ACTE II
MUDARRA
C’est un ordre.
ZORZO.
Je réponds aux raisons avec des raisons, et aux ordres avec ma dague.’^
MDDARRA.
Soit.
ZORZO, dégaînant.
Du bruit tant que vous en voudrez I
MUDARRA, à part.
Ah ! du bruit? C’est justement ce qu’il no faut pas. (A zorzo.) Excusez-moi, senor, je n'ai pas eu rinlention de vous offenser.
ZORZO, rcngaînant.
Je vous excuse. Vous allez me faire la courte-échelle ?
MUDARRA
Causons. Quelle singulière idée avez-vous de coucher sur un balcou ? On ne couche pas sur un balcon.
ZORZO.
Vous préférez coucher sous une porte ? Chacun son goût. Le pavé de la rue a ses chaçmes. . Je ne voudrais pas humiUer le tas d’ordures.
MUDARRA
Je n’ai rien non plus contre les balcons, mais il n’y a pas que celuilà. Prenez-en un autre, n’importe lequel. Tenez, j’en connais un, près d’ici, très-bas , on n’a qu’à enjamber, avec un appui pour la tête. Venez, je vais vous y conduire.
ZORZO.
Merci, mais celui-ci me plaît.
MUDARRA
' Quel intérêt avez-vous à choisir précisément celui que j’excepte?
32 FUNÉRAILLES DR l’hONNEUR
ZORZO.
Quel intérôt avez-vous à excepter précisément celui que je c oisis ?
Eh bien ! oui , j’y ai un intérêt. *
ZORZO.
Dites-Ie donc !
MUDARRA
Vous êtes cavalier ?
ZORZO.
11 ne me manque que le cheval.
• MUDARRA
Vous garderiez un secret qu’on vous conGerait ?
ZORZO.
Je garde tout ce qu’on me conGe I
MUDARRA
Alors, écoutez. Je vous avoue que vous me gêneriez un peu en restant ici. J’ai un rendez-vous. .
ZORZO.
Dans cette rue î . ‘ *
MUDARRA
Dans cette rue.
' ZORZO.
Avec une femme ?
MUDARRA
Parbleu !
Belle?
MUDARRA
Comme le balcon de l'Âlcazar l