‹ Les funerailles de l'honneur drame en sept actesChapitre 47 sur 71 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

DON JORGE

Zorzo? Ah ! oui, je me souviens. Que fais-tu chez moi?

ZORZO.

Ce qui m’est ordonné par la misère.

DON JORGE

Tu demandes l’aumène?

ZORZO.

Senor !

DON JORGE

Que demandes-tu donc?

ZORZO.

Votre épée.

DON JORGE

Comment, mon épée !

Insultez-moi. C’est vrai, je fais un triste métier. Vous que j’ai vu à l’œuvre contre ces infâmes Aragonais qui m’ont volé mes belles armures! je vous demande votre épée, c’est honteux ! Donnezla-moi. Mais je me méprise bien, allez. Traitez-moi de lâche, crachez-moi au visage, j’en ai besoin. J’espère bien que vous allez vous défendre et me flanquer une ou deux blessures, ça me fera du bien. Vous ne pouvez pas savoir quel sentiment d’estime et de respect j’ai pour vous. Donnez-moi votre épée. J’ai promis à votre mère de m'emparer de vous. (Entre Martin Diaz.)

DON JORGE

Vous êtes plus de deux. (ll va voir à gauche ; deux hommes lui barrent le passage, l’épée nue.) Un guet-apens, (il court à droite; deux autres hommes paraissent.) Ah ! cette fenêtre . (il y court et l’ouvre ; encore deux hommes. — Martin Diaz, zorzo et ses six hommes se jettent sur don Jorge ; il essaye de tirer son épée, mais Zorzo la saisit par la lame et la repousse dans le fourreau.)

FUNÉRAILLES DE l’hONNEUR

ZORZO.

Liez-lui les mains par derrière.

DON JORGE

Trahison! trahison !

ZORZO.

Silence, senor, ou nous aurons l’amertume de vous bAillonner. DON JORGE.

Trahison! huit contre un! Ici, mes hommes d’armes!

Un^ mouchoir ! Senor, vous me consternez. ( on bâiiiomie don Jorge.)

DON JORGE

Ici ! — Ha !

ZORZO.

Muet!

MARTIN DIAZ

Maintenant, portons-le dans le bateau.

ZORZO.

Un moment. ( il va regarder .à la fenêtre.) On pourrait nous voir de làhaut. Et puis, une barque qui nous rencontrerait s'étonnerait d’un homme bâillonné. Il vaudrait mieux attendre la nuit.

MARTIN DIAZ

Mais où le mettre jusque-là?

ZORZO.

Dans ce cachot.

MARTIN DIAZ

Oui.

ZORZO, à ses hommes.

Portez-le. (I.es hommes le portent et ressortent, Zorzo pousse le verrou.) Votis autres, allez vous nicher sans hruit dans les recoins* (I.es six hommes sortent.)

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