AMOUR PORT \ NT LES VTTR IRUTS DE MERCURE
d’encadrement à ces compositions triangulaires en même temps qu’elles recouvrent les arêtes de la voûte. Ces festons, peints avec beaucoup de vérité et de fraîcheur, sont de la main de ce même Jean d’Udine, élève de Raphaël, qui exécuta tous les grotesques et toutes les arabesques des loges du Vatican.
Longtemps exposées aux intempéries de l’air, ces fresques fameuses en souffrirent beaucoup, et déjà au xviic siècle elles étaient si endommagées qu’il fallut leur faire subir une restauration. Ou choisit heureusement un peintre fort habile, plein de
ROME
respect pour Raphaël, plein d’amour pour son art, Carie Marotte. Mais, quelque discrétion qu’il ait mise dans son travail, on 11e peut disconvenir que l’harmonie primitive de l’ouvrage n’en ait été visiblement altérée, surtout par un certain bleu d’outremer dont il a rechampi les fonds de ciel sur lesquels se détachent les figures. Il faut bien le dire, au surplus, la peinture de toutes ces fresques n’est pas de la main de Raphaël. Distrait par d’innombrables travaux, chargé de la surveillance des antiquités de Rome et des fouilles qu’on y pratiquait alors par l’ordre du pape, occupé à Saint-Pierre, appelé chaque jour au Vatican, ce grand homme dut certainement abandonner à ses élèves Jules Romain, François Penni , Rafaellino del Colle et autres, l’exécution de presque tous ces morceaux. Voilà comment s’expliquent ces tons crus, ces chairs rouges, qui attristent la plupart îles fresques de la Farnésine. Quelques -unes ont conservé la fraîcheur de leur ton et semblent révéler la main du maître; l’on peut citer, par exemple, Vénus montant au ciel sur son char, et l’Amour montrant Psyché aux trois Grâces. Du reste, la beauté du style , le grand caractère du dessin suffisent ici pour enchanter l’esprit et les veux, et pour consoler amplement le spectateur bien organisé, de ce qui manque au procédé matériel et à la couleur. Quoi de plus élégant, de mieux jeté, de plus aérien que le Mercure ! Ne dirait-on pas que ce Mercure est le modèle qui inspira Jean de Pologne lorsqu’il lit sa fameuse statue, si connue par les réductions et les moulages que l’on en voit partout? Quelle conception à la fois naïve et imposante que celle de Jupiter embrassant l’Amour! Il y a là un mélange, tout à fait imprévu et qu’on peut dire sublime, de la tendresse d’un père avec la majesté d’un dieu. Morceau à jamais admirable, dans lequel se trouvent mariés, avec un bonheur unique, la grandeur de l’art antique et le sentiment particulier à l’art moderne !
Mais il est une fresque de Raphaël où l’on croit sentir le souffle du génie antique, c’est le Triomphe de Gcil citée. Il fut peint vers 1314, dans une salle contiguë à la galerie de Psyché , et disposée par l’architecte de manière à recevoir une série de peintures dans des compartiments de moyenne dimension. Raphaël avait essayé cette fois d’oublier un instant la nature pour s’élever, par la seule force de son imagination échauffée, jusqu’aux régions de l’idéal. Voici du reste ce que lui-même écrivait, au sujet, de cette peinture, à son ami Balthasar Castiglione : « Quant à la Galatée, je me tiendrais pour un grand maître s’il y avait seulement la moitié de tous les mérites dont vous me parlez dans votre lettre. Mais je dois attribuer vos éloges à l’amitié que vous me portez; je sais que, pour peindre une belle, il me faudrait en voir plusieurs, et avec la condition que vous seriez avec moi pour m’aider à faire choix du meilleur. Mais y ayant si peu de bons juges et de beaux modèles, j’opère d’après une certaine idée qui se présente à mon esprit ( 10 mi