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tous les pilastres de la grande nef, s’adressa au Sanzio qui, après avoir peint Ylsa'ie , en demanda cinquante écus. Le dévot trouva la somme exorbitante, et en appela à l’estimation de Michel-Ange. Le grand homme répondit qu’un genou du prophète valait à lui seul plus de cinquante écus, et l’affaire en resta là.
D’autres objets d’art et de précieuses curiosités se font remarquer dans l’église Saint -Augustin ; et d’abord, au-dessus du ciboire du maître autel, une image de la
ROME
Vierge, attribuée à saint Luc et apportée à Rome par les Grecs, après la prise de Constantinople ; une urne magnifique de vert antique placée sous l’autel de la huitième chapelle à gauche, renfermant les cendres de sainte Monique, mère de saint Augustin ; le monument élevé au cardinal ïmperiali , dont le cercueil est ouvert par un aigle. Il faut examiner encore trois tableaux du Guerchin , décorant la chapelle dédiée au patron de l’église ; ensuite , dans la première chapelle à droite, une sainte Catherine peinte à l’huile, sur le mur, par Venusti , élève de Perino del Vaga; deux brutales et vaillantes peintures du Caravage ; une Adoration des bergers, et la Vierge de Lorette entre deux pèlerins couverts de houe et de guenilles; enfin toutes les fresques de la neuvième chapelle, qui sont de Lanfranc, et parmi lesquelles on distingue Saint Augustin méditant, au bord de la mer, sur le mystère de la Trinité. On se rappelle que ce grand docteur de l’Église, se promenant un jour sur le rivage, vit un enfant qui puisait constamment de l’eau avec une coquille et allait la porter dans un creux pratiqué dans le sable. Interrogé sur son intention , l’enfant répondit : « Je veux faire tenir dans ce trou toute l’eau de l’Océan. » Comme saint Augustin cherchait à lui démontrer, en souriant, l’impossibilité d’une telle entreprise : « Eh bien! reprit l’enfant, sachez que j’aurai accompli mon projet bien avant que vous ayez compris le mystère sur lequel vous méditez en ce moment.» Mais il existe, dans l’église où nous sommes, une sculpture plus admirable peut-être que tous les tableaux dont nous venons de parler, c’est un groupe du Sansovino, représentant Sainte Anne tenant dans scs bras la Vierge Marie et l’enfant Jésus, œuvre d’un beau style, d’un sentiment délicat, d’une exécution tendre, et qui honore l’illustre statuaire vénitien non moins que les monuments dont il fut l’architecte à Venise.
ous arrivons maintenant au Panthéon , c’est-à-dire au plus beau reste de la magnificence romaine , à une merveille d’architecture , au seul temple antique de Rome qui se soit conservé dans son entier. Il fut élevé par Marcus Agrippa durant son troisième consulat 7 c’est-à-dire en l’an 727 de Rome, ainsi que nous l’apprend 1 inscription qu’on lit sur la frise du portique :