ACTE II
On n’a pas de fer sans argent. C’est ce qui* vous explique pourquoi mon-dpée est plus longue que mes scrupules. Je fais tout ce qui se paye. Mais quelle chute pour moi, qui tenais la campagne, qui me louais aux princes, qui recevais les belles rançons, qui pillais les chiUeaux, qui forçais les femmes ! Je me loue maintenant au premier venu, j’appartiens aux querelles privées, aux choses de ûimille, aux brouilles de ménage, je venge les maris trompés, je fais épouser les ülles séduites, je protège la vertu, pouah !
DO.VA FLORINDE
Vous frapperiez qui je voudrais?
ZORZO,'
Qui vous voudriez, — excepté le roi.
Ah ! excepté le roi !
ZORZO.
Ça va sans dire ; si je le louchais, je serais excommunié.
LO.NA FLORINDE
Vous tenez à votre àme ! et votre métier est le meurtre I
ZORZO.
Oh I chaque fois que je tue, je vais bien vite m’en confesser.
DONA FLORINDE
Et si vous étiez tué vous-méme, et que vous n’eussiez pas le temps d’aller chercher l’absolution?
ZORZO.
Je me confesse toujours de deux ou trois meurtres d’avance.
DONA FLORtNDE.
Il me suffit que vous fassiez ce qui est convenu. J'aperçois celui que j'attendais ; allez, et venez quand il en sera temps, (zoi zo s'éloigne. Parait don Jorge.)
FUNÉRAILLES DE l’hONNEUR