‹ Les galeries publiques de l'EuropeChapitre 113 sur 167 · I’ I \ D I. N T I I S D I, I. \ I \ K \ IM \ I · texte numérisé non relu

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où il commençait les décorations de la Farnésine , négligeait ses peintures pour courir après une belle lille du voisinage, et que son ami Agostino Cliigi , desespéré des retards qu’allaient entraîner ces distractions de l’amour, mit tout en œuvre pour engager la Fornariua à demeurer avec Raphaël dans le palais meme ou il travaillait. Si c’est là uu pur conte, il faut convenir tpi il est du moins parlaitement d’accord avec les vraisemblances , et que , dans ses ligures de déesses, 1 artiste a laissé voir une prédilection marquée pour certain modèle puissant, robuste: et lier, qui n’est pas sans ressembler à la femme qu il aima.

Dans le champ des lunettes, formant quatorze tableaux triangulaires, le maître a représenté des Cupidons ailés qui portent les attributs des douze grands dieux.

Raphaël a toujours excellé à rendre sensibles les idées et même les nuances morales. L’Amour, en plaidant sa cause devant les divinités de l’Olympe , les a toutes désarmées; les pl us terribles ont été vaincues aussi bien que les plus gracieuses, et voici que les ministres de l’Amour insultent à leurs ennemis dépouillés : l’un a dérobé la lance et le bouclier de Mars; l’autre vient de soulever sans effort la massue d Hercule; celui-ci porte sur ses épaules les foudres de Jupiter on présence

de l’aigle étonné; celui-là montre en souriant le tliyrse de Bacchus aux panthères que le vainqueur de l'Inde attelle à son char; il en esl un qui tient la flûte de Pan : un autre qui s’est chargé ironiquement des marteaux de Vulcain , de ces mêmes marteaux qui servirent à forger les traits de l’Amour. Des animaux symboliques, griffons, tigres, lions et chevaux, oiseaux de proie, chauves-souris, harpies à queue de poisson, accompagnent ces ligures de Cupidons aux attitudes moqueuses, aux physionomies triomphantes, figures à la fois puissantes et gracieuses,

LA FARNÉSJNE.

d’un modelé peut-être un peu trop ressenti , mais qui sont si admirables par leur variété, si étonnantes par le naturel de leur vol, la fierté ou l’imprévu de leurs mouvements, et le jet heureux de leurs raccourcis! Celle qui nous a le plus frappé est la figure d’un petit génie portant le caducée de Mercure et son pétase ailé; il les montre glorieusement, comme si le plus beau triomphe de l’Amour était d’avoir volé le dieu des voleurs. De grosses guirlandes de fleurs et de fruits servent

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