‹ Les Gaîtés du chat noirChapitre 10 sur 102 · PETITE PEINE · texte numérisé non relu

PETITE PEINE

Les mots les plus tendres jamais Ne diront combien je t'aimais,

Jeune maîtresse!

J'ai tant parlé pour t'émouvoir Lorsqu'en tes yeux je voulais voir

La sainte ivresse.

Les reproches ne servent point, Surtout quand on les fait de loin, Dès qu'on s'isole ;

Mais en songeant qu'aux jours passés Nous nous sommes bien embrassés, Je me console.

On m'a dit que j'avais été D'une grande naïveté

Envers toi-même, Et qu'avant de beaucoup aimer, Le cœur devrait mieux s'informer

De ce qu'il aime.

Encore un baiser, veux-tu bien?

Un baiser qui n'engage à rien :

Sans qu'on se touche.

Tu le rendras à ton amant En te figurant un moment

Qu'il a ma bouche.

Maurice Vaucaire.

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