sans insolence ;

Nous aussi détestons leur superbe indolence.

Ne vous gènez donc pas sur leur compte, parlez .

On vous croit sur parole, ouvrez la bouche, allez.

>, JACQUELINE — Puisque je vois le jour, pourrai s-je encor prétendre Me marier vraiment ?

dents, LE NÉANT ? —-Non, non, non !

JACQUELINE ; —Je suis tendre !

| LE NÉANT its, ,,, = Au fait, au fait ?

JACQUELINE — Eh ! bien, vous voulez mon avis 1 Sur ces charmants tyrans insensibles, sans prix. Ce n’est pas eux qu'il faut condamner sans réplique : A C'est l'Amour ! Car toujours dans notre république, : Elle fourra son nez. Ah ! pauvre célibat, î Que tu m'as fait souffrir ! Et le mal, le voilà : 1e, à

On s'aime, on se le dit, et bientôt on s'engage ;

Sur le point de s'unir, la sueuse déménage Lee] 2)

dur TE ce

S'en va sous d'autres cieux. On nous quitte, Ô malheur !

Que de fois dans ma vie elle a brisé mon cœur ! Parfois c’est un bon veuf qui veut prendre le large :

Disons la haute mer, à l'Amour porte ombrage ;

Elle se met en grève, il cherche, à triste sort ! Chaque fille le chasse, il rentre à moitié mort. c

Ah! l'Amour! Ah !l’Amour qu'elle a fait de victimes ! L'univers tout entier est couvert de ses crimes, Quant à moi, sur le soir, je n’aimai que les chats : L'Amour m'a fait danser tant de faux entrechats,

Que je ne puis l’aimer ; et pourtant son aurore

A gravé dans mon cœur un reflet que j'adore !

A présent dans l'enfer, je cuis les vieux garçons P ) pure

| | ®æ Bel { n.

| Dans des feux qui pourraient consumer cent maisons. 3 Qu’ At: !

US RU MR SS RER T l il: | C’est tout ce que je sais, tout ce que je puis dire : Æ LA | i 4 l Î } * {| + Q.! ; , . À | Le mensonge sur moi Seigneur n’a plus d’empire, D Ne Ho LA MORT | Et

—-Allez, retirez-vous, disparaissez sous terre ! Tendre Amour lève-toi, défends-toi, sois sincère ; Surtout ne cache rien : as tu quelques défauts ? É.

Est c2 ta faute, enfin, si les humains sont faux ? 4

Les as-tu délaissés en retirant ton ch:rme

, Ô malheur !

large !

le victimes !

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Sur le seuil de l’hymen ? Parle et gare à mon arme.

Et l'Amour se leva pour la première fois.

Je la voyais sans voile et j'entendais sa voix ;

Je comprends maintenant et l'enfer et ses flammes,

Et la peine du dam qui torture les âmes

Des damnés. Ayant vu la face du Seigneur

Belle comme l'Amour, le perdre, ah ! quel malheur !

Ainsi l'Amour séduit ; sa beauté ravissante

Nous fait quand on la perd, une peine cuisante :

C'est un feu qui nous brûle et ne consume pas

Et que peut seul guérir ses suprômes appâts.

Belle comine Île ciel, d’une voix argentine

Qu'on aurait dit sortir d’une bouche divine,

L'Amour fit ce discours que mon style imparfait

| Ne peut rendre qu’un pâle et bien faible reflet !

Et la Mort la voyant debout encor plus belle,

| Craisnant d’être séduite, évitait sa prunelle.

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