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PHARMACIENNE
Et c’est sur ce souhait que, fort ingénument, J’achèverai mon conte aussi long qu’inutile'...
1. Ce dernier vers est sans rime; il n’est pas sans raison. (Note des Éditeurs.)
LES TROIS ARCHES
Noé, dit la Genèse en son chapitre Six,
Venait, à cinq cents ans, d’engendrer ses trois fils : Monsieur Sem, Monsieur Cham et J aphet, dit le Sage, Quand Dieu lui fit tenir cet effarant message :
— « Navré devoir mes fils, autrefois vertueux, - « Abriter en leur lit l’amour incestueux « Et dans l’œuvre de chair se vautrer sans vergogne,
« L’un comme un vil pourceau, l’autre comme un ivrogne,
« J’ai décidé : Primo, de limiter leur temps ;
« Ils ne vivront jamais plus loin que cent vingt ans; « Secundo : regrettant d’avoir créé leur race,
« J’en veux exterminer jusqu’à la moindre trace.
« J’exterminerai tout : l’homme et les animaux,
« Les puces et les rats, les lapins, les chameaux,
(( Et les oiseaux du Ciel qui chantent mes louanges, « Les rossignols jaseurs et les douces mésanges.
• « La terre même enfin, les hameaux, la cité,
« J’exterminerai tout! Seul, par ma volonté,
« Tu resteras vivant; je t’en ai jugé digne!
— « Seigneur, cria Noé, sauvez au moins la Vigne !
Mais l’envoyé de Dieu reprit à haute voix :
— « Aidé de tes trois fils, tu vas, au fond des bois,
Couper le cèdre altier et mettre à bas les chênes, Car mes décisions de sévir sont prochaines.
LES TROIS ARCHES
a Tu construiras une arche en forme de maison,
< A trois étages clos d’une seule cloison.
K Pour éviter l’impôt des portes et fenêtres,
« Une porte au côté, dont les vents serontmaîtres ;
« Une lucarne en haut, d'où tombera le jour,
« Et, pour rendre plus sain votre nouveau séjour,
« Suivant des nautonniers la prudente coutume,
« Vous l’enduirez, dehors et dedans, de bitume.»
L’Ange ajouta : —« Dès lors, vous embarquerez tous,
« Toi, ta femme et tes fils, qui sont de bons époux,
« Tes brus aux cheveux roux, que le Seigneur estime,
« Et dont il bénira la coüche légitime.
« Puis vous prendrez, parmi tous les animaux purs,
« Sept mâles vigoureux aux reins souples et sûrs,
( A qui vous donnerez sept fécondes femelles;
« Puis sept oiseaux et sept oiselles.
;< Des animaux impurs, vous en retiendrez deux,
« Deux serpents, deux hiboux et deux vautours hideux, « Et quand ils seront tous emprisonnés dans l’arche, k Je crierai, de ma voix divine: En avant, Arche! » —
Noé courba le front et dit : — « C’est entendu ! »
Et quand l’Arche fut pleine et que l’ordre attendu Eut été proclamé par le Suprême Juge,
La Terre disparut sous les flots du Déluge.
Pendant quarante jours, pendant quarante nuits,
Sous l’éclat répété d’épouvantables bruits,
Les fleuves et les mers et les ondes célestes Emplirent l’Univers de leurs torrents funestes.
Pendant ce temps Noé gouvernait son esquif Et priait... Mais soudain son front devint pensif
Car, ayant dénombré ses multiples recrues,
Il vit en supplément un bataillon de grues !..
Or, ainsi que chacun le sait.
Tandis que ceci se passait Au pays merveilleux des légendes bibliques, Zeus agissait de même aux rives helléniques Contre les Grecs, ses fils, qui l’avaient irrité.
LES TROIS ARCHES
Il répandit, de son côté,
L’Outre énorme où dormaient les Ondes :
L’Hellade disparut sous leurs vagues profondes Et le morne horizon s’éteignit dans la nuit.
Mais Prométhée, à qui l’on doit le'court-circuit, De l’ouragan céleste ayant pris l’étincelle, Éclaira l’ombre universelle D’un rayon lumineux qui rétablit le jour Et fit s’envoler le vautour Qui, de son rostre aigu, lui dévorait le foie/.
Ce que voyant, ravi, le cœur rempli de joie , ZEüs dit: cc J’épargnerai ta génération.
« Voici ton fils Deucalion, .
« 11 est vivant ! — Pyrrha, sa compagne fidèle,
« Est vivante! Et je veux qu’il soit sauf avec elle. « Je t’ai puni quand tu ravis le feu du Ciel,
« Mais je veux oublier ce péché véniel,
« Car j’ai compris ton geste auguste, poétique « Et pratique :
« En unissant le positif au négatif « Tu fis de l’éclair fugitif « Un créateur puissant de vie et de lumière.
« La ville, le palais, la route, la chaumière « Brilleront de tes feux quand le jour aura fui :
« Tu fus grand entre tous, toi qui vainquis la nuit! »
Or, tandis qu’il parlait, un éclair dans la nue Resplendit de nouveau. Puis tout se tut. Alors Sur les flots en courroux, naviguant sans efforts, Apparut un vaisseau, construit par Prométhée. Deucalion, son fils, la face souffletée Par les vents, s’y tenait, fixant l’ombre, et Pyrrha Pâle, le regardait. — Le Ciel se déchira
Brusquement... Un point noir se dressa dans l’espace. Un choc les fit trembler. La cime du Parnasse Etait là sous leurs yeux, et Thémis au sommet.
Elle les accueillit et leur dit le secret De la Rédemption de la race future :
Sur son ordre chacun saisit, dans l’ossature Du mont majestueux, des pierres, des cailloux. Pyrrha les arrachait, rampant sur les genoux; Deucalion, plus fort, les prenait par brassées.
De ces pierres, par eux promptement amassées, Chacun en saisit une et, d’un geste assuré,
Sous le firmament azuré,
La lança d’un coup sec par-dessus son épaule.
Us jetèrent ainsi, longtemps, à tour de rôle,
Tout le tas derrière eux. Et quand Deucalion Se retourna, ce fut toute une légion D’Hommes, le front encor souillé par la poussière Qui se leva d’un bond acclamant la lumière !
Hors-texte N° 14
LES TROIS ARCHES
De ces pierres, par eux promptement amassées. Chacun en saisit une et, d’un geste assuré, •
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La lança d’un coup sec par-dessus son épaule.
(Page 146)
Composition originale de LÉON LEBÈGUE.
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Or, tandis qu’il parlait, un éclair dans la nue Resplendit de nouveau. Puis tout se tut. Alors Sur les flots en courroux, naviguant sans effori -. Apparut un vaisseau, construit par Prométhia. Deücauon, son fils, la face souffletée Par les vents, s’y tenait, fixant l’ombre, et Pvrrs •
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De ces pierres, par eux promptement amassées, Chacun en saisit une et, d’un-geste assuré.
■ Sous le firmament azuré,
La lança d’un coup sec par-dessus son épaule.
Us jetèrent ainsi, longtemps, à tour de rôle,
Tout le tas derrière eux. Et quand Deucàuok S e retourna, ce fut toute une légion . D’Hommes, le front encor souillé par la pou ; hère
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LES TROIS ARCHES
Des pierres de Pyrrha sortaient en même temps Des femmes aux seins palpitants.
Les eaux se retiraient. Sous les célestes voiles Le ciel se constellait d’innombrables étoiles;
Des hosannas joyeux succédaient aux sanglots Et la Lune apparut, vivante, sur les flots.
D’un pôle à l’autre, l’harmonie Se trouva bientôt rétablie.
Un arc immense et merveilleux Tendit son prisme dans les cieux, Et la Terre émergeant de l’Onde Reprit sa course par le Monde.
A ce moment, Noé débarquait sa maison.
Mais voici que soudain parut à l’horizon Une troisième nef, habilement conduite,
Et qui vint, voile au vent, se ranger à sa suite.
De ses flancs s’élevait une clameur joyeuse ;
Son approche mystérieuse Faisait écarquiller les yeux de Jéhovah.
Zeus dans l’Olympe se sauva Et courut annoncer cette étrange nouvelle Au vieil Argus, son argousin fidèle.
Celui-ci, survenant, surprit le nautonnier Tenant ce discours singulier :
— Jéhovah ! toi qui fis mes traits à ton image Laisse-moi tout d’abord te présenter l’hommage De mon humble respect et de mon cœur mortel : Voici l’encens sacré, ravi pour ton autel.
— Appelle ici, Noé, tes sept fils et tes filles ! Pyrrha, Deucalion, rassemblez vos familles !
Argus va-t’en chercher tes dieux au fond des bois Et tous formez le cercle, attentifs à ma voix:
— Contre les maux qui vont sévir sur cette terre, Humains, je vous apporte un secours salutaire; J’apporte le remède avec la guérison !
Hors-texte N° 15
LES TROIS ARCHES
Et la lune apparut, vivante, sur les flots !
(Page 1473
Composition originale de Ad. LA LYRE.
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A ce moment, Noé débarquait sa maison.
Mais voici que soudain parut à l’horizon Une troisième net', habilement conduite, hit qui vint, voile au vent, se ranger à sa suite.
De ses flancs s'élevait une clameur joyeuse ;
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Faisait écarquillerles veux de Jéhovah.
Zeus dans l’Olympe se sauva
Au vieil Argus, son argousin lidèle.
survenant, surprit le nautonnier Tenant ce discours singulier :
— Jéhovah ! toi qui fis mes traits à ton image Laisse-moi tout d’abord te présenter l’hommage De mon humble respect et de mon cœur mortel : Voici l’encens sacré, ravi pour ton autel.
— Appelle ici, Noé, tes sept fils et tes filles ! Pyrrha, Deucalion, rassemblez vos familles!
Argus va-t’en chercher tes dieux au fond des bois ■Ht tous formez le cercle, attentifs à ma voix :
— Contre les maux qui vont sévir sur cette terre, Humains, je vous apporte un secours salutaire;
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LES TROIS ARCHES
Potardus est mon nom. Toute la cargaison Qui grouille et remplit cette cale,
C’est la Matière Médicale!
Ce coffre immense est mon herbier; Voici ma ruche et ses abeillçs,
Admirez mon vaste droguier,
Et contemplez-en les merveilles.
Vos lèvres goûteront ce miel,
Vos yeux guériront par ce baume !
Ce bœuf vous apporte son fiel Et cet oranger, son arôme.
Mes poules vous pondront des œufs, Dont vous ferez des laits de poule.
Vénus m’a donné ses cheveux Le Dieu Mars m’a cédé sa boule 1 2 .
Cet onctueux blanc de baleine,
Deux cachalots déterminés Me l’ont, retenant leur haleine, Retiré chacun de leur nez 3 .
1. Cheveux de Vénus (Nigella damascana). (Renonculacées.) On les dit quelque peu aphrodisiaques.
2. Boules de Mars. Petites masses forméés de tartrate de potasse et de fer uni à des matières extractives et aromatiques empruntées à diverses labiées.
3. Le Blanc de Baleine est retiré de l’huile grasse enfermée dans les cavités constituées par une hypertrophie de la narine droite du cachalot. (Pouchet.)
Ce chevrotin, petit et mièvre,
M’a dit, en m’offrant son rectum :
— « Afin de soulager ta fièvre,
« Cueille le musc en mon scrotum. »
— « Aux trop lascives ménagères « Victimes des assauts subis,
«Je fais cadeau de mes ovaires, »
A dit, en bêlant, la brebis.
De l’escargot, venant sans hâte, Portant sur son dos sa maison, J’ai, pour la toux, fait une pâte D’escargot, comme de raison.
Voici venir les cantharides Qui te rajeuniront, Noé;
Pour ta peau, couverte de rides, Voici le piquant méloé ;
Dame Vénus, déjà nommée,
M’a remis son divin nombril 1 ; Pour rassurer la Très-Aimée, Voici les feuilles du persil 2 .
1. Cotylet , Gobelet ou Nombril de Vénus (Cotylédon umbilictis). Prôné en Angleterre comme antiépileptique. C’est un diurétique.
2. L'essence du persil contient Vapiol, emménagogue réputé. On le trouve plus particulièrement dans les semences ou dans les fruits.
LES GALÉNIENNES Hors-texte
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chevrotin, petit et mièvre, i dit, en m’offrant son rectum :
« Afin de soulager ta fièvre,
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— « Aux trop lascives ménagères « Victimes des assauts subis,
« Je fais cadeau de mes ovaires, »
A dit, d§ bêlant, la brebis.
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Voici venir les^gatllharides Qui te rajeuniront^ Noé ;
Pour ta peaujcoii'erte de ridei, Voici le piquaglt ngêloé ;
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M’a remis son divin nombril 1 ; Pour rassurer la Très-Aimée, Voici les feuilles du persil 2 .
1. Cotylet, Gobelet ou Nombril de Vénus {Cotylédon n liens). Prôné en Angleterre comme antiépileptique. C’e» diurétique.
2. L'essence du persil contient Vapiol, emménagogu: puté. On le trouve plus particulièrement dans les semenc : dans les fruits.
LES TROIS ARCHES
A mon appel est accourue En famille et serrant les rangs,
Son éminence la Morue
Dont l’huile alourdissait les flancs.
Ces Algues grasses et moussues Renferment l’iode en leurs plis;
Des hermaphrodites sangsues Voici les suçoirs de grand prix.
Ce brave cochon, lame en joie M’a dit, en plissant ses yeux doux ;
« Mon grand frère, voici ma soie,
« Mes pieds, ma tête et mon saindoux. »
Le poil souillé de larges taches,
Ruminant leur rêve éternel,
Fermant le cortège, mes vaches Vous tendent leur pis maternel.
Enfin, dit Potardüs d’une voix solennelle,
Je n’ai pas oublié le maître de ce lieu Et voici, pour sa part, la tendre coccinelle :
Ce sera la bête au bon Dieu ! » —
— Le Maître des humains, le front ceint d’auréoles, Sourit en entendant prononcer ces paroles Et, de son verbe grave, à l’éclat sans pareil, Répondit : “ Moi, mon fils, je t’offre le SOLEIL ! ”
RIMES DE JEUNESSE
a) . — NAISSANCE DE LA MUSE DE MONTMARTRE
b) . — PARALLÈLES ET PARADOXES SUR LE RÈGNE