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Sixtine : gli fit di grande ajuto laver vedi/to nella cappella dcl papa lapera di Michelangelo. Cette opinion, que Raphaël se serait inspiré de Michel-Ange, est vivement combattue par Lanzi et par M. Quatremère de Quincy. Ce dernier, dans son Histoire de Raphaël , ne trouve d’autre rapport entre l’un et l’autre peintre que le titre ou la dénomination des sujets. « Loin que Raphaël, dit-il, ait imité ou emprunté quoi que ce soit aux Sibylles et aux Prophètes de Michel-Ange, on dirait que, guidé par une tout autre inspiration, i! se serait proposé de montrer, dans toutes les parties de son œuvre , précisément ce qui manque aux représentations de son prédécesseur, c’est-à-dire la noblesse des formes, la dignité du caractère, la beauté des physionomies, la propriété du sujet. » Sous le rapport des ajustements,
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comme sous celui des figures, il repousse également toute idée d’emprunt de la part de Raphaël. « Michel- Ange , ajoute-t-il, n’a jamais porté plus loin que dans ses Sibylles de la chapelle Sixtine, une sorte A' étrangeté de costumes et de formes; une manière d’être qui u’est ni féminine, ni virile, et dont le type n’a aucun analogue. Raphaël n’a guère présenté, dans aucun de ses ouvrages, de conceptions plus nobles, plus gracieuses, plus religieuses, à la fois, que celle de ses Sibylles; la grâce, la beauté, la variété des ajustements y sont au niveau de l’élévation du caractère et des hautes pensées dont elles deviennent pour les yeux l’expression sensible.
Un antiquaire distingué, François Bocchi, dans son livre italien sur les beautés de la ville de Florence, raconte, au sujet des fresques de Sainte-Marie de la Paix, une anecdote intéressante : « Raphaël , dit-il , avait reçu d’Augustin Cliigi cinq cents écus à compte sur le prix de ces peintures. Quand le travail fut achevé, il demanda au caissier de Cliigi (Jules Borghèse) le surplus de la somme qu’on jugerait lui être due ; et comme le caissier paraissait croire que les cinq cents écus avaient largement payé l’artiste : « Faites estimer le travail par un homme «compétent, dit Raphaël, et vous verrez après si ma réclamation est fondée.» Borghèse, connaissant la rivalité qui existait entre Raphaël et Michel-Ange, choisit ce dernier pour arbitre , s’imaginant qu’il déprécierait l’ouvrage du Sanzio , che scemasse il pregio délia pittura ; il le pria donc de venir estimer les peintures de Sainte-Marie de la Paix. Ruonarotti se le fit dire plusieurs fois; mais enfin il consentit un jour à suivre le caissier de Cliigi ; il demeura longtemps à contempler la fresque de Raphaël sans proférer une parole, et puis, comme on le pressait de donner son avis : « Cette tête, dit-il en montrant du doigt une des Sibylles, vaut « à elle seule cent écus. — Et les autres? reprit le caissier. — Les autres ne valent « pas moins, » dit Michel- Ange. Augustin Cliigi, ayant eu connaissance de ce fait, qui s’était passé devant un grand nombre de personnes , s’exécuta de très-bonne grâce, suivant son habitude, et fit compter à Raphaël cent écus par chaque figure. En les lui envoyant par son caissier, il ajouta, dit Bocchi : «Tâchez que Raphaël «soit coûtent; car s’il se fait encore payer les draperies, nous allons être bientôt « ruinés. »
La seconde chapelle à droite , immédiatement après celle des Prophètes et des Sibylles, a. été dessinée par Michel-Ange, et mérite, par cela même, d’attirer notre attention. Là, comme partout où il a mis sa main puissante, ce grand homme, malgré P exiguïté de l’espace qui lui était assigné, a su donner à son architecture l’aspect de la grandeur. L’arc et les pilastres de cette chapelle sont ornés de grotesques en bas-reliefs, regardés comme les merveilles du genre, mais qui peuvent paraître un peu compliqués pour une simple décoration destinée à réjouir l’œil.
L’EGLISE SAINTE-MARIE DE LA PAIX
Ces grotesques sont du sculpteur Simone Mosca. Dans la chapelle de gauche, en face de celle-ci, nous retrouvons encore la trace de Michel- Ange , car c’est à lui qu’on attribue et qu’il convient d’attribuer en effet l’Annonciation de l’autel , tableau que Marcel Venusti coloria d’après le dessin du grand maître. La première
L E l» K U l» Il E I E .10 .N A S 1 I L K l* U O !» Il 1 I E OSÉE
chapelle à gauche, vis-à-vis des Sibylles, contient des peintures qui sont dignes d’admiration , même après celles de Raphaël : ce sont les fresques de la voûte , peintes par Balthasar Peruzzi avec l’élégante discrétion qui caractérise son style. Nulle part l’artiste siennois n’a écrit ses titres de peintre aussi bien que dans Sainte-Marie de la Paix. La Présentation au temple , qui décore un des autels placés sous la coupole, passe pour sou chef-d’œuvre. Par un rare privilège,
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Balthasar Peruzzi n’a point à souffrir d’être mis en regard du Sanzio. Ici, comme à la Farnésinc, l’artiste a eu le singulier talent de ressembler à Raphaël sans être absorbé par lui, et de montrer, à coté de lui, des œuvres que cette parenté n’a point affaiblies. Du reste, par l’universalité de son génie, Peruzzi a dégagé du milieu de tant de grands maîtres sa personnalité brillante; nous l’avons rencontré déjà et nous le retrouverons plusieurs fois encore dans le cours de cet ouvrage , mariant avec souplesse tous les arts du dessin : architecte doué d’un sentiment exquis d’ordre et de convenance; sculpteur émérite, le plus habile de tous, peut-être, dans le genre des grotesques; enfin, praticien ingénieux, rompu à tous les exercices du métier, et prompt à exécuter ces architectures feintes et ces figures en saillie qui trompaient l’œil même du Titien.
On 11e peut quitter Sainte-Marie de la Paix sans visiter le cloître du couvent, le premier ouvrage que Bramante fit à Rome , sous les auspices du cardinal napolitain Olivier Caraffa : c’est un cloître à double portique en travertin. La réputation que fit à l’architecte ce joli monument lui valut à Rome des travaux importants, et fut l’origine de sa fortune. « Cette construction peut toutefois subir un reproche , dit M. Fulchi ron dans son Voyage en Italie , celui du porte-à-faux des colonnes placées au-dessus des arcades du rez-de-chaussée , porte-à-faux que Bramante se permit pour éviter de trop larges entre-colonnements ; mais l’œil n’en est pas moins choqué de cette infraction aux règles de la solidité. »
Tout à coté de Sainte -Marie de la Paix, sur la place Navone, s’élève un autre ouvrage du Bramante , plus pur et plus remarquable ; nous voulons parler de la façade à trois ordres corinthiens de Sainte-Marie de l’Ame, jolie église dans laquelle nous eussions conduit le lecteur, si la célèbre Sainte Famille de Jules Romain, qu’on y admirait tant autrefois, n’avait été presque détruite par une inondation du Tibre.
ne fresque de Raphaël est un objet d’art si précieux que nous serions coupable de ne pas signaler à l’admiration de nos lecteurs celle qui décore Saint -Augustin , église intéressante d’ailleurs par d’autres richesses. Bâtie vers la fin du xve siècle, avec des pierres du Colisée, par le cardinal d’Estoute ville, ministre de France à Rome, cet édifice est élégant et simple. Baccio Pintelli y éleva une coupole octogone qui fait époque dans l’histoire de l’architecture à Rome, parce qu’elle est la première qu’on y ait vue. L’intérieur de cette église a trois nefs, divisées par de longs piliers dans lesquels sont engagées des colonnes sveltes qui donnent à cet édifice une apparence gothique. Les chapelles sont richement ornées de marbres et de peintures; mais la première chose qu’on veut y voir, c’est la fameuse fresque de Raphaël, le Prophète Isaïe , peinte sur le troisième pilastre de la nef, à gauche.
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On a écrit des volumes sur Y Isaïe et sur la question de savoir si Raphaël avait agrandi sa manière en voyant les peintures de la chapelle Sixtine. Comparé à ses précédents ouvrages, le Prophète Isaïe témoigne, il est vrai, d’un notable changement de style , d’une ampleur, d’une majesté assez imprévues chez un homme qui venait à peine d’abandonner la tradition péruginesque , et qui, même dans la Chambre de la Signature , au Vatican , 11e s’était pas élevé à cette hauteur d’intention , à cette fierté de sentiment et de contours. Mais si 011 le compare aux fresques de Michel-Ange, Y Isa'ie devient une imitation et perd en conséquence cette qualité précieuse qu’ont toujours les productions originales. Les admirateurs quand même du peintre d’Urbin , Quatremère de Quincy, Raphaël Mengs et autres y veulent voir, au contraire, une marque de la supériorité de l’imitateur sur son modèle; Mengs va jusqu’à dire : « Le tableau qui est dans l’église Saint- Augustin, à Rome, a toute la grandiosité des Prophètes de la chapelle Sixtine, mais avec cette différence que, chez Raphaël, l’art est voilé, tandis que chez Michel -Ange il est trop à découvert. » M. Quatremère de Quincy abonde dans le même sens et paraît croire que les défauts de Y Isaïe, au lieu d’être inhérents au caractère de l’imitateur, tiennent au contraire à l’original imité. Voici comment il s’exprime : «Vasari donne à entendre que la figure du prophète Isaïe , qu’on voit peinte à fresque sur un des piliers de l’église, aurait succédé à une autre que Raphaël aurait effacée, après avoir vu la chapelle Sixtine. Quoi qu’il en soit de cette particularité, il y a réellement dans cette figure, et dans elle seule, entre un si grand nombre d’autres, quelque chose qui n’est pas sans rapport de goût et de manière avec les Prophètes de Michel -Ange. » C’est aussi le sentiment de Louis Crespi : «J’avoue, dit-il, que quand je vis le Prophète Isaïe , je restai surpris, et je l’aurais jugé de Michel-Ange, à la grandeur du style, à la hardiesse, à la liberté des contours.» M. Quatremère ajoute : « Nous oserons dire de plus que cette figure tient encore de Michel-Ange par une sorte d’insignifiance d’attitude , par le manque d’expression dans la physionomie, et par un vide d’intérêt, qu’on 11e remarque guère chez Raphaël, lorsqu’il est lui-même, tel que nous le voyons, dans des sujets du même genre, à l’église délia Pace. Qui sait, en effet, si son intention n’aurait pas été de faire voir, par une sorte de contrefaçon, ou ce qu’on appelle singerie de style, chose facile à tous les artistes, qu’il aurait pu, comme 011 le disait, faire du Michel-Ange. Quelque peu de valeur qu’on puisse trouver à cette opinion, nous la préférerions à celle de Comolli, qui suppose comme possible que ce qu’il y a de michelangesque dans cette figure serait dû à Daniel de Volterre, chargé de la restaurer après l’accident qui l’avait dégradée. »
L’accident auquel 011 fait allusion ici arriva sous le pontificat de Paul IV. En sacristain, ayant voulu nettoyer la fresque de Raphaël, l’endommagea. La