JEHOVAH
Eh bien?
ADAM
Eve est si belle f
DE LA BIBLB.
La pomme est si douce avec elle !
jéHOVAH.
Il &udra payer sa douceur.
Homme ingrat, et vous sa complice.
Vous, dont Téquivoque rougeur Et dont le petit air boudeur Semblent m'accuser d'injustice, Sortez de ces heureux jardins, Sortez sans détourner la tête.
Sortez donc ; ce séjour honnête N*est pas fait pour des libertins. »
A cette verte réprimande.
Il ajouta ce mot dernier :
< A propos, je vous recommande De croître et de multiplier. »
Sexe charmant, à votre empire Insensé qui s'opposera.
Eve elle-même vous légua Le don de plaire et de séduire.
Aux lèvres de son jeune époux, Lorsqu'en riant sa bouche humide Offrit dans un baiser timide Le fruit qu*elle rendait si doux.
Malgré la menace cruelle D'un maître qui savait punir,
n voulut se perdre avec elle.
Avec elle il voulut mourir.
Maudit par son juge sévère, Sans secours errant sur la terre, n disait avec un souris :
€ Eve, tu m'aimes, je t'adore.
Et le baiser nous reste encore ; Crois-moi, voilà le paradis. »
O du ciel profonde sagesse !
A la honte de notre espèce, Le premier né du genre humain Fut un brigand, un assasin.
Caïn teint du sang de son frère, Maudit de Dieu, n*y pensant guère.
Au loin habita d'autres champs.
Il les peupla ; car les méchants, Race prolifique et féconde.
Savent peupler ce triste monde Bien mieux que les honnêtes gens.
Soit caprice de la nature.
Soit faveur d'un climat heureux, Ses enfants d'énorme stature En firent de plus vigoureux.
La terre, de fruits appauvrie.
Légèrement les nourrissait.
Force et paresse, comme on sait, Vont très-souvent de compagnie :
Mangeant beaucoup, travaillant peu.
Ces messieurs pourtant voulaient vivre Et devinrent, dit le gros livre.
De fameux chasseurs devant Dieu.
Ils s'emparèrent des montagnes, Des cavernes et des forêts, Et leurs pieds n'écrasaient jamais Le gazon des vertes campagnes.
D'Abel les enfants plus mignons Subsistaient d'une autre manière :
Ils habitèrent des vallons Arrosés par une onde claire ; Leur adresse éleva des toits ; Leurs troupeaux couvrirent les plaines :
Libres dans leurs riches domaines, Ils étaient tous bergers et rois.
Enfin, après longues années.
Un géant qui chassait un daim Devant lui trouve le Jourdain, L'enjambe, et voila mon vilain Dans ces campagnes fortunées.
On peut juger s'il fut surpris !
De ses deux gros yeux ébahis
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