ACTE IV
Ris, si tu veux ; mdis moi, je suis persuadé que vous mourez plus tôt quand vous avez dans la terre un trou qui vous invite, qu’on a creusé pour vous, auquel vous vous devez. Est-ce que personne a jamais su pourquoi nous mourons ? A moins de croire que tout arrive par hasard, il faut bien admettre que, princes comme manants, la nature nous met où nous sommes utiles. Cette vérité reconnue, l’infant n’était-il pas insensé de faire que sa mort servît? A boucher un trou, je ne te dis pas non ; mais à quoi servait sa vie? Quel homme, si largement important qu'il se suppose, fera jamais dans le monde un vide de six pieds ? Dieu compare en silence le vide que vous laissez sur terre et celui que vous comblez dedans, et, le sépulcre étant plus grand que l’œuvre, il vous y jette. L’infant n’avait aucun motif de mourir, à vingt-cinq ans ; il n’avait pas de maladie; mais il avait son tombeau. 11 n’a pas pu résister à ce grand diable de trou qui bâillait en l’attendant.
DIOMS.
Après tout, qui sait? Tu as peut-être raison. Lorsqu’on a sous les pieds seulement un creux de cent brasses, on a le vertige ,• et l’infant creusait sous ses pieds l’éternité.
AGUSTIN
Attention ! (il va à la porte.) Les prières sont dites. Ils viennent par ici. Sortons, (ils sortent.)