‹ Les GaléniennesChapitre 14 sur 43 · C. — Le rêve · texte numérisé non relu

C. — Le rêve

... C’est ainsi qu’en la paix d’une profonde nuit, De grâce poétique exquisement parée,

LES FLEURS

La tendre Béatrice à mes yeux s’est montrée :

Ses malheurs n’avaient pas altéré sa beauté ;

Même elle avait encore, au front, la pureté Qui donnait un éclat si chaste à son visage !...

— De réparer des ans l’irréparable outrage,

Elle avait négligé de prendre le souci.

La Jeunesse éclatait en elle, comme si La Mort n’avail jamais effleuré de son aile L’éclatante blancheur de sa grâce éternelle :

« Oui, Dante, reprit-elle, est satisfait de toi ;

« Il veut que cette nuit, en rêve, et sous ton toit,

« Un ballet soit dansé par les fleurs elles-mêmes...

« Les Nymphes vêtiront leurs plus coquets emblèmes ; k Pan sifflera, narquois, ses sifflotis moqueurs,

« Tandis que, capricants, les Satyres vainqueurs « Feront, en gambadant, de sublimes folies!...

« Je frappe les trois coups !... Les douces Harmonies « Vont s’épandre à torrents !... Les parfums enivrants « Vont jeter dans les airs leurs souffles odorants !

« Cambrant sa taille, Eros, dieu des divins mystères, « Va, de ses doigts nerveux, déchirer les anthères « Et le Soleil, venu par ordre de F Amour,

« Répandre-en gerbes d’or ses rayons alentour !

" Admire et souviens-toi !... »

... C’est alors que, dans l’ombre.

Tout à coup, j’aperçois un spectacle inouï !

Je tressaille, — et j’ai peur, tant je suis ébloui !

Des fleurs ! des fleurs encore ! et des fleurs dont le nombre Couvre le sol jonché de splendides couleurs.

— (Oh! le pays de Rêve, ignoré des Douleurs!..)—

Un chant joyeux s’élève!... Et voilà que commence Le ballet merveilleux, où, de son art immense,

Le Maître a répandu les trésors à foison....

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