MUT
aclie
tominiquin et I
Mtnfrane. Enfin, au-dessus de 1
la j
>orte
d’entrée
, une <
Lumière
fres< |
[ne e
xé
entée p;
u* ce
même Dominiquin attire
1 les
re
gard
s, tant
par sa
touche
un |
ieu 1
ai
hic
■ que
par 1
a singularité du sujet.
C’est
la
dev
ise enih
léinath
pie des
Farnèse :
ne
jeune
* fille (
un brassant une licorne..
. . Annil
arrache
passa 1
mit ans
de s
a vie
mcnei
• à fil
i ce grand ouvrage, ai
nsi <
pi’;
i pe
indre ce
rtains
travaux
ROME
d’Hercule et quelques-unes des aventures d’Ulysse, dans un cabinet voisin de la galerie. 11 pouvait croire qu’une telle machine assurerait l’aisance sinon la fortune à sa vieillesse, comme elle assurait l’immortalité à son nom. 11 fut trompé dans un espoir si légitime. Le cardinal Farnèse n’eut pas honte de lui donner pour tout payement cinq cents écris romains ! L’humiliation de recevoir un si vil prix fut pour Carrache un déboire mortel. 11 crut y voir moins un trait d’avarice qu’un témoignage du peu de considération qu’on avait pour son talent, et du mépris qu’inspirait son œuvre, et peu de temps après il en mourut de chagrin. C’était en 1609 : il n’avait que quarante-neuf ans. Sa dépouille mortelle fut portée au Panthéon, à coté de la tombe de Raphaël. Une inscription touchante, rappelant son génie, que tant de magnifiques peintures rendaient impossible à oublier, a flétri pour jamais la dureté de son Mécène.
Oui, la galerie Farnèse a placé le Carrache au rang des grands peintres, et il s’en faut de peu qu’il ne s’v soit élevé à la hauteur de Raphaël, ou du moins du Raphaël de la Farnésine. Des études profondes qu’il avait faites à Venise d’après le Titien, à Rome d’après le Corrége, au Vatican d’après Raphaël et Michel-Ange, et dans tout Rome d’après l’antique, il se forma une manière savante et digne, on ne peut plus convenable à la décoration poétique d’un palais. Malvasia nous apprend, du reste, qu’Annibal Carrache ne lit pas une seule de ses figures sans avoir consulté le modèle; ce fut un tort peut-être, car il en résulte dans les formes une réalité qui en appauvrit le style, et il est à croire qu’au degré de science où il était parvenu, ce grand artiste aurait pu oublier un peu la nature, et se serait ainsi maintenu dans les régions élevées de l’idéal , de cet idéal si charmant dans toute peinture qui retrace les épisodes merveilleux de la fable antique.
Il y avait à Rome, du temps de Raphaël, un banquier fameux, qui, par son opulence et son amour pour les arts, s’égalait aux Médicis. Il s’appelait Agostino Cliigi. Natif de Sienne, où étaient sa maison de banque et le siège de son immense commerce, il avait été souvent appelé à Rome par ses affaires, et il était devenu le créancier des princes et des papes, l’ami de Raphaël, h* Mécène gracieux des artistes. Sous le pontilicat de Jules II, il avait établi sa résidence à Rome, et à la mort de ce pontife, qui l’avait admis dans sa famille, il avait eu l’art d’obliger Léon X et de s’en faire aimer. Comme tous les princes italiens, Cliigi voulut avoir une maison de campagne, une villa; il acheta donc un vaste jardin sur la rive droite du Tibre, cl au bord du fleuve, et à l’endroit même où furent autrefois les jardins de Ceta , il lit bâtir par le célèbre architecte
ROME
siennois, Balthasar Peruzzi , un casino délicieux où il résolut de réunir tout ce que peut enfanter de plus charmant le génie des arts. Peruzzi était, pour ainsi dire, le Raphaël de l’architecture ; il s’était pénétré de l’antique et il savait l’approprier avec un goût vraiment exquis aux intentions de ceux qui mettaient en œuvre son rare talent. Comprenant qu’il s’agissait d’élever un temple au plaisir, il construisit un palais élégant, formé de deux avant-corps et d’un portique à cinq arcades, et décoré de pilastres doriques auxquels, par une heureuse licence, l’habile architecte donna une longueur inusitée. L’étage supérieur était de l’ordre ionique, orné de modifions, d’une frise à bas-reliefs d’enfants, et couronné d’une belle corniche.
Le palais terminé, Cliigi appela trois grands artistes pour décorer les murs et les voûtes. 11 lit venir de Venise un puissant coloriste, Sébastien del Piombo, et lui confia les peintures du rez-de-chaussée de la loge; il lit peindre certaines parties par Balthasar Peruzzi lui-même , car ce grand architecte était aussi un excellent peintre; enfin Raphaël fut chargé de tout le haut de la loge. 11 y représenta les principaux traits de la fable de Psyché, telle qu’elle est racontée par Apulée. Les espaces dont il pouvait disposer étaient les lunettes des arcs distribués autour de la. voûte, les voussures, c’est-à-dire les retombées des arcs, et le plafond général. Dans le plafond, qu’il divisa en deux vastes compartiments de forme oblongue, Raphaël peignit l’Assemblée des dieux, devant laquelle Vénus et l’Amour viennent plaider leur cause , et le Banquet des dieux ou les Noces de Psyché et de l'Amour. Les deux grands morceaux sont mis au nombre des chefs-d’œuvre de Raphaël , et si on les considère sons le rapport de la composition et du dessin, ils sont eu effet d’une rare beauté. Aussi noble que la plume d’Homère, le pinceau de Raphaël nous montre les dieux de l’Olympe animés de passions humaines, mais revêtus de formes divines ou du moins de formes héroïques. Chaque dieu est caractérisé de manière à être sur-le-champ reconnu, non pas seulement par ses attributs consacrés, mais par sa physionomie , par ses proportions ; chacun est idéalisé , suivant le rang qu’il occupe dans la mythologie, et, pour ainsi dire, selon la mesure de sa divinité. On a trouvé, avec raison, que Minerve était jolie et un peu trop jeune, que les ligures de Diane et de .limon laissaient à désirer plus d’élévation dans le type, que Mars paraissait efféminé , que Vénus manquait de sveltesse et d’élégance ; mais que de grâce dans le groupe de Psyché et de Mercure! One de finesse et de charme dans le prolil de Bacchus ! Comme Hercule est lier, et quel grand caractère dans la tète du Tibre ! Avant Raphaël ou après lui , personne n’aurait peint le Banquet dos dieux avec autant de dignité, de convenance et de poésie. 11 faudrait remonter jusqu’à la peinture dos Crées, telle que nous pouvons la deviner d’après la statuaire antique, pour imaginer une plus belle réunion de figures, que ce banquet servi par les O races, retentissant des accords de la lyre d’Apollon et charmé par les Muses