Les gaietés du conservatoire
Je me sens pris d'un remords tardif; — dites si vous voulez d'un remords sénile, vous qui êtes jeunes, ce en quoi vous avez bien raison; continuez tant que vous le pourrez; — depuis quelque chose comme vingt-cinq ans, un quart de siècle, que j'écris constamment ouvrage sur ouvrage pour vous donner du fil à retordre, de sales bouquins didactiques, comme on dit, je n'ai pas encore songé à en écrire un seul pour vous amuser !
Et pourtant vous en avez bien besoin, mes pauvres amis, ne serait-ce que pour les terribles journées de concours, où, emprisonnés dès le matin, vous devez vous morfondre patiemment jusqu'au soir pour passer selon votre numéro de tirage, soixante-dizième ou soixante-quinzième !
Et pourtant aussi, je sais que vous m'aimez bien au fond, car vous me le montrez dans toutes les circonstances où l'occasion s'en présente, bien que quelques-uns de vos anciens m'aient appelé, pendant plusieurs années, le Capitaine Marc/ie-ou-Crève, ce qui d'ailleurs ne m'a nullement blessé. Je l'ai compris ainsi : avec moi, c'est tout l'un ou tout l'autre; il faut marcher, faire son chemin dans l'école, ou abandonner la partie; et je me suis considéré comme flatté, et je le suis encore, ce qui prouve mon excellent caractère.
Mais ce n'est pas de moi qu'il s'agit ici; c'est de vous, et de la lacune que je veux combler dans notre bibliothèque, pourtant si riche, en écrivant pour votre usage spécial un petit livre qui puisse vous distraire pendant les longues heures d'attente ou celles de lassitude succédant au travail acharné exigé par l'un ou l'autre de mes méchants collègues, qui sont tous plus ou moins, mais surtout les meilleurs, des espèces de capitaines Marche-ou-Crève.
C'est donc, je le répète, pour essayer de vous amuser, et uniquement pour cela, que je vais écrire ce volume, dans lequel il n'y aura rien que de vrai, sauf quelques noms que je me réserve de défigurer quand je croirai qu'il y a lieu de le faire; vous y reconnaîtrez des types de camarades qui vous feront l'effet d'être de vos contemporains, bien qu'ils aient été des miens, car l'esprit de notre école n'a pas plus changé depuis ce temps que les murs de la cour ou les tables sur lesquelles vous avez tant de peine aujourd'hui à trouver un pauvre petit coin vacant pour y graver votre nom.
Dans le public, on se fait cette idée fausse que le Conservatoire est mal composé! C'est une grosse erreur, comme c'en serait une aussi de prétendre le contraire. La vérité, c'est que la société y est fort mélangée, comme cela est inévitable dans une école absolument gratuite, où l'on entre par voie d'examen, et qu'il y faut savoir, parmi ses camarades, choisir ses amis, sous peine de se voir, dans l'avenir, fort embarrassé de relations créées à la légère. Il en est de même, dira-t-on, dans beaucoup d'autres écoles ; c'est vrai, mais à un degré moindre. Tous les milieux sociaux sont représentés au Conservatoire; il n'est pas rare d'y voir se coudoyer, dans une même classe, un jeune homme ayant fait des études sérieuses, déjà bachelier, docteur en droit, avec le plus ignare des illettrés; le fils du millionnaire avec celui du petit commerçant, du prolétaire ; des filles de savants, de pasteurs, d'artistes éminents, d'hommes de lettres, avec celles dont les parents exercent les professions les plus modestes. Cela provient de ce que l'enseignement spécial artistique y étant plus élevé et plus complet que partout ailleurs, les plus fortunés eux-mêmes, ceux qui pourraient sans difficulté dépenser de l'argent
pour leurs études, viennent frapper à sa porte, et vous ne devez pas être à moitié fiers d'appartenir à une école qui, si elle ne réalise pas le type absolu de la perfection, qui n'est pas de ce monde, tient indiscutablement la tête de tous les établissements, non seulement français, mais européens, où sont enseignés la musique et l'art théâtral.
De la grande diversité de caractère et de nature que présentent les élèves il résulte que le Conservatoire est à lui seul un petit monde complet, un microcosme, et qu'on peut, avec un peu d'esprit d'observation et en dehors des études pour lesquelles il y a des classes, y faire l'apprentissage de la vie, avec ses luttes, ses jalousies, ses rancunes, ses côtés mesquins ou terribles, comme aussi avec les amitiés et les dévouements qui en sont la consolation.
Mais dans la vie on rencontre aussi des choses comiques, des ridicules; c'est surtout de ces choses-là que nous nous occuperons, puisqu'il s'agit pour aujourd'hui de s'amuser. Et la matière n'en manque pas au Conservatoire; elle pourrait fournir dix volumes comme celui-ci. Aussi j'en bannirai systématiquement tout ce qui serait méchant, comme aussi les inconvenances, étant très pudibond de ma nature. C'est un livre dont la fille pourra permettre la lecture à sa mère.
Il y a quarante-trois ans que je fréquente le Conservatoire, soit comme élève, soit comme professeur; j'ai donc eu l'occasion de voir, d'entendre et d'observer beaucoup de choses ; j'ai dû nécessairement en oublier bien plus que je n'en ai retenu, mais parmi celles dont je me souviens, il y en a qui me paraissent encore amusantes. Ce sont les parents d'élèves, les mères surtout, je dois le reconnaître, qui fournissent la plus ample moisson.
Je ne sais s'il en est de même pour tous mes collègues, mais il me serait impossible de dire combien de fois il m'a été demandé des consultations sur des sujets absolument abracadabrants.
Par exemple :
« Virginie doit-elle se faire pianiste ou mercière?
— Mais, madame, je ne connais pas Mlle Virginie; qui est-ce?
— C'est ma fille, monsieur.
— Ah ! ah ! et quel âge a-t-elle?
— Seize ans.
— Joue-t-elle bien du piano?
— Pas mal, elle a commencé il y a trois mois avec la petite de la concierge, qui a eu sa troisième médaille Tan passé, même que tout le monde a dit qu'elle aurait dû avoir la première, parce qu'elle était malade ce jour-là, et que son professeur n'avait pas voulu la recommander à monsieur
— Abrégeons, madame... Aime-t-elle la musique?
— Pas beaucoup, ça l'ennuie; seulement nous pensons qu'on gagne plus d'argent dans le piano que dans la mercerie..., etc.... »
Bien entendu, j'opine pour la mercerie.
Autre exemple :
— « Mon fils aura-t-il de la voix?
— Quel âge a-t-il?
— Six ans ! »
( )u encore :
— « Quel instrument dois-je préférer pour faire apprendre à mon fils ? »
Plusieurs fois, on m'a demandé quelle était la meilleure classe d'harmonie; en ce cas, la réponse est invariable, naturellement : c'est la mienne.
Un jour, le père d'un de mes élèves les plus sympathiques, mais dont la croissance et le développement physique étaient inférieurs aux progrès, vient me trouver très anxieux :
— « Croirait-on qu'il va avoir quinze ans, mon garçon** Le soir, quand nous nous promenons, je dis de temps en temps : « Cristi ! la jolie femme! » Vous croyez qu'il se retourne... Ah! ben ouiche,
il n'y fait seulement pas attention; même si j'insiste, si je dis : « Tu n'as donc pas vu cette dame, comme elle est belle? » il me répond : « Oui, p'pa », mais, je sens bien que c'est pour me faire plaisir. Moi, je me rappelle qu'à son âge j'étais autrement dégourdi..., etc. »
Mais en dehors des parents et des élèves, les éléments ne font pas défaut.
Il n'y a pas jusqu'aux concierges qui ne soient parfois drôles au Conservatoire, depuis celui qui se disait le représentant du ministre, et dont la fille a débuté à l'Opéra, jusqu'à cet autre qui, ayant reçu pour consigne d'empêcher de stationner et de fumer sous le porche, formulait ainsi ladite défense : « Messieurs, les ceusses qui veulent fumer ici sont priés d'éteindre leurs cigarettes ou de sortir dehors ».
C'est encore un concierge, du temps d'Auber, qui, réveillé à neuf heures du soir d'un profond sommeil par un visiteur qui demandait à voir le Directeur, grogna en se retournant dans son fauteuil : « Le directeur c'est moi ! »
A côté de cela il y a eu en tout temps de braves serviteurs dévoués et attachés à la maison, y vivant en famille, comme par exemple la dynastie des Lescot, garçons de classe ou huissiers au Conservatoire de père en fils depuis cent huit ans, bien que l'établissement ne date que d'un siècle, car un arrière-grand-père était déjà concierge en 1790 des Menus-Plaisirs du Roy, dont les somptueux bâtiments sont encore ceux de l'administration.
Ces postes sont d'ailleurs très enviés, surtout celui d'huissier du directeur, qui seul assiste à tous les examens et concours, publics ou à huis clos, entend toutes les délibérations, toutes les discussions, et recueille les votes. Il est astreint au secret professionnel, et doit être muet comme la tombe, sous peine de destitution immédiate. Aussi ne connais-je pas d'exemple, depuis un demi-siècle, qu'une indiscrétion ait été commise par le vieux père Leborne, par son fils Marcel ni Lescot aîné; pas plus n'en commettra jamais Moreau l'huissier actuel.
Si parfois mon nom se trouve mêlé à quelques anecdotes, il ne faut pas vous figurer que ce soit pour le vain plaisir de parler de moi, mais voir là seulement une garantie de l'authenticité de mes récits ; car une histoire est toujours plus ou moins dénaturée ou faussée en passant de bouche en bouche. Aussi bien aurais-je pu me substituer un anonyme, car je suis loin d'avoir toujours le beau rôle.
Et si au contraire je vous raconte quelques faits dont je n'ai pu être le témoin, soit en raison de l'époque à laquelle ils se sont passés, soit pour quelque autre cause, soyez certains que je les tiens de personnages tellement sûrs et tellement autorisés que leur bonne foi ne saurait être mise en doute par qui que ce soit.
Ne voyez donc pas ici un recueil de contes inventés à plaisir; mais ayez l'assurance de ne trouver que des faits absolument véridiques, sincèrement racontés, dans ce petit livre, que je me fais un plaisir de vous dédier.
1er janvier 1899.
du
Conseivatoiie
lelui qui jette les yeux sur la liste des membres du corps enseignant du Conservatoire en l'année de sa fondation (1795) n'est pas peu surpris de voir figurer dans leur nombre 9 professeurs de Clarinette t iS professeurs de Basson!...
Pour comprendre ce qui nous fait à présent l'effet d'une cocasserie, et qui n'en était pas une, il faut se reporter à l'époque, et savoir comment est né le Conservatoire ; c'est ce que je vais d'abord essayer de vous raconter, d'une façon très abrégée, pensant qu'il ne peut être indifférent pour aucun de vous de connaître un peu l'histoire de son école.
Dès le début de la Révolution, en 1789, un capitaine d'Étatmajor de la Garde Nationale, Bernard Sarrette, qui n'était pas artiste lui-même, mais grand amateur de musique, avait pris a sa charge personnelle quarante-cinq musiciens des ci-devant Gardes Françaises, tant en ce qui concerne la solde et l'équipement que l'entretien des instruments, et avec ces quarante-cinq musiciens il avait formé le noyau de la musique de la Garde Nationale.
Ses frais lui furent remboursés environ un an plus tard, et, en 1792, il fut nommé directeur de Y Ecole gratuite de Musique de la Garde Nationale, dans laquelle il faut voir l'embryon de notre Conservatoire actuel .
Les élèves, au nombre de 120, de dix à vingt ans, devaient se pourvoir d'un uniforme (de Garde National, sans doute), d'un instrument et de papier à musique; ils étaient astreints au service de la Garde Nationale et des fêtes publiques.
Si vous voulez vous faire une idée du degré de liberté dont on jouissait à cette époque, je vous raconterai qu'en 1793 un élève s'étant permis de jouer sur le cor l'air de Richard Cœur de Lion : « 0 Richard, ô mon Roi », le pauvre Sarrette fut conduit en prison. Autorisé à en sortir lorsqu'on eut besoin de lui pour organiser la partie musicale de la fête de
l'Être Suprême, il ne pouvait faire un pas sans être escorté de gendarmes, dont l'un couchait dans sa chambre. (Tout ceci est rigoureusement historique.)
Le 20 Prairial an II (1794) on dut exécuter au Champ de Mars un hymne spécialement composé pour la circonstance. Cet hymne fut commandé à Sarrette le 15, par le Comité de Salut Public, et composé immédiatement par Gossec; dans les quatre jours qui suivirent, par ordre de Robespierre, qui rendait Sarrette responsable de la bonne exécution, il fallut apprendre ce chant au peuple : Gossec se chargea du quartier des Halles, Lesueur des boulevards, et Méhul s'installa devant la porte de l'établissement, qui devait être alors rue Saint-Joseph.
Voyez-vous un peu les professeurs de composition de nos jours, Lenepveu, Widor, Fauré, ou il y a quelques années Massenet, Guiraud et Dubois, faisant ce métier d'apprendre à la populace des chants patriotiques dans les carrefours ! Mais en ce doux temps il n'y avait à choisir qu'entre l'obéissance ou la guillotine.
L'hymne fut donc appris et exécuté au jour dit, à la satisfaction du Comité de Salut Public, par une grande masse d'exécutants, tout le peuple chantant, avec accompagnement de 200 tambours, dont 100 fournis par les élèves de l'Ecole de musique de la Garde Nationale, et 100 tambours ordinaires.
Enfin, le 3 août 1795 (16 thermidor an III) parurent simultanément deux lois, l'une supprimant la musique de la Garde Nationale, ainsi qu'une Ecole de Chant et de Déclamation sur laquelle on manque de documents précis, mais qui remonte au moins à 1786, l'autre qui organise le Conservatoire de Musique, l'installe dans le local des Menus- Plaisir s, dit qu'il devra enseigner la musique à 600 élèves des deux sexes ,
choisis proportionnellement cfans les départements , et lui impose de fournir chaque jour un corps de musiciens pour le service de la Garde Nationale au Corps législatif. D'où l'utilité de la profusion de clarinettistes et de bassonistes dont nous parlions au début.
Le 10 du même mois Sarrette était nommé Directeur du Conservatoire, lequel est né, comme on voit, de la fusion entre YInstitut de musique de la Garde Nationale et de Y Ecole de Chant et de Déclamation.
Sur la personne même de notre vénérable fondateur je ne vous dirai rien, ne possédant aucun document positif sur son caractère ou sa vie privée. Il est hors de doute que c'était un homme doué d'initiative et de volonté persévérante, un puissant organisateur, auquel nous devons le groupement et la création de l'Ecole Nationale Française.
Jusque-là la France avait certes produit des compositeurs de talent et de génie, mais il lui manquait cette cohésion qui seule constitue, à proprement parler, une Ecole.
Il dirigea le Conservatoire pendant vingt ans, de 1795 à
Il eut pour successeur direct Perne, qui fut directeur seulement cinq ans, de 1817 à 1822.
Ensuite vinrent Cherubini, de 1823 à 1841 (dix-huit ans); Aube/-, de 1842 à 1871 (vingt-neuf ans); Ambroise Thomas, de 1872 à 1896 (vingt-quatre ans); puis enfin Théodore Dubois, le Directeur actuel depuis 1896.
Si je ne vois rien à vous raconter sur Perne, dont la courte direction a laissé peu de traces, il en est tout autrement de Cherubini, l'un des plus grands maîtres dont puisse s'honorer l'Ecole française, et qu'on a le grand tort de trop négliger aujourd'hui, de presque méconnaître.
L'affabilité, il faut bien le dire, n'était pas précisément la note dominante du caractère de Cherubini. Il était plutôt rébarbatif.
Adolphe Adam, qui avait douze ans lorsqu'il lui fut présenté par un ami de son père, s'est souvenu toute sa vie de la façon dont il l'accueillit à sa première visite.
Il est bon de savoir d'abord, ce qui est un peu oublié, que
le père du futur auteur du Chalet était lui-même un artiste très connu, le professeur de piano à la mode sous le premier Empire, qu'on peut même considérer comme le fondateur de l'école du piano en France. Ami et protégé de Gluck, il fréquentait et recevait tous les grands artistes de l'époque, et dans ce milieu où l'on traitait Cherubini de colosse musical, comme aussi par l'audition de quelques-uns de ses chefsd'œuvre aux exercices du Conservatoire, le jeune Adam s'était fait de l'homme, de sa figure et de sa prestance, l'idée de quelque chose d'extraordinaire, de beau, de grandiose en soimême. C'est un sentiment tout naturel; il faut un effort pour se figurer un Napoléon Ier, un Wagner ou un Berlioz avec la taille qui était la leur, au-dessous de la moyenne. Ce fut donc une première désillusion de se trouver en face d'un homme chétif et rabougri, à l'air dédaigneux et renfrogné; mais ce fut bien autre chose quand il ouvrit la bouche.
— « Cher maître », lui disait l'introducteur, « je me fais un plaisir de vous présenter un jeune garçon qui se destine à la musique, et qui a de qui tenir, car c'est le fils de notre ami Adam; tout jeune qu'il soit, c'est déjà un de vos admirateurs passionnés. »
— « Ah! ah! ah! ah! que zé lé trouve bien Je! » Il ne lui dit rien autre chose ce jour-là.
Cette anecdote, rapprochée d'une autre que Berlioz a consignée au chapitre IX de ses Mémoires, où il raconte « sa première entrevue avec Cherubini », semble démontrer que réelle ment le vénérable prédécesseur d'Auber avait l'accueil sévère pour les jeunes gens.
A défaut d'aménité, cet homme de génie, beaucoup trop oublié aujourd'hui, possédait une ponctualité et une exactitude à toute épreuve.
Il arrivait à son bureau tous les matins à neuf heures
moins cinq1, apportant un morceau de sucre au chien de Hottin, son garçon de classe. Le lundi, n'étant pas venu le dimanche, il en apportait deux.
À tous les examens, concours, comités ou séances quelconques, il était toujours là le premier, et même pas content du tout quand quelqu'un s'avisait de le devancer. Un jour, un professeur zélé, ignorant cette particularité, s'étant permis de lui dire : « Eh bien ! monsieur le directeur, vous n'êtes pas le premier aujourd'hui !
— Que, que, que cous n êtes pas exact, zé le souis plus que cous — cous, vous que vous n'êtes pas exact, que vous êtes en avance », lui répondit Cherubini très courroucé.
De 1825 à 1871, c'est-à-dire sous les directions de Cherubini et d'Auber, il existait un pensionnat de 12 élèves chanteurs, internes, par lequel sont passés un certain nombre de chanteurs devenus célèbres, Faure, Capoul, Bouhy, Melchissédec, Couderc, Bosquin,... pour n'en nommer que quelques-uns, très fiers de leur uniforme (redingote noire avec des lyres entourées de palmes brodées en or sur les revers, même insigne sur la casquette marine) qui les faisait ressembler à des orphéonistes d'aujourd'hui ou à des élèves de l'Ecole Niedermayer. Ils étaient logés dans le bâtiment à gauche dans la cour ; leurs 12 chambres au deuxième étage, donnant les unes sur la cour, les autres sur la rue Bergère, leurs salles d'études au premier2, le réfectoire au rez-de-chaussée, et la cuisine en sous-sol. Ils
1. En ce temps, les directeurs n'étaient pas logés au Conservatoire. Cherubini demeurait à proximité, au n° 19 du faubourg Poissonnière.
Son successeur, Auber, demeurait 24, rue Saint-Georges, dans un hôtel lui appartenant.
Amb. Thomas a été le premier directeur habitant l'établissement, dans l'appartement qui avait été précédemment occupé par Clapisson, comme fondateur et conservateur du Musée Instrumental.