ACTE II
MUDARBA.
Pourquoi faire ?
ZORZO.
Vous êtes curieuxi Mais c’est juste, puisque je vous demande un service, je vous dois une explication, (il se laisse tomber sur Mudarra.) Me voici.
MUDARRA
Eh bien?
Est-ce que vous n’avez jamais eu envie, vous, de coucher sur un balcon ?
MUDARRA
Quelle est cette plaisanterie ?
ZORZO. ,
Ce n’est pas une plaisanterie. Je trouve sérieusement que. dans les belles nuits d’été, il n’y a pas de meilleur lit qu’un balcon. On n’y étouire pas comme dans une chambre. On a pour couverture l’azur et pour chandelle la lune. Quand on s’endort, on est tenté de souffler les étoiles. '
MUDARRA, à part.
Est-ce un ivrogne ou un fou ?
ZORZO.
Je cherchais donc un balcon qui fût à ma portée. Celui-ci me va ; il est*bas, et d’une serrurerie agréable. Il a la forme d’un berceau : j’y dormirai comme uir enfant. Je lui décerne ma personne.
MUDARRA, à part.
Si j’y consens !
ZORZO.
Seulement, je ne sais pas ce que j’ai c'e soir, je pèse un bœuf. Par bonheur vous voilà ; vous allez m’aider.
Je vais vous aider à passer votre chemin.
ZORZO.
Vous dites?
MUDARRA
Je dis que je vous défends de monter là.
ZORZO.
Et de quel droit me le défendez-vous ?
MUDARRA
Du droit du maître. Cette maison est à moi.
ZORZO.
Allons donc !
MUDARRA
Comment ! allons donc !
ZORZO.
Vous me ferez croire que, si ce balcon était à vous, vous iriez dormir sous une porte !
MUDARRA
Sous quelle porte ?
ZORZO.
Je ne vous ai pas vu, n’est-ce pas? vous n’étiez pas couché là, dans la rue ?
Je vous répète que cette maison est à moi.
ZORZO.
Je vous répète que cette maison n’est pas à vous.
MUDARRA
Qu’elle soit à moi ou non, j’entends que vous vous en alliez.
ZORZO.
Ceci n’est plus une raison.