VI LE CHAT NOIR
blason ou de vitrail, qui pose une patte dédaigneuse sur une oie effarée. Ce chat représente l'Art, et cette oie la Bourgeoisie.
Mais, contrairement aux traditions, cette oie et ce chat ont eu ensemble les meilleurs rapports. L'oie, reçue chez le chat — non gratuitement — s'est crue en pays de bohème ; et c'est, en somme, le chat qui a galamment « exploité » Foie, tout en l'amusant, et même en lui ouvrant l'intelligence.
Le Chat-Noir a joué son rôle dans la littérature d'hier. Il a vulgarisé, mis à la portée de l'oie une partie du travail secret qui s'accomplissait dans les demi-ténèbres des Revues jeunes.
Il a été des premiers à discréditer le naturalisme morose, en le poussant à la charge. Il a, je ne dis point inventé (car nous avions eu Richepin, et, avant Richepin, Alfred Delvau), mais rajeuni et propagé le naturalisme macabre et farce, par les chansons de Jules Jouy et d'Aristide Bruant. Il a révélé aux gens riches et aux belles madames la « poésie » des escarpes et de leurs compagnes,