ODELETTE D'ÉTÉ
Les vers légers sont de bon goût, L'été... Chantons une odelette.
Dont chaque strophe tombe en gouttelette.
Et que ces vers soient un écho Des bruits de Tonde sur les plages ; Tels ceux que gardent certains coquillages.
Ils croqueront de ci, de là, Des tableautins pris sur nature, Simplement, sans système, à l'aventure.
Voici la plage du Prado.
Des guerriers nus selon l'antique.
Vont y baigner le coursier domestique.
Le flot recule épouvanté, Gomme en un récit légendaire,.
Car ces cavaliers ont l'air téméraire !
Autour d'eux un nageur hardi Fait la volte, et sa jambe nue Tantôt s'allonge, tantôt diminue.
A la fin il reste allongé ; Et ventre au clair, poitrine creuse, Il flotte en paix sur l'onde généreuse
Un galantin, finement pris, Sort de l'eau de façon savanto,
Laissant la Mer encore frissonnante...
Avec un geste bien senti, Offrant ses charmes qu'il étale, Il trouble plus d'une sentimentale.
Les femmes ont de petits cris En se mettant au bain... Douillettes, Elles craignent d'en sortir rissoleltes.
En costume bouffant et court, Elles sont toutes (paysannes, Grandes dames, vierges et courtisanes)
Egalement tentantes... Puis, La femme se baigne, humble ou fièrc> Pour faire un peu l'école bulfsonnière.
Comme elles vont timidement, Avançant une main légère !...
Prenez garde ! la Mer est mensongère !
En sortant du bain elles ont Des frayeurs vraiment attrayantes Bras fermés sur les gorges ondoyantes,
Elles passent au beau milieu Des amateurs, et, ruisselantes, Rougissent comme des sous-lieu-
tenanlcs !
Je chanterais leurs noms... mais bah !
Où sont les Vénus immorlelles ?
Mieux vaut leur dédier ces bagatelles.
Auguste Marin.