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Les gaietés romaines

A propos du concile de 1870, je me suis avisé, pour mon instruction, de lire une formidable pile d'in-folio que je n'avais jusque-là que parcourus.

C'est une lecture indigeste, mais curieuse; j'en ai fait laborieusement et scrupuleusement un extrait pour mes lecteurs qui n'ont pas le même

loisir.

Il en résulte que ces conciles, tenus avec tant de pompe, exerçant une puissance si terrible, ne s'occupaient presque jamais que de puérilités, et que le recueil des conciles est un recueil de rébus et de charades, entremêlés et épicés de férocités.

Il en ressort encore que la religion catholique, qui prétend si orgueilleusement professer les traditions du Christ et des apôtres, s'en est toujours et progressivement éloignée, et n'a ni principes ni traditions, mais que sa doctrine s'est construite de pièces et de morceaux, à travers mille contradictions; que ses fondements principaux, tels que la Trinité, l'eucharistie, le baptême, le célibat des prêtres, le pouvoir spirituel et temporel, etc., etc., ont subi des variations infinies; qu'elle a été sans cesse divisée et incertaine dans sa foi; il en ressort enfin que les prêtres sont loin d'avoir donné de bons exemples à ceux dont ils sont censés être les pasteurs et les modèles.

Je cite textuellement ei copie uniquement les auteurs ecclésiastiques et orthodoxes.

Commençons :

Le premier concile est appelé concile de Jérusalem; la date en est incertaine : l'an 49, 50 ou 51 après la mort du Christ. On n'est pas d'accord sur le nombre des apôtres qui y assistèrent, ni sur leurs noms; on pense qu'à ce concile saint Pierre et saint Jacques rappelèrent à l'observation de la loi mosaïque, qui défend de se nourrir du sang et de la chair d'animaux étouffés; peut-être n'a-t-il pas eu lieu.

Cependant, de cette assemblée et de quelques autres a peu près aussi peu certaines, l'Église a conservé quatre-vingts et quelques canons ou articles attribués aux apôtres sans aucune preuve. En voici quelques-uns :

Le 5e canon « veut qu'on porte les prémices à l'évèque et au prêtre dans leur maison ».

Le 6e défend à l'évèque el au prêtre de chasser leurs femmes.

Le 18e leur défend d'épouser une veuve, une concubine, leur servante, une comédienne.

Le 21e admet comme évêque ou prêtre l'eunuque qui ne s'est pas fait eunuque lui-même.

Le 28e défend aux évéques de frapper les chrétiens ou les infidèles qui tombent dans quelque péché.

Le 31e « veut qu'on dépose 1 evèque qui s'est servi des puissances séculières pour avoir une église ».

Le 51e veut qu'on dépose les « ecclé. ques qui s'abstiennent du mariage, des viandes et du vin comme de choses mauvaises ».

Le 64e défend de jeûner le samedi.

Le 81e défend aux évéques et prêtres de s'embarrasser des affaires publiques séculières et militaires (cela parait contraire au temporel et sera renouvelé encore'. — Le jeûne de ces premiers temps de l'Église avait ceci de bon, qu'il était ordonné de distribuer aux pauvres ce que l'on épargnait par le jeune.

On cite plusieurs conciles au 11e siècle de chrétienne, mais ils sont également fort suspects. Les mentions qu'on en fait peuvent cependant servir à constater que l'Église naissante était déjà fort divisée et qu'elle n'avait pas de doctrine lixe. Ainsi, nous voyons déjà apparaître les hérésies des héraclionites , des colorbasaniens, descerdoniens, des valentiniens, des quartodécimons, des montanistes.

Il s'agissait dès lors, comme depuis, de. puérilités; ainsi les montanistes jeûnaient hors des jours prescrits. Tertullien était montaniste.

Le concile de Lyon, présidé par saint Irénée, décide qu'on fera la paque le quatorzième jour de la lune de mars.

Mais un concile de Rome de la même année décide qu'on attendra au dimanche qui suit le quatorzième de la lune.

Concile d'Achaïe, l'an 2o0, contre les valésiens. L'hérésie ici était grave; selon les valé-

siens, on ne pouvait être sauvé qu'en se faisant eunuque.

Concile de Rome (251) : le pape Corneille et soixante évoques, contre Novatien, qui fut chassé de l'Église. Novatien s'était fait pape de son côté.

Le concile de Carthage (253) ordonne de baptiser les enfants aussitôt leur naissance,

Autre, de Carthage, présidé par saint Cyprien, contre les évéques libellatiques Basilide et Martial. On y déclare nul le baptême donné par les hérétiques ; mais le concile de Rome (256), présidé par le pape saint Etienne, déclare ce baptême excellent.

Premier concile d'Antioche : Paul, évéquo de Samosate, nie la divinité de Jésus-Christ. On l'a appelé « Fils de Dieu » à cause de ses bonnes œuvres. « Son sang est corruptible dans l'eucharistie. »

Alexandrie (301) : L'évêque Mélèce sacrifie aux idoles, invente l'hérésie et le schisme des méléciens.

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Concile d'Elvire (303) : Sept ans de pénitence à une femme qui aura frappé sa servante de façon qu'elle en meure dans trois jours; elle est excusée si la servante meurt le quatrième jour.

Ordre de jeûner le samedi.

L'évèque ou tout autre clerc pourra avoir chez lui sa sœur ou sa fille, pourvu qu'elles soient vierges, mais point de femme étrangère.

« Défense d'allumer des cierges dans les cimetières. Cela inquiète les esprits. »

« Défense de mettre des peintures dans les églises ; on ne doit pas limiter par des figures la forme de Dieu, qui est invisible et immatériel. »

Concile de Carthage (311) : Par les intrigues d'une femme très-puissante, nommée Lucile, soixante et dix évêques déposent l'évèque Cécilien.

Mais un concile de Rome (313) absout Cécilien, le rétablit dans son siège, traite le concile

tic conciliabule et les soixante et dix évèques de donaiistes. — C'est bien fait.

Premier concile d'Arles : six cents évêques ordonnent la résidence des évèques; excommunication des gens de théâtre, conducteurs de chars et « professeurs de publique turpitude ».

Le concile d'Ancyre (314) parle de prêtres chrétiens qui faisaient, avec les magistrats païens, à prix d'argent, un singulier compromis : on faisait semblant de les torturer, et ils feignaient de ne sacrifier aux idoles que contraints par la douleur.

Il constate que le peuple doit prendre part à l'élection des évèques et peut les refuser.

Il constate aussi, en le blâmant, que certaines vierges consacrées demeuraient avec des hommes sous le titre fantaisiste de « sœurs ».

Si la femme d'un clerc est adultère, il doit la répudier.

On traite cette question :

« En baptisant une femme grosse, baptise-

sur, LES GONC t-on l'enfant qu'elle porte? » La solution négative donnée à ce rébus semble peu logique. « Non, dit le concile, parce qu'on ne baptise personne à moins qu'il ne déclare qu'il le veut, ce qui est impossible à l'enfant renfermé dans le sein de sa mère. » Pas plus impossible qu'à l'enfant nouveau-né ; la mère pourrait répondre pour le fœtus comme le parrain fera pour lut quand il viendra de naître.

Premier concile de Nicée (325) : «' L'em <>reur Constantin y assista revêtu de la pourpre et tout couvert d'or et de diamants. On avait rassemblé des évêques habiles dans Kart de disputer.

Arius y soutint ses blasphèmes : « Le fils de Dieu est né de rien ; il y a eu un temps auquel il n'< ; par son libre arbitre, il pouvait

se porter au vice comme ii s'est porté à la vertu. »

C'est alors que parut«pour la première fois le mot onwouisos, que l'Église traduit par consubstantiel, tandis que les ariens disaient omoiou-

sios, d'une substance semblable; oi est la fameuse diphtongue dont parle Boileau et qui lit brûler beaucoup de monde. Dix-sept évèques n'adoptèrent pas la solution du logogriphe donnée par le concile, et se rangèrent de l'avis d' Arius, qui fut exilé.

Dans ce même concile, on étend un peu le nombre des femmes que le prêtre peut avoir chez lui : à la sœur et à la fille on ajoute la mère et la tante, et on n'exige plus qu'elles soient vierges; — on constate l'usage blâmable de certains prêtres d'avoir dans leurs maisons des femmes étrangères, sous divers prétextes, et qu'on appelait « sous-introduites, étrangères, sœurs agapètes, adoptives, sœurs compagnes. »

« Plusieurs ecclésiastiques prêtent de l'argent à 12 pour 100. » Le concile le leur défend.

Concile de Césarée tenu par les hérétiques eusébiens contre saint Athanase,qui ne se présente pas; mais Constantin lui ordonne d'aller à celui de Tvr, où il est déposé,

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Ces mêmes eusébiens se joignent à Arius et font exiler saint Athanase par Constantin.

Mais le concile de Rome (341) rappelle, rétablit et innocente saint Athanase, déclare le concile de Césarée conciliabule et conventicule, et les évèques qui y assistaient hérétiques.

Les évêques commençaient à aller beaucoup à la cour. On le leur défend.

Concile d'Antioche (345) : Les eusébiens inventent une nouvelle formule de foi, que l'Église appelle macrostiche (ne lisez pas acrostiche), c'est-à-dire à longues lignes, à cause de sa longueur : « Jésus-Christ est Dieu de Dieu et semblable à son Père , » mais on évite omooit-

En 346, un concile à Cologne contre Euphratos, évèque de cette ville, qui nie la divinité de Jésus-Christ.

Le concile de Sardique (347) constate l'avarice et l'ambition de certains évoques qui sollicitent sans cessa à la cour.

Concile deCarthage (348) : Défense aux clercs de s'occuper d'affaires séculières. Suivant la régie de saint Paul, celui qui s'est enrôlé au service de Dieu ne doit pas s'embarrasser d'affaires séculières.

Conciles à Milan (349) et à Sirmium contre Photin et "les photiniens. Photin est banni.

Concile de Milan (355) : « Plus de trois cents évêques signent presque tous une lettre remplie du venin de l'hérésie arienne. »

L'empereur Constantius exile saint Athanase, saint Hilaire, etc.

Concile de Sirmium (357) : Le Fils n'est plus consubstantiel. Parait l'hérésie des anoméens.

Concile d'Ancyre (358) tenu par les semiariens : Le Fils continue à n'être pas consubstantiel, omoouslos, mais semblable au Père en substance, omoiousios. Le pape Libère souscrit à cette foi.

Concile de Sirmium (359) tenu par les anoméens : Le Fils continue à n'être pas consub-

stantiel, mais il cesse d'être d'une substance semblable; il est « semblable au Père ».

Concile de Rimini (359) : Plus de quatre cents lues décident comme le précédent. Saint Jérôme constate que toute la terre était devenue arienne.

Viennent alors de nouveaux hérétiques, les acaciens.

Concile d'Antioche (361) : Apparaît l'hérésie du sabellianisme. Les acaciens triomphent. « Le Fils est tiré du néant et tout à fait dissemblable au Père. »

Concile d'Alexandrie (362) : « Le Saint-Esprit, qui parait pour la première fois dans les conciles, a la même substance et la même divinité que le Père et le Fils. » — « Les Grecs reconnaissent trois hypostases dans la Trinité, contrairement aux sabelliens, qui prétendaient que Dieu est un en hypostase. » Il parait qu'on comprenait ces choses-là en ce temps-la.

Hérésie de l'évèque Apollinaire : « En Jésus-

Christ, il y a deux fils, l'un fils de Dieu, l'autre de la Vierge. »

Constantinople (362) : Hérésie des macédoniens. « Le Saint-Esprit n'est plus Dieu, il est ministre et serviteur. »

Laodicée (364) : Paraissent les cataphryges. « Le Saint-Esprit n'est pas Dieu. »

On constate l'usage des agapes ou festins dans les églises.

On commence à se plaindre du tumulte qu'amène l'immixtion du peuple dans l'élection des évêques.

On condamne comme idolàirie le culte de? anges ; on blâme les prêtres qui sont magiciens, enchanteurs, mathématiciens ou astrologues, et font des phylactères ; on les chassera de l'église (ces phylactères ou amulettes se vendent encore en 1870); on défend aux femmes l'entrée du sanctuniie.

Concile de Gangres (364) : Anathème contre quiconque blâme le mariage des prêtres.

Quelques femmes s'habillaient en hommes « sous prétexte de garder plus facilement la continence ». Ce prétexte est déclaré mauvais et anathématisé.

« Ànathème aux femmes qui se coupent les cheveux, que Dieu leur a donnés comme un mémorial de l'obéissance qu'elles doivent à leurs maris. » ?...

Concile de Rome (366) : Le Fils redevient consubstantiel.

Concile d'Antioche (367) : Le Fils n'est plus consubstantiel. Hérésie ctes ursaciens.

Concile d'Illyrie (375) : Le Fils redevient consubstantiel. On croit une seule et même substance du Père, du Fils et du Saint-Esprit, en trois hypostases parfaites. Jésus-Christ est un Dieu portant la chair, et non un homme portant la divinité. Anathème à ceux qui disent que « lo Fils était en puissance dans le Père avant d'être engendré ».

Concile d'Icône (377 : Hérésie des apollina-

ristes; le concile déclare que « Jésus-Christ est vrai homme et vrai Dieu tout ensemble ». Il n'y a en Dieu qu'une substance et trois personnes, le Fils a sa propre substance, il est Dieu de vrai Dieu, il est né de la Vierge homme parfait, le Saint-Esprit est encore incréé dans la même majesté et vertu que le Père et Notre-Seigneur Jésus-Christ. » Est-ce clair? On se plaint d'évèques qui, déposés par les conciles, se maintiennent par violence.

Concile de Saragosse (380), contre les priscillianistes. Le concile condamne des femmes qui s'assemblaient avec des hommes sous prétexte de doctrine, et des hommes qui s'intitulent docteurs.

« On ne voilera les vierges qu'à l'âge de quarante ans. » — Voilà une virginité constatée. Hérésie des manichéens, des gnostiques.

« Le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont qu'une personne. » — « Jésus-Christ n'a pas eu en réalité une nature humaine. » — A ces « mons-

truosités »*ils ajoutaient « le jeune criminel du dimanche, et ils tenaient leurs assemblées à la campagne ».

Constantinople (381) : hérésie des anoméens, des eudoxiens, des marcelliens, des sabbatiens.

Constantinople (385) : L'évèque Ithace « traite de priscillianistes tous ceux qui jeûnent et s'abstiennent; c'était, un homme audacieux et aimant la bonne chère ; il accuse Priscillien, qui est mis à mort Paraissent les messaliens, qui, eux, ne jeûnent pas du tout et prétendent remplacer le jeûne en lançant des flèches au diable.

Rome (390) : Hérésie des jovinianites ; ils disent que l'état des vierges n'est pas plus parfait que celui des femmes mariées. — Marie a conservé sa virginité en concevant Jésus-Christ, mais l'a perdue en l'enfantant.

Les manichéens disent que le corps de Jésns- Christ n'est que « phantastique ». Secte des ithacéens.

Hippone (397) : On ne donnera plus i'eucha-

ristie aux morts, « car le Seigneur a dit : Prenez et mangez » . Les enfants des évêques ne se marieront pas avec des hérétiques; les évêques ne chasseront pas leurs enfants ; les prêtres cesseront de manger dans les églises.

On élargit encore un peu le cercle des femmes qui peuvent habiter avec les prêtres : l'aïeule, la mère, les tantes, les sœurs, les nièces, les femmes de leurs enfants mariés, les femmes de leurs esclaves.

« Le sacrement de l'autel sera célébré à jeun, excepté le jeudi saint. »

Concile de Carthage (398) : « L'évèque doit avoir son petit logis près de l'église ; ses meubles doivent être de vil prix, — sa table pauvre. — Il n'ordonnera pas de prêtres sans le conseil de son clergé et le consentement du peuple. »

« Ordonne à tous les clercs qui ont la force de travailler d'apprendre des métiers et de gagner leur vie. »

Concile de Carthage (401) : « Défend l'usage

du mariage aux évèques, aux prêtres et aux diacres ; les autres clercs se conformeront, par la continence, a la coutume des églises qu'ils servent. »

Premier concile de Tolède (409) : « Permet de donner le diaconat à des personnes mariées, mais gardant la continence. »

$ S'il arrive que la femme d'un clerc pèche, il pourra la lier dans sa maison, la faire jeûner et la châtier, sans néanmoins attenter à sa vie; mais il ne lui sera pas permis de manger avec elle jusqu'à ce qu'elle ait fait pénitence. »

« Celui qui, avec une femme, a une concubine est excommunié ; mais, si la concubine lui tient lieu d'épouse, il ne sera point rejeté de la communion. »

La fille d'un évêque ou d'un prêtre, consacrée à Dieu, qui se sera mariée, ne recevra la communion qu'après la mort de son mari.

Concile de Rome .412) : Les prêtres et les diacres garderont le célibat comme les évèques.

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Carthage (448) : Hérésie de Pelage. « Il ne faut pas baptiser les enfants nouveau-nés; les enfants morts sans baptême ne vont pas en enfer, et « autres monstruosités ».

Concile de Ravenne (419) : Il y a deux papes à la fois, Boniface et Eulalius.

Hérésie des nestoriens : Deux personnes en Jésus- Christ. Marie n'est pas la mère de Dk;u, mais du Christ seulement.

On excommunie Nestorius. Parait pour la première fois la formule usitée depuis : « Après avoir répandu beaucoup de larmes, nous retranchons de toute assemblée, etc. »

Mais une partie du concile prend le parti de Nestorius et dépose les évèques qui le condamnent.

Mais l'empereur Théodose appelle les nestoriens «simoniens» et fait brûler les livres de Nestorius banni. On ne brûlait encore que les livres.

Concile d'Orange(441): « On n'ordonnera plus de diacre marié, à moins qu'il ne fasse vœu de

ehasteté; » mais si, après son ordination, il a commerce avec sa femme, il est exclu. « On n'ordonnera plus de diaconesse. »

Concile d'Arles (443) : Défense aux évoques, prêtres, etc., d'avoir dans leur maison d'autres femmes que leur grand'mère, leur mère, leur sœur, leur fille, leur nièce ou leur propre femme ayant promis de garder la continence; également « d'introduire dans leur chambre des jeunes filles libres ou esclaves ».

Hérésie des paulianistes et des bonosiens. On adorait encore des arbres, des pierres et des fontaines en beaucoup d'endroits.

Concile de Rome (444) : Employé entièrement à reprocher aux manichéens tout ce qu'on reprochait aux chrétiens sous Tibère.

Concile de Constantinople (448) : L'hérétique Eutychès avait dit une chose en apparence raisonnable , mais au fond irréligieuse selon le concile. Sommé de dire que Jésus-Christ a deux natures, il répondit : « Dieu me garde

de raisonner de la nature de mon Dieu ! » Aussi saint Flavien fulmina contre lui l'excommunication , « pleurant et gémissant sur sa perte totale ».

Concile d'Éphèse (449) convoqué par Théodose : Jésus-Christ n'avait plus deux natures, et, quand Eusèbe somma Eutychès de reconnaître les deux natures, le concile s'écria : « Otez, brûlez Eusèbe ! qu'il soit brûlé vif ! qu'il soit mis en deux ! Comme il a divisé, qu'on le divise ! » Eutychès fut rétabli dans ses dignités. Eusèbe et saint Flavien furent déposés. Alors, tous ces vénérables personnages, évèques , prêtres, archimandrites, saints, etc., en vinrent aux mains, et saint Flavien reçut tant de coups de pied de l'évêque Dioscore, de l'abbé Barsumos et d'autres, qu'il mourut quelques jours après le concile. Ce concile est appelé brigandage d'Éphèse.

Concile de Chalcédoine (454) : Ici, le Fils de Dieu n'a plus ni une ni deux natures, car le

concile dit anathème « à qui lui donne une nature pour nier que sa chair nous soit consubstantielle », anathème « à qui dit deux natures pour diviser le Fils de Dieu ».

Le concile fit une nouvelle profession de foi : « Jésus-Christ n'est pas en deux natures, mais de deux natures ; vraiment Dieu et vraiment homme sans confusion, en deux natures et une hypostase. »

Une diaconesse ne peut être ordonnée avan quarante ans (on avait défendu d'en ordonner); défense de consulter les aruspices.

Les prêtres ne peuvent épouser que des vierges.

Concile de Home, 494 ' Le pape est attaqué à coups de pierres.

Concile d'Agde : Les prêtres, outre leurs mères, leurs sœurs, leurs filles et leurs nièces, avaient encore des servantes et des affranchies, le concile leur défend d'en avoir.

On ne donnera pas le .voile aux religieuses avant quarante ans.

L'archidiacre tondra malgré eux les clercs qui portent les cheveux longs.

Premier concile d'Orléans : On constate le droit d'asile aux églises et aux maisons des évéques : les voleurs, les adultères, les homicides y sont en sûreté, de même que l'homme qui s'y réfugie avec une tille qu'il a enlevée.

Les moines n'oseront plus se servir de Yorarium (linge fin pour essuyer la figure), réservé aux évéques ; le carême sera de quarante jours et non plus de cinquante.

Concile d'Orange : On dira Kyrie eleison dans toutes les églises, à la messe, à matines et aux vêpres. .

Concile de Tolède : Défense aux clercs d'avoir chez eux des femmes autres que leurs proches parentes.

Concile d'Orléans (533) : Constate qu'il était d'usage de faire vœu, dans certains cas, de chan-

ter, «de danser. et de l'aire des repas dans les églises ; on ne fera plus de diaeoness de la fragilité du sexe.

Troisième concile d'Orléans : On n'admettra plus dans le clergé ceux qui, ayant eu des femmes légitimes, ont eu des enfants de quelque concubine ; mais on y laissera ceux qui, étanl dans ce cas, ont néanmoins été ordonnés.

Les clercs continuent à faire l'usure; on le leur défend, ainsi que de laisser croître leurs cheveux et de raser leur barbe.

Quatrième concile d'Orléans : Défense aux prêtres mariés d'avoir un lit commun avec leurs femmes.

Qu'aucun laïque n'ait la hardiesse d'empri- * sonner, de condamner ou même d'interroger un » clerc sans l'autorité de l'évèque.

Les clercs ont toujours chez eux des parentes et les servantes d'icelles à des heures indues. On leur ordonne la continence, même avec leurs femmes légitimes.

On ne donnera pas à un peuple un évèque qu'il refuse.

Concile général de Constantinople(5o3) : Anathème sur Mopsueste « La nature divine est une et consubstantielle en trois personnes : le Verbe de Dieu a deux naissances, l'une spirituelle par laquelle il est né du Père avant tous les siècles, l'autre corporelle par laquelle il est né de Marie; deux natures en une seule personne, sans diminution, sans confusion; l'adoration que l'on rend à Jésus-Christ est une et indivisible parce que nous n'adorons pas Jésus-Christ en deux natures, ce qui ferait deux adorations, que l'on ferait séparément au Verbe et à l'homme : nous adorons par une seule adoration le Verbe de Dieu incarné avec sa propre chair. » Cela était clair ; cependant, plusieurs Églises d'Occident n'admirent pas les décisions de ce concile, et on fut dans le schisme jusqu'à saint Grégoire le Grand.

Concile de Paris (557) : a On n'ordonnera

pas un évèque malgré les citoyens, mais celuilà seulement que le clergé et le peuple auront choisi avec une entière liberté, sans immixtion du prince. »

Ce que les fidèles offrent pour lés morts sera mis à part et partagé entre tout le clergé.

Concile de Tours (567) : « L' évèque marié vivra avec sa femme comme avec sa sœur; ses clercs seront toujours dans sa chambre pour être témoins de sa chasteté. »

Les moines courent beaucoup hors du monastère ; on veillera à ce qu'ils n'aient pas de familiarités avec les femmes, qui ne devront plus entrer dans les monastères.

Les archiprètres auront toujours un clerc qui couche dans leur chambre; pour les prêtres, lés diacres et les sous-diacres mariés, il suffira qu'ils ne couchent pas dans la même chambre que leur femme.

Concile de Prague (572) : Défense aux prêtres de rien exiger pour le baptême; il leur est

à8 LES GAIE • l AINES

permis de prendre ce qui leur sera al'i

Premier concile de Màcon (582) : « Aucun évoque ni prêtre ne demeurera plus dans les monastère de filles. »

Les évèques, prêtres, etc., peuvent demeurer avec leurs aïeules, mères, sœurs, nièces, mais non plus désormais avec des femmes étrangères.

Mêmes recommandations l'année suivante au concile de Lyon. Ce sera une lutte perpétuelle et sans résultats pendant tous les conciles; on fera des concessions, on ne défendra plus que les concubines, mais la répétition perpétuelle de la défense prouve qu'elle n'était pas exécutée.

On règle de la manière suivante les honneurs que ies laïques devaient, rendre aux ecclésiastiques : quand un laïque rencontre un clerc, il doit linerpar une profonde révérence -, s'ils sont x; à cheval, le laïque saluera humble-. en -" découvrant la tète: si .le clerc est à

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pied et le laïque à cheval, celui-ci mettra pied à

Concile d'Àuxerfe 585) : « Défense d'observer le premier jour de janvier en se déguisant en vache; » défense de danser, de chanter, et de faire des festins dans les églises; défense de donner l'eucharistie aux morts. A cette époque, on recevait l'eucharistie dans la main, les hommes dans la main nue, les femmes la main couverte d'un partie du voile appelé dominical, qu'elles portaient su: la tète ; quelques-unes se permettaient de recevoir l'hostie dans la main nue, on le leur défend ; celle qui n'aura pas son dominical ne communiera pas.

Concile de Narbonne (589) : Défense aux clercs de porter des habits de pourpre. Cette défense et celle d'avoir des concubines scia toujours sans effet et toujours renouvelée.

On fustigera et on vendra les sorciers.

Concile de Saragosse (597) : Les reliques nouvelles seront éprouvées par le feu.

On croyait que les rejiques des saints ne pouvaient être consumées.

Concile de Paris (615) : Les clercs ne peuvent avoir dans leur maison que leur mère, leur tante ou leur sœur.

Concile de Charne (622) : Hérésie des acéphales, qui n'admettaient que la nature divine en Jésus-Christ. « Ils avaient infesté de leurs erreurs une partie de l'Arménie. »

Concile de Tolède (633) : « On croit la Trinité des personnes dans l'unité d'essence. Le Fils est engendré du Père, qui n'est ni fait ni engendré lui-même. Le Saint-Esprit procède du Père et du Fils.

On prescrit le cérémonial des conciles : — Au moment où l'archidiacre dit : « Priez, » loir- se prosterneront à terre en silence, avec larmes, et gémissements. — Quand l'archidiacre dira : « Levez-vous, » tous se lèveront et s'assoieront avec crainte et modestie.

Au commencement le baptême se pratiquait

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pas trois immersions : on plongeait trois fois dans l'eau la personne baptisée. — C'est ainsi, je crois, que, d'après la tradition, fut baptisé le Christ. — Saint Grégoire, pape, pour contrarier les ariens, qui attachaient je ne sais quelle hérésie à cette triple immersion, décida qu'on ne plongerait qu'une fois.

Les clercs continuent à consulter les magiciens et les aruspices. On les menace d'emprisonnement. Les clercs raseront le dessus de leur tète comme les diacres et les prêtres, et ne laisseront qu'un iii de cheveux en guise de couronne, sous peine d'excommunication pour ceux qui se contenteront de raser un petit rond au haut de la tète. « C'est un scandale digne de larmes de voir des ecclésiastiques porter sans scrupule des perruques ou des cheveux longs bouclés et frisés. »

On renouvelle la défense aux clercs d'avoir chez eux des femmes étrangères. Les clercs voudront bien ne plus piller les sépulcres.

32 LES G i I ETES R MAI NES

Concile de Tolède (646) : L'évêque en visite n'aura pas plus de cinq chevaux.

Concile de Latran (649) : Apparaît l'hérésie des monothélites qui n'accordaient au Christ « qu'une seule volonté et une seule opération pour ses deux natures ». Profession de foi du concile : « En Jésus-Christ, les deux natures conservent leur différence et leurs propriétés sans diminution. Deux volontés et deux opérations. Anathème à ceux qui n'admettent pas cette profession jusqu'à la moindre syllabe. »

Concile de Chalon-sur-Saône (650) : « Défense aux clercs, etc., relativement aux femmes. Défense aux prêtres de se faire protéger par des laïques. » (Et l'occupation de Rome?)

Défense aux femmes de dansée dans les églises et d'y chanter des chansons déshonnêfes, au lieu de prier et d'écouter le clergé psalmodier.

On ne défend une chose que parce qu'elle se fait.

Neuvième concile de Tolède (655) : Les enfants

nés des ecclésiastiques obligés au célibat parleur état, depuis l'évèque jusqu'au sous-diacre, seront incapables de succéder et deviendront esclaves de l'Église que leur père servait.

Au dixième concile de Tolède (659), on voit que la situation des veuves était un état. On embrassait l'état de viduité, on s'engageait par écrit, et le prêtre mettait sur la tête de la veuve un voile noir ou violet, qu'elle devait garder toute la vie, sous peine d'être excommuniée et renfermée jusqu'à sa mort.

Jusqu'à l'âge de dix ans, les parents pouvaient consacrer leurs enfants et leur faire donner la tonsure ; ils étaient obligés d'être moines ou prêtres toute leur vie. Après dix ans, on demandait le consentement des enfants.

A ce concile, l'évèque Rotomius se présenta, et, fondant en larmes, s'accusa d'un commerce charnel avec sa femme légitime.

On lit que saint Genebaud, premier évèque de Laon, ayant épousé la nièce de saint Rémi, évê-

que de Reims, lui fit deux enfants. Saint Rémi, outré de ce crime, le renferma dans une toute petite maison près de l'église Saint-Julien, de laquelle il ne sortit pas pendant sept années, après lesquelles il reprit son siège.

Mais le collecteur des conciles que j'ai sous les yeux constate que, dès le concile de Lerida, vers le milieu du vie siècle, cette discipline s'était fort relâchée. En effet , les Pères de ce concile décidèrent que, « si un prêtre tombe par fragilité dans le péché de la chair, et qu'il donne de suffisantes marques de regrets, il est au pouvoir de l'évêque de le rétablir dans son office. » — Le relâchement s'accrut surtout, ajoulet-il, depuis le commencement du t\e siècle jusqu'au point où nous le voyons aujourd'hui (1773).

Concile de Nantes (658) : Défense aux prêtres de demeurer avec des femmes ; on n'excepte plus même celles tolérées jusque-là, à cause des servantes qu'elles ont avec elles.

SUR LHS CONCILES 33

Concile de Lerida ((566) : Les petiles hosties qu'ofl donnait aux fidèles pour la communion avaient les dimensions, la forme et l'empreinte d'un denier, — qu'il était d'usage de donner pour prix de l'hostie. — En plusieurs églises, on mettait une des hosiies représentant un denier dans la bouche des morls. C'était absolument l'obole que les païens mettaient sous la langue des leurs pour payer à Caron le passage de la barque.

On voit également qu'un prêtre pouvait célébrer plusieurs messes le même jour. — Cela fut défendu depuis que le pape Léon IV en disait neuf.

Concile de Tolède (675) : On communiait les mourants sous les deux espèces.

Voici comment on communiait les enfants nouvellement baptisés, — c'était alors l'usage; — cela se pratiquait sous une seule espèce ; le prêtre trempait le bout du doigt dans le vin et, le donnait à sucer à l'enfant.

Ce concile blâme l'usage de donner l'eucharistie au peuple après l'avoir trempée dans du vin.

« Quelques prêtres célébraient la messe sans étole, d'autres portaient l'étole, mais ne la croisaient pas sur la poitrine.

» D'autres prêtres , se mettant des reliques au col, se faisaient porter sur des chaises par les diacres en procession.

» D'autres se servaient des vases sacrés d'or et d'argent pour leur cuisine particulière.

» La plupart des évèques demeuraient avec des femmes, sans avoir de témoins de leur conduite ; quelques-uns exigeaient de l'argent pour les cérémonies gratuites et faisaient déchirer leurs frères chrétiens à coup de fouet, quelques-uns vendaient des reliques et des ornements sacrés. »

Toutes choses contre lesquelles s'élève le onzième concile de Tolède.

Concile de Rome (680) : Le pape Agathon

SUK LES COiNClLES 37

Concile de Rome (080) : Le pape Agathon rappelle les principes (?) de l'Église sur « le nombre » des volontés de Jésus-Christ. « Comme les trois personnes divines n'ont qu'une nature , elles n'ont aussi qu'une volonté naturelle, qu'une opération et qu'une puissance : y ayant en Jésus-Christ deux natures parfaites, il y a aussi deux volontés et deux opérations naturelles, mais qui ne sont point contraires, parce que Jésus-Christ a pris tout ce qui est de la nature humaine excepté le péché (?) ...»

Concile général de Constantinople (080) : L'empereur y assistait. On lut un livre du pape Vigile : « Anathème à Théodore de Mppsueste, qui ne confesse pas que Jésus-Christ soit une hypostase, une personne, une opération. »

Macaire, évèque d'Antioche, produit trois volumes de passages tirés des écrits des Pères, constatant « qu'il n'y a en Jésus-Christ qu'une volonté et une opération ».

Mais on lit aussi un gros volume de passages des Pères établissant le contraire, c'est-à-dire « deux opérations et deux volontés ».

Macaire fut analhématisé et dépouillé du palltum ; « le concile rejeta et détesta les lettres de Sergius et du pape Honorius, qui n'admettent qu'une seule volonté, et décida qu'il y a en Jésus-Christ deux volontés et deux opérations nullement contraires, parce que la volonté humaine suit la volonté divine, et qu'elle lui est entièrement soumise. »

« La volonté du cheval obéissant toujours à la volonté de son cavalier est-elle une vraie volonté? » demandait Macaire.

On le bannit de Constantinople avec tous ceux qui pensaient comme lui.

Polychrone, prêtre et moine, qui était accusé de soutenir les erreurs de Macaire, fut cité à ce concile; il déclara qu'il ne croyait qu'une volonté et une opération théandrique; il offrit de prouver l'orthodoxie de sa loi par la résurrec-

SLR LES CONCILES 39

lion <i'un mort; l'offre fut acceptée; un apporta un mort; Polychrone mit sur la poitrine de son mort sa profession de foi écrite, mais le mort ne ressuscita pas, quoique Polychrone lui eut tenu pendant plusieurs heures des discours pour l'y engager.

Certes, si les Pères du concile, qui croyaient aux deux volontés eussent mis sur la poitrine du mort la confession des deux volontés, le mort se fût fait un devoir de se lever à l'instant même; mais ils se contentèrent de déposer Polychrone, et de lui dire analhème!

Concile de Tolède (683):

Défense aux veuves de rois de se remarier ; le troisième concile de Saragosse [Hdï)

les enferme pour le reste de leurs jours dans un monastère.

Concile de Tolède (688) :

Deux « expressions » avaient fait peine au pape Benoit :

« La volonté a engendré la volonté. »

« Il y a trois substances en Jésus-Christ. »

Le concile déclare que le pape Benoit avait tort de s'affliger, car « on peut dire que le Fils a été engendré de l'essence du Père, quoiqu'il n'y ait qu'une seule et unique essence dans les trois personnes divines, etc. »

.Concile de Constantinople (692) :

Défense aux clers d'avoir avec eux des femmes étrangères.

Défense aux prêtres de se marier ; — rien ne les empêche de se marier avant d'entrer dans les ordres.

Défense aux évèques d'habiter avec leur femme.

Défiiise de faire promettre aux prêtres de

s'abstenir de leur femme lorsqu'on les ordonne.

Permission aux prêtres de se séparer de leur femme « en se mettant au-dessus de la décision des apôtres qui défend de les quitter. »

On peut recevoir un moine dès l'âge de dix ans, quoique saint Basile ait fixé l'âge de dixsept ans.

Défense aux filles qu'on reçoit en religion de se parer de pierreries; défense désormais aux moines de coucher dans les monastères de filles et aux filles de coucher dans les monastères d'hommes.

La femme d'un évèque peut se séparer de lui d'un commun accord. « Excommunication des devins et des meneurs d'ours. »

« Défense de brûler à l'avenir, de déchirer ou de vendre aux parfumeurs les livres des Évangiles. »

Sont déclarés nuls les mariages entre chrétiens et hérétiques. (Défendus par l'Église grecque ,

ces mariages étaient reconnus valides par l'Église latine.)

On ne souffrira plus de cabarets dans les églises.

Défense de peindre désormais Jésus-Christ sous la figure d'un agneau.

Défense aux clercs de continuer à assembler et nourrir des femmes de mauvaise vie.

Défense de prier à genoux le dimanche.

Défense aux maris d'habiter avec leur femme dans l'intérieur de l'église.

Ceux qui voudront recevoir l'eucharistie la recevront dans leurs mains mises en forme de croix.

Concile de Tolède (693) :

Défense aux prêtres de plus désormais « pécher contre la nature ».

Concile de Tolède (694) :

Défense aux prêtres de continuer à vendre et dissiper les vases sacrés ou à s'en servir pour leur usage.

Défense aux prêtres de dire des messes des morts pour les vivants dans le dessein de les faire mourir.

Concile de Berghamstède (696) :

La parole de l'évêque et du roi vaudra pour un serment.

Concile d'Allemagne (742) :

Défense aux clercs d'avoir des chiens, des éperviers et des faucons pour la chasse.

A prendre de la date du concile (c'est-cà-dire pas avant), le prêtre fornicateur sera fouetté et enfermé deux ans, le moine un an. Même peine, plus la tète rasée aux religieuses.

Concile de Rome (744) :

Défense aux évèques de demeurer avec des femmes, et aux prêtres d'avoir les cheveux longs.

Défense d'épouser la femme d'un prêtre.

Concile de Rome (745) :

On blâme l'évêque Adalbert, qui donnait ses propres cheveux et ses ongles comme reliques.

Concile de Cloveshon :

i4 LES GAIETÉS ROMAINES

On blâme l'usage de faire exécuter par d'autres, à prix d'argent, les jeûnes et les pénitences qu'on a encourus.

Les couvents ne doivent plus être « des retraites de musiciens, de bouffons et de poètes ».

Si un prêtre a épousé sa nièce, il sera séparé; mais, s'il ne peut garder la continence, il peut épouser une autre femme.

Si une femme se plaint que son mari n'ait pas consommé le mariage, qu'ils aillent à la croix (je pense qu'il s'agissait pour les deux plaideurs de rester les bras en croix pendant la messe, le plus vite fatigué avait tort). Si la plainte de la femme est vraie, qu'ils soient séparés et qu'elle fasse ce qu'elle voudra.

Concile de Metz (756) :

Il est question des parrains et des marraines pour la confirmation. Us ne peuvent se marier sans inceste.

Concile de Nicée (787) :

Hérésie des iconoclastes. La doctrine de l'É-

SUR LES CONCILIAS 15

glisc varie sans cesse au sujet des images. Pour le moment, le concile adopte l'opinion du pape Taraise. On doit adorer les images, les embrasser et les saluer. Les prêtres s'abstiendront à l'avenir d'étoffes de soie bigarrées et d'huiles parfumées. Mais les évèques de France refusèrent l'adoration des images, et donnèrent à Francfort (794) un décret contraire.

Les évèques doivent empêcher de bâtir églises, chapelles, etc., sans avoir les fonds nécessaires pour les achever (défense peu respectée aujourd'hui).

On défend à l'avenir de fonder des monastères doubles d'hommes et de femmes ; maisz7 convient de laisser subsister ceux qui sont déjà fondés ; défense aux moines de plus coucher dans les monastères de femmes et de manger seuls avec une religieuse ou autre femme, à moins que ce ne soit nécessaire pour le bien spirituel de ces femmes.

Concile de Francfort (794) , assemblé par

ordre de Charlemagne ; condamnation du concile de Nicée relativement aux images.

Pierre, évèque de Verdun, accusé de conspiration contre Charlemagne, fournit un champion pour le jugement de Dieu. Ce champion étant vainqueur, Pierre est déclaré innocent.

A l'avenir, les évèques ne mutileront plus les moines coupables et ne leur crèveront plus les yeux.

Il y a des abbesses qui vivent irrégulièrement.

Concile d'Aix-la-Chapelle (799) :

L'évèque Félix d'Urgel accusé d'hérésie; Charlemagne lui ordonne de disputer avec Alcuin. La dispute dura du samedi au lundi.

Félix reconnaît son tort d'avoir cru Jésus- Christ fils nuncupatif de Dieu. Il prie le peuple d'implorer pour lui miséricorde céleste afin de lui obtenir le pardon d'un si grand crime.

Concile de Reims (813) :

Les évèques et les abbés ne souffriront plus

qu'on fasse des bouffonneries pendant leur repris; ils feront manger les pauvres à leur table. Les prêtres ne peuvent demeurer qu'avec leur mère ou leurs sœurs. Les moines et les chanoines cesseront d'être vagabonds et d'aller au cabaret.

« On payera la dime en entier, c'est Dieu qui l'a ordonné. »

Par un canon de ce concile, on voit qu'on donnait l'eucharistie aux enfants et aux personnes assistant à la messe sans confession préalable.

Ordre de serrer le saint chrême. « Quelques criminels le volaient, s'en frottaient, et alors ne pouvaient plus être découverts. »

Le voile, qui autrefois ne se donnait pas aux vierges avant quarante ans, se donne maintenant à vingt-cinq ans.

Les comtes doivent obéir à leurs évoques. On peut se confesser «à Dieu aussi bien qu'au piètre.

Abus dans les pèlerinages faits à Rome et à Saint-Martin de Tours par les ecclésiastiques.

L'huile bénite dont on oint les malades guérit les maladies de l'àme et du corps.

Défense désormais aux religieuses de manger avec aucun homme dans leur propre chambre.

Les abbesses elles-mêmes éviteront en particulier toute familiarité avec les hommes.

ConciledeChelchyte(8d6) :

On ne se contentera pas d'aspersion pour le baptême ; on doit plonger les enfants trois fois (ce qui avait été réduit à une fois dans des conciles précédents).

Le prieur pourra permettre aux moines l'usage du bain.

Il n'y aura plus de temps réglé pour saigner les moines.

On donnera specialis consolatio au moine saigné. C'était une collation.

11 faut expliquer qu'alors et longtemps après on saignait les moines et les religieuses à jour

fixe pour dompter la chair, un jour chaque mois. Ce jour était marqué au calendrier avec la mention : (lies œger ou dies minutionis; jour malade, jour de la saignée.

Les moines ne seront plus fouettés nus en présence des autres.

Les moines ne donneront plus le baiser aux femmes en les saluant.

On ne fait pas maigre le samedi.

Le jeudi saint, l'abbé lavera et baisera les pieds de ses religieux, et ensuite il leur servira à boire.

On nommera les supérieurs nomii, par respect.

Concile de Paris (825) :

Le pape Adrien ne voulait pas qu'on baisât les images, — mais il voulait qu'on les adorât ; — le concile blâme le pape Adrien.

Sérénus, évêque de Marseille, avait brisé les images pour empêcher de les adorer.

Le concile défend d'adorer les images, mais

il en approuve la présence dans les églises.

On doit adorer l'image de la croix. On déclare le concile de Nicée et le pape Adrien superstitieux quant aux images.

Ça n'empêche pas que c'est cet Adrien Ier qui avait fait faire ce fameux chandelier en forme de croix, où l'on pouvait mettre sans confusion mille trois cent soixante et dix cierges.

Concile de Paris (829) :

Les èvèques ne mettront des curés dans les églises que du consentement des habitants.

Défense d'avoir à la fois deux femmes, nu une femme et une concubine.

Défense à l'avenir aux prêtres de prendre pour eux ce qui est destiné aux pauvres.

Les évèques doivent avoir toujours des clercs qui couchent dans leur chambre; ils doivent manger avec leur clergé et point avec des laïques. Ils ne s'absenteront pas de leur église sans nécessité.

Des femmes prennent à l'autel et distribuent

au peuple le corps du Seigneur. On le leur défend à l'avenir.

Celui qui aura tué sa femme pour en épouser une autre fera pénitence. On n'emploiera plus l'épreuve de l'eau froide.

Concile de Verneuil (844) :

Défense aux religieuses de prendre des habits d'homme.

On signale les évèques qui refusent le service de guerre sous prétexte de faiblesse de leur corps. Ébroin, président du concile, et Loup, abbé de Ferrières, avaient combattu la même année près d'Angoulème. Loup y avait été fait prisonnier.

Concile de Meaux (845) :

Quand le roi passe par une ville, il doit loger à l'évèché, mais n'y pas faire loger des femmes avec lui, n'y pas séjourner longtemps et empêcher le pillage.

Les évèques et les prêtres font serment sans lever la main.

L'Église réclame sur certains héritages :

d'abord la dixième partie des fruits sous le nom de dîme, et ensuite la neuvième partie comme rente seigneuriale.

Concile de Mayence (847) :

Si un clerc laisse croître ses cheveux, qu'il soit anathème.

Une abbesse ne peut sortir de son cloître sans la permission de l'évèque, à moins qu'elle n'ait un ordre de la cour.

Si celui qui a tué un prêtre nie le fait et qu'il soit de condition libre, il se purgera par serment en jurant avec douze personnes; s'il est esclave, il se purgera en marchant sur douze socs de charrue rougis au feu, sans se brûler.

Défense de se marier au quatrième degré de parenté.

Concile de Pavie (850) :

On rappelle aux évêques qu'ils doivent avoir continuellement dans leur chambre et pour les services les plus secrets, des prêtres témoins de leur vie;

Qu'ils ne doivent pas avoir à leur table des fous et des bouffons, mais des pauvres et des infirmes.

On condamne les magiciennes qui donnaient de l'amour par leur art.

On défend aux prélats qui vont à la cour de vexer leurs hôtes et de rien exiger d'eux sans payer.

Concile du Quercy, en 853, contre la doctrine de Gotescalc :

« Dieu, par sa prescience, ayant choisi de la masse de perdition ceux qu'il a prédestinés par sa grâce à la vie éternelle, il a laissé les autres, pour le jugement de sa justice, dans cette masse de perdition, connaissant par la prescience qu'ils périraient; mais il ne les a pas prédestinés à périr, quoiqu'il leur ait prédestiné la peine éternelle. On ne doit reconnaître qu'une seule prédestination qui appartient au don de la grâce ou à la rétribution de la justice : si le genre humain est devenu

masse de perdition , cela ne vient pas de Dieu, qui a fait l'homme droit et sans péché, mais de l'homme.

» Nous avons perdu dans le premier homme la liberté que nous avons recouvrée par Jésus-Christ, et, comme nous avons le libre arbitre pour le bien, lorsqu'il est prévenu et aidé de la grâce, nous l'avons pour le mal quand il est abandonné de la grâce. Or, il est libre parce qu'il est délivré et guéri par la grâce. Dieu veut que tous les hommes, sans exception, soient sauvés, quoique tous les hommes ne le soient pas; c'est par la grâce du Sauveur que quelques-uns sont sauvés , et par leur faute que les autres périssent.

» Il n'y a point d'homme, il n'y en a point eu, il n'y en aura pas dont Jésus-Christ n'ait pris la nature. Si tous ne sont pas rachetés parle mystère de la Passion, ce n'est pas que le prix ne soit suffisant; c'est par rapport aux infidèles et à ceux qui ne croient pas de cette

façon qui opère par la charité, parce que la médecine salutaire, composée de notre infirmité et de la vertu divine, est de soi capable de profiter à tous; mais elle ne guérit que ceux qui la prennent. » De par la toute-puissance des conciles, on est obligé de croire cela; maison n'est pas forcé de le comprendre.

Concile de Toul (859) :

Le roi Charles le Chauve se plaint de Venilon, archevêque de Sens, qui, au mépris de son serment de fidélité, a pris les armes contre lui.

Dans la promotion d'un évêque, on s'en rapportera aux métropolitains et aux évèques voisins, et le peuple n'aura plus part à l'élection, contrairement à l'usage établi de tout temps, et encore rappelé et préconisé au concile de Valence quatre ans auparavant.

Concile de Rome (862) : Hérésies de Valentin, deManès, d'Appollinaire, d'Eutychès, osant dire que la Divinité avait souffert en Jésus-Christ.

Concile d'Aix-la-Chapelle (862).

Le roi Lothaire veut faire déclarer nul son mariage avec Thietberge, fille du comte Boson, qu'il avait épousée en 856.

Ce concile déclare, contre toutes les règles de l'Église, que le mariage est nu!. Le roi Lothaire épousa Valrade.

Concile de Rome (863) :

Le pape Nicolas Ier avait envoyé des légats au concile de Constantinople. Ils avaient lâchement concouru à l'injuste déposition du patriarche Ignace, dans un concile que l'hérétique Photius avait assemblé en 861. On dépose les légats et Photius ; on prononce anathème contre Jean, autrefois patriarche de Constantinople, ennemi du culte des images.

Concile de Rome (865) :

Le pape Nicolas Ier ordonne à Lothaire de quitter Valrade.

Concile de Rome (868) :

Photius, déposé par Nicolas Ier, dépose le pape

SUK LES CONCILES 51

à son tour. Adrien, successeur de Nicolas, anathématise trois fois Photius.

Concile de Worms ($ti$) :

Le baptême conféré par une ou trois immersions est légalement valide. Cette décision, souvent contredite, est conforme à celle du pape saint Grégoire.

Si on accuse un prêtre de quelque crime, il se purgera en disant autant de messes qu'on lui aura imputé de crimes ;

S'il est fait un vol dans un monastère et qu'on n'en connaisse pas l'auteur, l'abbé dira la messe, à laquelle tous les Pères commenceront par faire connaître qu'ils sont tous innocents.

Concile de Constantinople (869) :

On brûle les livres de Photius. On dit anathème à Arius, à 3Iacédonius, à Sabellius, à Nestorius, à Eutychès, à Dioscore, à Origène, à Théodore de Mopsueste, à Didyme, à Évagre, à Sergius, à Honorius, à Cyrus d'Alexandrie, à Photius, aux iconoclastes, aux semi-ariens, aux

pélasgiens et semi-pélasgiens, aux eunomiens, aux marcelliens, aux apollinariens, aux pneumatomachiens, aux eudoxiens, aux manichéens, aux sacramentaires, aux gnosliques et aux agnostiques, aux primianistes, aux maximianistes, aux donatistes, aux circoncellions, aux montagnards, aux rupites, etc.

« Les évèques, dit un auteur, signèrent, non avec de l'encre simple , mais après avoir trempé le roseau dans le sang du Sauveur ; le pape Théodore en usa de même lorsqu'il écrivit la déposition de Pyrrhus. »

Cela veut dire probablement que le pape et les évèques usurpèrent dans ces deux circonstances « l'encre pourpre d, dont l'usage était réservé aux empereurs.

Concile deDouzy (871) :

Le roi Charles le Chauve se plaint d'Hincmar, évêque de Laon. Il avait pillé les vassaux du roi et l'avait attaqué lui-même a main armée.

Concile de Douzy (874) :

Le mariage a été permis aux Anglais d'abord à la troisième génération, troisième degré.

Concile de Troyes (878) :

On décide que les grands du monde ne s'assoiront pas devant les évèques.

Concile de Uouen (878) :

Les prêtres communieront de leur propre main les laïques des deux sexes, en leur mettant l'eucharistie dans la bouche.

Concile de Constantinople (819) :

Le pape Jean VIII reçoit en communion Photius, le plus excommunié des hommes.

On retranche du symbole : (Filioque et du Fils).

Concile de Fismes (881) :

On constate la supériorité des évèques sur les rois, ceux-ci doivent prendre des conseillers dans le clergé.

Concile de Mayence (887) :

Les clers n'auront absolument aucune femme logée chez eux, pas même leurs sœurs.

Un évèque ne peut être condamné que sur la déposition de soixante et douze témoins sans reproches, un prêtre de quarante-deux, un diacre de vingt-six.

Menaces aux prêtres impudiques.

Concile de Metz (888) :

Les prêtres n'auront chez eux aucune femme, pas même leur mère ou leurs soeurs.

Concile de Tribur (895) :

Si le jour de l'audience de l'évêque se rencontre avec celui de l'audience du comte, tout le peuple obéira à l'évêque, et le comte luimême sera obligé de se montrer à l'audience de l'évêque.

Les procès entre les prêtres et les laïques seront jugés par les évêques.

On mettra dans le calice deux tiers de vin et un tiers d'eau, « parce que la majesté du sang de Jésus-Christ est plus grande que la fragilité du peuple figurée par l'eau... »

Concile de Home (897) : Le pape Etienne VI

fait déterrer son prédécesseur le pape Formose. On le revêt des ornements pontificaux, on l'apporte au milieu de l'assemblée ; on lui donne un avocat d'office; on le condamne, puis on lui coupe trois doigts et la tète, que l'on jette dans le Tibre.

Concile de Rome (900) : Jean IX blâme Etienne VI et réhabilite Formose. On brûle les actes du concile de 897.

On raconte que Formose était si particulièrement estimé des saints, que, lorsqu'il entrait dans une église, leurs images, portraits, tableaux et statues s'inclinaient devant lui.

Concile de Trosley (909) :

On ordonne de respecter l'Église, d'honorer les ecclésiastiques, les moines et les religieuses, — sinon « que la porte du ciel soit fermée, et que la porte de l'enfer soit ouverte » .

On condamne la débauche de certains ecclésiastiques.

Notez que c'était sous le pontificat de Sergius III, qui avait été nommé par les intrigues

de bu maîtresse Marosie. Le pape Jean XI passe pour leur fils.

Concile de Grotelean (928) :

On punira de mort les sorcières et magiciennes.

Concile d'Erford (932) :

Défense aux particuliers de jeûner pour deviner l'avenir.

Concile d'Augsbourg (932) :

Défense aux prêtres de se marier et d'avoir chez eux des femmes sous-introduites ; le concile permet aux évoques de faire fustiger ces femmes et de leur couper les cheveux.

Concile d'Angleterre (969) :

Les prêtres garderont la continence ou seront chassés de leurs églises.

C'est l'époque où Boniface VII fit étrangler Benoit VII et Jean XIV.

Concile de Rome (993) :

Le pape Jean XVjcanônise saint Aldaric ; c'est le premier saint régulièrement élu, et encore

ne remplit-il pas les conditions fixées par cer tains papes, surtout par Benoit XIV.

Concile de Rome (998) :

Le roi Robert quittera Berthe, sa parente qu'il a épousée, et fera sept ans de pénitence.

Concile de Poitiers (1000):

On avait fait quelque tort aux églises : « Les seigneurs et les évoques marcheront contre le coupable et feront le dégât chez lui. »

Défense aux prêtres d'avoir des femmes chez eux.

Concile d'Enhom (1009) :

Défense aux prêtres de se marier ; aux laïques de se marier jusqu'au sixième degré. Que l'on paye exactement la dime, l'entretien du luminaire, le droit de sépulture; si un corps est enterré ailleurs, on payera néanmoins à son église.

Concile de Pavie (10 12) :

Benoit VIII y fait un long discours contre la vie licencieuse des évéques, prêtres, etc.

A l'avenir, ils n'auront plus ni femme ni con-

cubine; leurs enfants seront serfs de l'Église.

Concile d'Orléans (1022) :

Le roi Robert, qui avait, par l'ordre du concile, quitté Berthe et épousé Constance, y assiste avec celle-ci. On y juge des manichéens, auxquels on prêtait les orgies nocturnes qu'on avait prêtées aux premiers chrétiens. « Condamnés au feu, ils y allèrent gaiement. » Cette phrase est copiée textuellement du R. P. Louis Richard, de l'ordre des frères prêcheurs (1772). On voit également que ce n'est pas non plus d'aujourd'hui que la curiosité l'emporte sur la pitié. «Mais, lorsqu'ils commencèrent à sentir les flammes, ils se mirent à crier et à détester leurs erreurs. »

On les retira, mais assez lentement pour que onze d'entre eux y périssent.

Concile de Sélingstadt (1022) :

Défense de manger de la chair quatorze jours avant la Saint-Jean-Baptiste , autant avant Noël, etc.

Défense aux prêtres de célébrer plus de trois

messes en un jour. Nous avons vu précédemment défendre d'en célébrer plus d'une.

Concile d'Arras (1025; :

Gérard, évoque d'Arras et de Cambrai, « découvre des hérétiques à Arras, et, les voyant dans l'erreur, les fait mettre en prison ».

Leur hérésie consistait en ceci : Ne reconnaître d'autre Écriture que l'Évangile et les écrits des apôtres, réprimer les désirs delà chair et vivre du travail des mains.

Concile de Bourges (1031) :

On renouvellera tous les dimanches les hosties consacrées. (On a vu combien cette prescription a varié.)

Les évèques feront jurer à leurs sous-diacres de n'avoir ni femme ni concubine.

Aux prêtres la tonsure et la barbe rase.

Les enfants des prêtres ne seront point admis au clergé. (On a vu le contraire prescrit plusieurs fois.)

Personne ne donnera sa fille en mariage à

un prêtre et n'épousera la fille d'un prêtre.

Concile de Reims (1049) :

Le pape Léon IX blâme les prêtres qui portent les armes ; lui-même fit plusieurs fois la guerre en personne, et fut fait prisonnier les armes à la nain.

Défense aux prêtres de rien exiger pour le baptême, la sépulture, etc.

Défense à Guillaume , duc de Normandie , d'épouser la fille de Baudoin, comte de Flandres, à cause de la parenté.

Concile de Mayence (1049) :

Contre l'incontinence des ciercs.

Concile de Rome (1030) :

Les prêtres augmentaient ou diminuaient les pénitences des pécheurs moyennant finance; on le leur défend.

Concile de Coyac(1050; :

Dans la célébration des mystères, les prêtres porteront l'amict, l'aube, la ceinture, l'étole, la cliasublc , le manipule; les diacres, l'amict.

l'aube, la ceinture, l'étole, la dalmatique, le manipule; l'autel sera entièrement de pierre, l'hostie de pur froment-, le vin et l'eau nets; l'autel couvert d'un linge propre, sur lequel sera le corporel ; défense désormais aux prêtres de porter des armes et des habits indécents, de loger avec des femmes ; ils auront la barbe nette et les cheveux en couronne; défense d'enlever de force ceux qui se réfugieront même à trente pas de l'église.

Concile de Lisieux (lOoo) :

Mauger, archevêque de Rouen, a dépouillé son église, il vit dans l'incontinence et manque de respect au saint-siége.

On sonnera une cloche pour avertir de fermer les portes et d'éteindre les feux.

Concile de Toulouse (1056) :

Déranger, vicomte de Narbonne, se plaint de l'archevêque Guiffroy ; lui, Bérangcr, l'a aidé à payer son archevêché, et pourtant Guiffroy a levé une armée contre lui. Le même Guiffroy

avait vendu à des juifs d'Espagne les vases d'or et d'argent, les livres, les chapes, etc., de l'église, et avait excommunié Béranger, sa femme et ses enfants; il avait vendu les ordres, etc.

Concile de Compostelle (1056) :

On élira des abbés qui sachent rendre raison du mystère de la sainte Trinité ; tous les prêtres, diacres, etc., sauront les Psautiers, ils ne porteront point des armes ni la barbe longue; défense d'avoir deux femmes.

Concile de Rome (1059) :

Béranger niait la présence réelle dans l'eucharistie. Albéric et Lanfranc le réfutèrent avec lumières et solidité. « Le pain et le vin offerts à l'autel sont non-seulement un sacrement, mais encore le vrai corps et le vrai sang de Jésus- Christ, dès que ce corps est touché par les mains des prêtres. »

On n'entendra point la messe d'un prêtre notoirement concubinaire; il est défendu à tout prêtre qui, depuis la constitution du pape

Léon IX, aura pris ou gardé une concubine, de célébrer la messe.

Personne n'épousera sa parente jusqu'à la septième génération.

On voit que les degrés de prohibition vont s'étendant toujours. Gela augmente les dispenses, et les dispenses sont un revenu.

Concile de Rouen (1072) :

Le prêtre doit baptiser à jeun. Pendant un temps, on baptisait à l'heure de nones, heure delà mort de Jésus-Christ, pour honorer cette mort; mais on faisait déjeuner trop tard (trois heures après midi). On doit renouveler tous les huit jours l'eau bénite et les hosties. Quelques-uns se contentent de les consacrer de nouveau, c'est désormais interdit, c'est « un sacrilège horrible ». L'époque de ce renouvellement avarié et variera encore.

Nouvelle défense aux prêtres de se marier ou d'avoir des concubines.

Concile de Home (1074).

Défense aux clercs d'avoir chez eux des femmes étrangères; défense aux prêtres incontinents de célébrer.

On excommunie les « petits savants qui disent que ces paroles de l'apôtre : Unusquisque imam uxorem habeat — que chacun ait sa femme, — s'applique aux clercs comme aux laïques ». Vous avez vu que l'Église a partagé longtemps l'opinion de ces « petits savants ».

Nous lisons qu'en 1073 le pape Grégoire VII déposa comme concubinaires et institués par les princes séculiers, les évêques de Brème, de Salzbourg, de Bamberg, de Spire, de Strasbourg, etc. Grégoire VII déposa Henri IV, empereur d'Allemagne, et donna son empire à Rodolphe, duc de Souabe. Henri donna le pontificat à l'archevêque Guiberl, qui fut pape sous le nom de Clément III, tua Rodolphe et alla assiéger Rome.

Concile de Rouen (1074) : Après quelques doutes, on déclare qu'on donnera désormais la

SUU LES CONCILES 71

sépulture et les prières aux femmes mortes en couches.

Concile de Winchester (1076) : On ne célébrera plus la messe avec de la bière; les' prêtres qui auront fait la guerre feront pénitence.

Concile de Poitiers (1078) : Les enfants et les bâtards des prêtres ne pourront être promus aux ordres sacrés, à moins qu'ils ne se fassent moines ou chanoines réguliers. Défense aux prêtres d'avoir des concubines.

Concile de Lillebonne (1080) : Les prêtres n'auront plus de femmes avec eux. Ce concile « condamne un abus énorme et très-ordinaire ». Des prélats souffraient « que les curés eussent des concubines, pourvu qu'ils leur payassent une certaine somme d'argent. » On blâme les évoques et on leur défend de continuer ce commerce.

Concile de Quedlimbourg (1085) : On renouvelle la loi du célibat contre les prêtres; ils

n'auront plus ni femme ni concubine. — Il faut avouer qu'ils y étaient obstinés.

« Grégoire VU excommunie, chandelles allumées, Clément III (Guibert). »

Lequel Clément III excommunie Grégoire VII, probablement avec des chandelles non moins allumées.

Concile d'Amalfi (1089) :

Les fils des prêtres sont exclus du ministère des saints autels, à moins qu'ils n'aient été élevés parmi les moines.

Concile de Constance (1094) : Contre les clercs incontinents.

Concile de Plaisance (1095) :

Le pape Urbain II préside ; la princesse Praxède, femme séparée de l'empereur Henri, y fait révélation des impuretés de son mari. Le roi Philippe Ier de France, cité par le pape, se fait excuser par ambassadeurs de ne pas se présenter. Le pape lui accorde jusqu'à la Pentecôte pour venir lui rendre raison de son divorce

SUH LES CONCILES 73

avec Berthe et de son mariage avec Bertrade.

Concile de Clermont (1095) :

Urbain II excommunie Philippe de France. On décide la croisade. On parle encore des enfanls des concubines des prêtres.

On étend aux croix, n'importe où elles sont placées, le droit d'asile donné d'abord seulement aux églises, puis étendu à trente pas autour des églises.

Concile de Nimes t/109(>; contre les prêtres fornicateurs.

On ne mariera plus les ii 1 les avant l'âge de douze ans. .

Concile de Londres (1102] : Défense aux prêtres d'épouser des femmes ou de garder celles qu'ils ont. Les lils des prêtres n'hériteront plus des églises de leurs pères. Les prêtres n'iront plus boire au cabaret. Les abbés ne porteront plus les armes. On fera couper les cheveux à tous les hommes, de façon qu'une partie des oreilles paraisse. Dans d'autres circon-

M LES CAtfl i S m USES

tances, on avait interdit rentrée de l'église aux hommes en cheveoi longs. L'évéque Serlon lit un sermon pathétique contre les cheveux longs . - seignears anglais devant Henri, roi d'Angle- .1 ; s, le sermon fini, il lira des ciseaux de sa manche et al!a lui-même dans l'église couper les cheveux au roi d'aboni. - - oût-

- s. Pins tard, un a \u Louis XIII raser lui— ses Fficiei s. L'an il >, € defroy, évè- (jue d'Amiens, chanta à Saint-Omer la messe de minuit devant II . nue de Flandre, et refusa à l'offrande ceux qui portaient les cheveux longs. Les oortisans coopèrent leurs cheveux dans I - se-. — Défense Je ?e m juuqa'à la septième génération. Encore un pou. el personne ne pourrait plus épouser personne. Cela amenait, outre h - . la facilité de

te beaucoup de mariages par politique ou par libertinage. — Les corps morts ne seront point enterrés , pour que les

curés ne perdent pas

si II LÈS CONCILIA H

déferïd If péché de Sodomc. C'est une bonne idée.

Concile de Paris (I loi) :

Philippe Ier, roi de France, et sa seconde femme Bertrade se rendent au concile nu-pieds; ils jurent de renoncer à tout commerce ; le pape les l'ait absoudre de l'excommunication.

Concile de Reims (Il 10) :

Défense aux prêtres d'avoir des concubines. Le pape Calixle II fit un discours sur les dons du Saint-Esprit, et exhorta les assistants à la concorde cl à la charité ; puis on apporta quatre cent quatre-vingt-sept cierges, que l'on distribua aux évoques et abbés portant crosse ; puis, tous s'étant levés le cierge à la main, on lut les noms de ceux que Calixle s'était propose d'excommunier, en particulier le roi Henri V et le pape Grégoire VIII. « (Burdin.)

Concile de Londres (tifl) :

On vendra les concubines des prônés,

Coneile de Tro\es (1 128} :

On donne aux templiers, ordre alors nouveau, la mesure des moustaches qu'ils doivent porter.

Concile de Rouen (1128) :

Aucun prêtre n'aura de femme.

Concile de Placentia (1129) :

On chassera publiquement les concubines des clercs.

Les faux monnayeurs seront excommuniés, et le roi leur fera arracher les yeux.

Concile de Toulouse (1129) :

On démolira la maison où on aura trouvé un hérétique, et on confisquera la terre sur laquelle elle avait été bâtie.

Défense aux laïques d'avoir des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament , hors le Psautier et les heures de l'office de la sainte Vierge, el encore, jamais en langue vulgaire (c'est-à-dire en langue qu'ils comprennent).

On déclare nuls les testaments qui n'auront point été faits en présence du curé.

Tous les paroissiens des deux sexes seront à

l'église les dimanches et fêtes, et entendront le sermon, l'office divin et la messe entière ; ils visiteront avec dévotion l'église le samedi au soir en l'honneur de la Vierge, sous peine d'une amende de douze livres tournois.

Concile de Clermont (1130) :

Défense aux prêtres d'avoir des concubines et de se marier. Anathème contre les tournois. •

Concile d'Étampes (1130) :

Trop de papes. Saint Bernard se prononce pour Innocent II et contre Anaclet IL

Concile de Reims (1131) :

Innocent II excommunie Anaclet II. On présente au pape des lettres d'obéissance du roi, de l'empereur d'Allemagne Lothaire, de Henri, roi d'Angleterre, d'Alphonse IV, roi d'Aragon, d'Alphonse, VII roi de Castille. On étend aux cimetières le droit d'asile des églises avec (rente pas à l'entour, et des croix.

Concile de Londres (1138) :

Les ecclésiastiques continuent à s'engager

dans la milice et à porter les armes. Les religieuses se frisent les cheveux, portent des fourrures précieuses et des bagues. On le leur défend.

Concile de Latran(1139) :

Mille prélats y assistent. On excommunie Roger II, comte de Sicile, pour avoir favorisé Anaclet II. Défense d'entendre les messes des prêtres mariés ou concubinaires. On déclare nuls leurs mariages. « Des religieuses avaient des maisons où elles recevaient des personnes de mauvaise réputation. » On le leur défend, ainsi que de se mêler aux moines pour chanter dans les chœurs.

Concile de Constantinople (1140) contre les hérésies des enthousiastes et des bogomiles.

Concile de Paris (1147) :

Le pape Eugène III contre l'hérésie de Gilbert qui avait dit : « L'essence divine n'est pas Dieu. Les propriétés des personnes divines ne sont pas les personnes mêmes. Les personnes

divines ne sont attribut en aucune proposition. La nature divine ne s'est point incarnée, mais seulement la personne du Fils. » On renvoie le jugement à la mi-carême de l'année suivante. ■

Concile de Reims (1148) :

On amena devant Eugène II I un gentilhomme breton, Éon de l'Étoile, qui se disait fils de Dieu, se fondant sur la conclusion des exorcismes où Jésus Christ est désigné par le prénom Evm (celui) per eum qui venturus est, etc., et sur l'oraison ordinaire où il est dit : Per eumdem non, désignant clairement lui, Éon. On le fit enfermer et on livra ses disciples au bras séculier.

« Livrerai! bras séculier » est une locution qui reparait souvent dans l'histoire des conciles et dans l'histoire de l'Église.

Cela n'est pas si simple ni si doux que cela en a l'air. Nous l'expliquerons.

L'Église a horreur du sang, — Ecclesia sanguine abhorrrl! — elle ne peut donc elle-même tuer, pendre, décapiter, brûler, torturer, etc., les hérétiques et ses ennemis ; mais, comme cependant il faut qu'ils soient tués, pendus, décapités, brûlés, torturés, etc., elle les « livre au bras séculier », c'est-à-dire à des bourreaux non ecclésiastiques; longtemps les rois, les empereurs, etc., se sont fait un devoir et un honneur d'être les exécuteurs des sentences de l'Église.

Ce mécanisme s'explique très-bien par une scène de Bajazet de Racine : Roxane veut tenter un dernier effort sur son amant infidèle;

SUR LES CONCILES si

après quoi, elle ne peut pas décemment l'étrangler elle-même :

Tout est prêt (dit-elle) ;

Orcan et les muets attendent leur victime.

Je suis pourtant toujours maîtresse de son sort,

Je puis le retenir; mais, s'il sort, il est rnoit!

Et, à la fin de la scène, le spectateur averti frissonne quand elle prononce ce seul mot ;

Sortez !

Orcan et les muets, voilà le bras séculier, voilà le rôle qu'acceptaient les fils aînés ou cadets de l'Église, les rois très-chrétiens, les rois catholiques, les rois très-fidèles, etc.

Suite du concile de Reims (1148) :

Défense de tirer rançon d'un clerc et de. le mettre en prison.

Les corps des excommuniés demeureront sans sépulture, et, dans le cas où le corps d'un

excommunié aura été enterré, on l'exhumera.

On se plaint de la vie peu régulière de certaines religieuses.

Concile de Constantinople (U5o) :

« Le fils de Dieu à l'autel offre la victime, est la victime et reçoit l'oblation de la victime. »

Concile d'Oxford (1160), contre une hérésie nouvelle.

Les évêques livrèrent les coupables au bras séculier, Henri II d'Angleterre, qui se lit un plaisir de les chasser de la ville, après les avoir fait fustiger publiquement et marquer d'un fer rouge au front.

Concile de Toulouse (1101) :

Il y a deux papes, Alexandre III et Victor III; Henri II d'Angleterre, Louis VII de France y assistent; on choisit Alexandre, qui commença par excommunier Victor, puis ensuite Frédéric Barberousse, qu'il obligea de venir baiser ses pieds à Venise. Alexandre lui mit le pied sur le cou, en citant ce passage du psaume xc : « Tu

Ml; Li:s CONCILES S3

marcheras sur l'aspic ei le basilic et tu fouleras le lion et le dragon. — Super aspidemet basilicwm ambulabis cl concvlcab'ts leonem et draconem.v C'est Alexandre III qui permit au doge de Venise d'épouser la mer chaque année le jour de l'Ascension, et lui donna le droit de faire porter devant lui les trompettes d'argent, le parasol, la chaise pliante, les coussins et le cierge blanc. Excommunication des albigeois.

Concile de Constantinople (I1C6) :

Jésus-Christ est-il égal à son Père? « Quoiqu'il ait dit : « Mon Père est plus grand que moi, » le Vcrbs, en prenant la nature humaine, ne l'a pas changée en divinité ; mais, par l'union de la nature humaine avec la nature divine, cette nature participe à la dignité divine, en sorte qu'elle est l'objet d'une seule adoration avec le Verbe, qu'elle demeure avec toutes ses propriétés naturelles, mais enrichie de la divinité ; en sorte que la chair du Seigneur, élevée par l'union hypostatique à la souveraine dignité,

sans altération ni confusion, est assise avec lui à la droite du Père. » Je n'ai pas le texte, dans lequel c'est peut-être plus clair !

Concile de Cassel (1172) :

Le baptême se fera avec trois immersions; tout lidèle malade fera son testament en présence de son confesseur et divisera ses biens en trois parts : une pour sa femme, une pour ses enfants, la troisième pour des prières qu'on fera pour lui.

Concile de Londres (1175) :

Les prêtres qui ont une concubine la chasseront après trois avertissements.

Ils ne doivent pas boire dans les cabarets, ni avoir les cheveux longs et se chausser avec coquetterie.

Défense de consacrer l'eucharistie autrement que dans un calice d'or ou d'argent.

Concile de Lombers (1176) :

Contre les vaudois ou bonshommes, déclarés hérétiques.

Concile de Latran (1179) :

Les archevêques dans leurs visites auront tout au plus quarante ou cinquante chevaux, les cardinaux vingt-cinq, les évèques vingt ou trente.

Cela, qui parait excessif, était une modération aux dépenses que nécessitaient les visites des prélats ; souvent, pour les recevoir, on avait vendu les ornements et les vases sacrés.

Voici un article ou canon de ce concile qui vient à l'appui de ce que je disais tout à l'heure du « bras séculier » :

a Quoique l'Église, suivant que le dit saint Léon, rejette les exécutions sanglantes, elle ne laisse pas de se faire aider par les lois des princes chrétiens, en ce que la crainte du supplice corporel fait quelquefois recourir aux remèdes spirituels. »

Anathème aux hérétiques nommés patarins, publicains, etc.

Concile de Rouen ^1189; :

Défense aux prêtres d'avoir des servantes.

86 LE s GAIETÉS l'.O.UAINES

Concile de Dalmatie (1199) :

Prohibition du mariage jusqu'au quatrième degré. Défense d'élever aux ordres les enfants et les bâtards des prêtres.

Concile de Londres (1200) :

Défense aux prêtres de célébrer deux messe? en un jour.

Concile d'Avignon (1209) :

Défense aux prêtres d'avoir des habits de couleur rouge ou verte (cette défense va être répétée presque aussi obstinément que celle d'avoir des concubines, ce qui prouve qu'elle était également inefficace).

Concile de Paris (1209) :

on brûle tous les livres d'Aristote.

Concile de Paris (1212) :

Défense aux clercs d'avoir des femmes chez eux. Les moines ne porteront plus de gants blancs; ils seront vêtus de blanc ou de noir et éviteront les chaussures magnifiques; ils ne recevront pas de femmes, ne joueront

pas à des jeux défendus, ne se querelleront pas, ne coucheront pas deux dans un môme lit.

Les religieuses n'auront point auprès d'elles de clercs ou de serviteurs suspects; elles coucheront seules dans un lit.

Les évoques et les archevêques cesseront d'avoir les cheveux longs « paraissant indécemment au-dessous de leur mitre »; ils n'entendront plus matines dans leur lit et ne tiendront plus de discours frivoles pendant l'office.

Concile de Montpellier (1515) :

On rappelle aux cvêques « une forme d'habit et de conduite irrépréhensible ». On interdit aux chanoines les mors de cheval et les éperons dorés, les étoffes rouges et vertes, les robes ouvertes et à manches pendantes, les bagues, etc. On ordonne aux prêtres « un renoncement à l'usure ».

Quatrième concile de Latran et douzième concile général convoqués parle pape Innocent ÏH,

88 LKS GAIETÉS ROMAINES

« pour la réformation des mœurs de l'Église ».

« Il n'y a dans la Trinité qu'une essence, une substance et une nature : le Père engendre, le Fils est engendré, le Saint-Esprit procède, tous trois sont consubslantiels et égaux en tout. Jésus-Christ est descendu aux enfers en àme et ressuscité en corps, et il est monté au ciel en l'un et en l'autre. »

« Il n'y a qu'une Église, hors laquelle nul n'est sauvé. Le pain est transsubstantiel au corps de Jésus-Christ, et le vin en son sang, a (C'est la première apparition du mot transsubslantiel, comme le mot comubstantiel date du premier concile de Nicée.)

Les hérétiques condamnés par l'Eglise seront livrés « au bras séculier » ; on avertira les puissances séculières de remplir cet office, et, au besoin, on les y contraindra par censures, excommunications et privations de leurs biens et terres.

« Un clerc sera puni plus sévèrement pour

incontinence s'il habite au pays où les clercs se marient. » On défend aux clercs les rubans d'or et d'argent et les bagues. On menace les clercs qui passent une partie des nuits dans les festins et dorment le matin à l'heure de matines.

Lorsqu'un malade fera' venir les médecins, ils l'avertiront, avant de lui rien ordonner pour sa santé, de pourvoir au salut de son àme.

Les enfants des chanoines, surtout les bâtards, ne pourront posséder de canonicats dans les mêmes églises.

On révoque la défense de contracter mariage dans le second et troisième genre d'affinité, et on restreint la défense au quatrième degré de consanguinité.

On a vu la défense de contracter mariage aller jusqu'au septième degré, elle concile de Tolède (531) la porter à tous les degrés.

La dime est de droit divin. Elle doit être prélevée sur toute la récolte avant les cens et tributs.

Défense de continuer à vendre des reliques des saints. Les évèques n'accorderont plus les indulgences aussi facilement. Il y avait des évèques qui, à la mort des curés, mettaient leurs églises en interdit, jusqu'à ce qu'on leur eût donné une certaine somme : on leur défend de continuer.

C'est le pape InnocentlIIqui disait : a Le pape est au-dessous de Dieu, mais au-dessus de l'homme. — Minor Deo, major homlne. »

Concile de Melun (1216) :

Le même pape Innocent III trouve mauvais que Philippe-Auguste donne des secours à son fils Louis, excommunié par lui.

Concile d'Oxford (1222) :

Les ecclésiastiques éviteront l'ivrognerie. Ils n'auront plus de concubines et ne légueront rien à celles qu'ils ont.

Défense aux religieuses de porter à l'avenir des voiles de soie , des aiguilles d'or, des habits traînants, des ceintures brodées. Dé-

BU» KES CONCILES Qi

fcnse aux clercs d'aller dans les monastères de filles sans bonnes raisons.

Concile d'Ecosse (12:2d) :

Les prêtres seront habillés décemment ; leurs habits ne seront ni rouges ni verts.

Le prêtre qui porte le viatique « fera l'ablution de ses doigts et fera boire l'eau au malade après avoir communié ».

Le curé engagera les malades à ne pas oublier leurs parents dans leur testament; on ne dansera plus aux obsèques des morts; il n'y aura plus ni jeux ni luttes dans les églises.

Concile de Narbonne (1227) :

Les testaments seront reçus par Içs curés.

Concile d'Arles (1234) :

Les évèques obligeront les seigneurs d'exterminer les hérétiques; les hérétiques seront livrés « au bras séculier ».

On établira dans chaque paroisse un prêtre et deux laïques pour inquisiteurs.

Concile de Tours (1230):

Les curés excommunieront les sorciers tous les dimanches.

Concile de Londres (1237) :

Les clercs quitteront leurs concubines dans le délai d'un mois.

Concile de Trêves (1238) :

Les prêtres n'auront plus de chapes à manches; on renouvellera tous les quinze jours les hosties consacrées. (Ce terme a déjà souvent varié.)

Défense aux clercs de deviner par l'inspection du feu ou du glaive. Tout religieux ou religieuse ayant commis le péché de la chair occupera la dernière place au chœur. — On bouchera chez les religieuses les portes suspectes et superflues.

Concile de Tours (1239) :

Les prêtres n'auront plus à leur service les femmes désignées sous le nom de pédissèques.

Concile de Lyon (1245) :

Présidé par le pape Innocent IV, réfugié à Lyon où il demeura six ans et demi.

Le pape excommunie et dépose l'empereur Frédéric II. — Le pape s'élève contre les dérèglements du clergé. •

Concile de Bordeaux (1255) :

On prive de sépulture les laïques qui ne payent pas à leur curé les droits qui lui sont dus.

On ne vendra plus de reliques.

Concile de Cognac (1258) :

Les femmes enceintes seront obligées de se confesser et de communier lorsqu'elles seront près d'accoucher. — Défense de danser dans les églises.

Excommunication contre les prêtres qui s'obstinent à garder des femmes suspectes dans leur maison; — contre les clercs ivrognes.

Concile de Cologne (1260) :

Défense de faire coucher des femmes dans le3 monastères ; les moines n'auront plus de lits de plume.

Concile de Vienne en Autriche (1267) :

94 LK.s GAIKTÉS ROMAINES

Les clercs concubinaires renverront leurs concubines dans le délai d'un mois. — Défense de tenir des marchés dans les'églises.

Concile de Sens (1269) :

On dénoncera publiquement les clercs concubinaires opiniâtres.

Concile de Lyon (1274) :

Présidé par Grégoire X.

Réunion de l'Église grecque. On ajoute au symbole Filioque, c'est-à-dire que le Saint-Esprit « procède aussi du Fils} et cela par une seule spiration ».

Concile de Langeais (1278) :

Défense aux prêtres d'avoir auprès d eux les enfants nés de leurs concubines.

Concile de Bude(1270j :

Les prélats ne paraîtront en public, ni à cheval ni à pied, sans avoir une tunique blanche ou couleur de rose sous une chape ; ils n'auront ni manchettes ni boutons ni agrafes d'or et d'argent; — les clercs ne tiendront plus de cabaret

Stîft LEï. CONCfLïg dans leurs maisons; ils auront chassé leurs concubines d'ici à trois mois. — Défense de vendre des reliques. Les enfants des clercs seront esclaves de l'Église.

Concile de Cologne (1280) :

On recommande aux clercs d'éviter la crapule et l'ivrognerie; ils n'auront chez eux que des parentes hors de soupçon; ils ne s'exciteront plus à boire les uns les autres.

Les prêtres auront chassé leurs concubines d'ici à dix jours.

Concile d'Avignon (1282) :

Personne ne fera son testament sans que le curé soit présent.

Concile de Rouen (1286) :

Les clercs ne porteront pas les armes sans permission de l'évèque.

Concile de l'Isle en Provence ^1288) :

Défense de transporter le blé avant que la dîme soit levée.

Concile de Saumur (1294) .

Les prêtres seront habillés décemment et n'auront pas d'habits de couleur.

Concile de Cologne (1310) :

Reproches aux prêtres concubinaires et corrupteurs de religieuses.

Concile de Vienne en Dauphiné (1311) :

Assemblé par le pape Clément V; on y excommunie les hérésies des fratricelles, des dulcinistes, des béguards et des béguines et birzoques. Le pape casse l'ordre des templiers, qui avaient été brûlés huit ans auparavant;

Concile de Rouen (1313) :

On défend aux prêtres l'usure, le luxe des habits, la fréquentation des femmes, le port des armes, etc.

Concile de Valladolid (1322):

Les évèques n'auront plus d'habits de soie. Excommunication des clercs concubinaires incorrigibles.

Concile de Tolède (1323) :

Aucun clerc marié ne portera cheveux ni

barbe longs, ni souliers dorés et entaillés, ni chapes rayées. On peutdiredeux messes en un jour. Si le prêtre laisse tomber à terre quelques gouttes du précieux sang, il les léchera, Concile de Tolède (1324) :

Les clercs sont rappelés à la décense des habits. Les prélats ne garderont pas chez eux les femmes de mauvaise vie appelées solsaderœ.

Concile d'Avignon (1326) :

Ceux qui inclineront dévotement la tête quand on prononce le nom de Jésus, gagneront dix jours d'indulgences. — Défense aux juges civils de juger des ecclésiastiques.

Les curés seront présents aux testaments de leurs paroissiens ; avant de distribuer les legs, on sera obligé d'appeler les évèques.

Concile d'Alcala (1326) :

Contre les clercs concubinaires.

Concile de Salamanque (1335) :

Contre les clercs concubinaires publics; il

•J* LES GAIETES ROMAINES

leur est défendu désormais de faire enterrer leurs concubines dans les églises.

Concile de Bourges (1336) :

Défense aux prêtres et aux religieux d'avoir des concubines chez eux.

Concile de Londres (13i-^ :

Défense aux prêtres de porter des cheveux longs, des habits courts, des ceintures précieuses, des bagues, etc. — Défense aux malades de donner ou d'aliéner frauduleusement leurs biens.

Concile de Paris [1346] :

Défense aux clercs de porter des bottes rouges, vertes ou bleues, aussi bien que des souliers avec des boucles d'argent, des bagues, etc.

Concile d'Angers .(1364] :

Défense aux évéques de se faire servir à table plus de deux plats et de porter des souliers à long bec.

Concile de Lavaur (13<;<X| :

Défense à un prêtre de célébrer la messe ave» son filir bâtard répondant à l'autel. — Défense

SUIt LES CONCILES 99

de vendre ou d'engager aux juifs les ornements d'église. — Indulgence de (rente jours pour réciter le matin à genoux et, au son de la cloche cinq Pater et cinq Ave*

Concile d'Oxford (1408) :

Défense aux prédicateurs de s'emporter conlre les vices et les dérèglements des clercs. — Défense de traduire les écritures en langue vulgaire. On ne publiera pas de livres sans l'examen de douze docteurs choisis par l'évêque.

Concile de Pise (1409) :

Deu'x papes, Grégoire XII et Benoît XIII; le

concile de Pise les dépose. Après les avoir fait

appeler à la porte de l'église, on élit Alexandre V.

Concile de Constance (1414) :

Présidé par le pape Jean XXIII et en présence de l'empereur Sigismond. Pour le moment, il y a trois papes.

Jean XXIII s'engage à renoncer à la papauté --si Grégoire XII et Benoit XIII y renoncent également.

Jean Huss accusé d'une horrible hérésie :

« L'église ne peut pas posséder de biens temporels ; »

« On doit communier le peuple sous les deux espèces ; »

« Le pain demeure pain après la consécration. »

Jean Huss vient à Constance soutenir ses opinions avec un sauf-conduit de l'empereur Sigismond; l'empereur, quoique présent, le laisse emprisonner, ainsi que Jérôme de Prague, son disciple; et, comme le pape et le concile les « livrent à son bras séculier »,il se fait un devoir de les faire brûler tous les deux sous les yeux des pères du concile.

Le pape hume l'odeur des victimes; puis, se rappelant qu'il est lui-même en cause, et que, si Grégoire et Benoit se démettent, il a promis à renoncer à la tiare, il se sauve la nuit, déguisé en postillon selon les uns, en cuisinier selon les autres.

Le concile le déclare atteint et convaincu d'avoir scandalisé l'Église par ses mauvaises mœurs; d'être schismalique , hérétique, etc. « Sur soixante et dix chefs d'accusation, on n'en lut publiquement que cinquante, les autres choquant trop la bienséance. »

Grégoire XII envoie sa démission ; on n'a plus que deux papes; alors, on élit le cardinal Colonna sous le nom de Martin V ; on a de nouveau trois papes.

Concile de Salzbourg (1420) contre les clercs

concubinaires.

Défense aux chanoines de causer pendant l'office.

Concile de Tort ose (1429) :

Défense aux prêtres de porter des habits rouges ou verts. On les menace de la prison s'ils retombent trois fois dans un concubinage notoire. Les chevaliers religieux doivent renvoyer leurs concubines.

Concile de Baie (1440 :

m LES GAIETÉS ROMAÏNFS

Au jour indiqué pour le concile, il ne s'y trouve que l'abbé de Yézelay ; il vint, quelques jours après deux légats du pape et le concile fut déclaré ouvert. Mais le pape Eugène IV dissout le concile, qui refuse de se séparer et menace le pape « de le mettre en pénitence ». On cite le pape Eugène à comparaître. Décret contre l'incontinence du clergé et contre les prêtres concubinaires publics. Des ambassadeurs de l'Église grecque, se rendant au concile de Bàle, sont interceptés par des agents du pape Eugène qui les enlèvent. Les prêtres doivent communier avec le pain et le vin, les laïques avecl'bostiede pâle. Défense de croire que Jésus-Christ, corps et sang, n'est pas tout entier dans l'hostie. On dépose le pape Eugène IV.

On élit pape Amédée, duc de Savoie, sous le nom de Félix V.

Eugène IV excommunie Félix, lequel excommunie Eugène.

Nicolos V succède à Eugène ; le schisme va

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