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GALERIE FARNÈSE

n ii peu de l’idéal qu’un Raphaël y aurait mis. La composition se divise sans affectation en trois groupes, très-heureusement liés entre eux, et elle s’arrange avec une symétrie, une pondération, qui enchantent d’autant plus les yeux, qu’elles sont cachées; le dessin des nus est mâle, souple et correct; et, bien que l’effet de la décoration ait été le principal objet du peintre, il n’est pas une tête, pas une attitude, pas un geste, qui ne soit expressif. Toute la figure de Galatée respire la passion qui remplit son cœur; les belles Néréides qui la suivent, assises sur des dauphins, paraissent animées d’un amour plus sensuel et sont promises à la volupté.

Les robustes fi 1s de Neptune, et le Triton qui tient dans ses bras Galatée, semblent la garder avec envie peur des amants plus dignes d’elle. La science anatomique, la sûreté, la précision du modelé, Garrache les a. montrées avec complaisance dans le beau torse du Triton qui sonne de la conque marine, et qui fait tant de bruit qu’un des Amours s’en bouche les oreilles en souriant. Ouant à l’exécution de ce morceau comme de tous les autres, car il faut dire que tout paraît touché d’une seule et même main, on y reconnaît cette belle manière de rendre lu nu que les Garrache avaient contractée en étudiant de près le Corrége, et ces empâtements habiles qui mêlent à la limpidité de la fresque l’aspect flatteur, onctueux et ferme, de la peinture à l’Imile.

ROME

En regard de la G alat-èe , sur l’autre face de la galerie, esl représenté l'Enlèvement de Cépliale par l’Aurore. Avec cpiel amour elle se penche sur l’amant qui la dédaigne, avec quelle jalousie elle lit dans ses yeux le souvenir de Procris qu’il lui préfère, et comme elle le tient tendrement pressé dans ses bras voluptueux, comme elle le caresse de ses doigts de rose! Il est douteux si Raphaël lui-même a poussé beaucoup plus loin l’éloquence de la pantomime, l’énergie et le naturel de

l’expression Cependant le vieux Triton dort du sommeil des maris, et l’Amour

s’envole en emportant un panier de fleurs.

Quatre compositions de forme carrée, symétriquement placées deux à deux, accompagnent les grands tableaux de (/(datée et de l’Enlèvement de Cépliale. Ici , Jupiter reçoit dans son lit nuptial la froide Junon; là, Diane, caressant le sommeil d’Endymion, fait sourire deux Amours cachés clans un bocage; mais, plus semblable à une matrone éplorée qu’à une déesse amoureuse, cette Diane peu chaste n’est guère plus intéressante pour le spectateur que pour le berger que ses tendresses ne réveillent point. Anchise et Vénus, Hercule et Iole , font les sujets des deux autres compositions; la première est pleine de fraîcheur et de volupté : le père d’Énée ôte à Vénus un de ses cothurnes, et nous arrivons ainsi au moment qui précède l’amour; la seconde nous montre Hercule habillé en femme et jouant du crotale, tandis que son amante s’est ironiquement armée de la terrible massue et a revêtu la peau du lion de Némée. Le peintre a rencontré dans ces deux fresques la grâce de la pensée et la grâce de la forme.

Les peintures qui décorent les deux extrémités de la voûte sont relatives à l’histoire de Polyphénie. On voit, dans l’une, le cyclope jouant de la flûte de Pan pour attendrir celle qu’il aime; dans l’autre, Polyphénie lançant un rocher sur Acis < j i li s’enfuit avec Galatée. Ce Polyphénie est d’un caractère de dessin très-mâle, bien «pi'un peu vulgaire. Carrache s’est servi de l’Hercule antique, mais en y mêlant un naturalisme de forme qui en a diminué la noblesse. Telles sont les onze grandes fresques de la galerie Farnèse; mais nous n’avons point dit quels étaient les sujets des deux tableaux octogones qui ornent le plafond de chaque côté du Triomphe do Bacchus et d’Ariane. L’un représente le dieu Pan qui offre la laine de ses chèvres à Diane; l’autre, Mercure remettant la pomme d'or à Paris. Ce dernier morceau est un des plus charmants de la galerie. Le Mercure vole bien; le raccourci de cette figure est des plus heureux; il n’a rien de forcé ni do bizarre, et no présente point ces monstruosités d’optique dans lesquelles si* complaisent quelquefois les mailres <pii ont voulu faire parade de leur habileté à plafonner. Carrache est savanl , mais cette fois sans pédantisme. Son Pâris est modeste et naturel , les lignes sonl bien agencées, et le chien vient à propos balancer cette composition si bien terminée par un agreste paysage. Mail petites fresques et huit médaillons peints

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