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plus belles sculptures de l’église sont celles que le Florentin Ammanato a exécutées sur le tombeau du cardinal del Monte.
Le roi d’Espagne, qui fit les frais de la construction de l’église, voulut aussi
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qu’on érigeât un monument à la place où avait été plantée la croix , instrument du martyre de saint Pierre , et Bramante fut chargé d’en donner le dessin. Ce grand architecte éleva donc dans la cour du cloître , à côté de l’église , un petit temple rond , soutenu par seize colonnes doriques de granit oriental à bases et chapiteaux de marbre blanc. A l’exception du temple de Vesta, qui sans doute servit de modèle à Bramante, il n’est pas dans Home de plus élégant édifice. C’est la première fois que la forme circulaire fut introduite dans l’architecture chrétienne; mais, en l’y introduisant, Bramante sut tenir compte de l’ exiguïté de l’espace qui lui était départi. Calculant que son temple serait toujours vu de près, faute par le spectateur de pouvoir se reculer suffisamment, il jugea convenable de transgresser certaines lois de détail ; par exemple , il donna une hauteur extraordinaire à la balustrade qui surmonte la corniche, allongea également son attique, de manière qu’en partie caché par la corniche, cet attique n’est que maigre et élancé. Une coupole, proportionnée avec goût et couronnée par une lanterne, termine le temple. Au-dessous a été creusée, au xyii° siècle, sous le pontificat de Paul Y, une chapelle souterraine destinée à consacrer la place touchée par la tête de l’apôtre, lorsqu’on le crucifia les pieds en l’air. Là était un tableau du Crucifiement de saint Pierre par le Guide, mais cette peinture a été transportée au musée du Vatican. Quant à l’intérieur de ce petit temple, qui n’a pas plus de quarante mètres de circonférence, il reproduit avec grâce la colonnade du dehors; mais, comme on n’y pouvait répéter la balustrade , parce que les colonnes du dedans eussent été trop courtes , l’habile architecte les a posées sur des piédestaux. Qu’on nous pardonne ces détails, à propos d’un édifice qui est le chef-d’œuvre le plus délicat de l’architecture moderne à Borne.
rès de la villa Medici , sur le monte Pincio, non loin de la maison ÎJfllSi qu’habita le Poussin, la France possède un couvent et une église fondés par Charles VIII, en 1494, à la prière de saint François de Paule , instituteur des minimes. On y monte par un immense escalier de cent vingt-cinq marches en marbre blanc, que fit construire ou terminer à ses frais M. de Choiseul-Gouffier, un de nos ambassadeurs. Cet escalier, dont les quatre-vingts premières marches ont trente-cinq jj mètres de long, se divise aux deux tiers de sa hauteur en deux rampes,
' * et conduit à une plate-forme couronnée par un obélisque et par l’église de la Trinité du Mont , exhaussée elle-même sur un beau perron à double rampe. L’obélisque, longtemps couché dans la villa Ludovisi , s’élevait jadis sur l’épine du cirque de Salluste ; il fut relevé par ordre de Pie V! , et placé en cet endroit où
ROME
aboutissent trois grandes lignes : la via Felice, à l’extrémité de laquelle on aperçoit l’obélisque de Sainte - Marie Majeure; la via Condotti , conduisant le regard jusqu’au pont Saint-Ange; et, du côté de la villa Medici , une ligne qui va se perdre dans les promenades du Pincio. Quant à l’église , elle présente une façade à deux clochers, qui, par leur situation élevée, produisent le plus bel effet. Louis XVII I la fit restaurer et, la donna aux sœurs du Sacré-Cœur, vouées à l’éducation des jeunes biles. Leur couvent renferme quelques objets d’art d’une valeur médiocre ; mais l’église de la Trinité du Mont est remplie de belles peintures. Là se trouve un des plus fameux tableaux de Rome, la Descente de croix de Daniel de Volterre, citée partout comme une des trois œuvres du premier ordre, avec la Communion de saint Jérôme du Dominiquin , et la Transfiguration de Raphaël.
Quelques critiques ont prétendu que Michel -Ange avait fourni à Daniel de Volterre le dessin de sa Descente de croix. Cette opinion ne manque pas de vraisemblance; mais s’il est vrai de dire que Daniel de Volterre fut assez habile pour reproduire le merveilleux dessin , le modelé accentué et quelque chose du style de son illustre maître , il faut convenir aussi qu’il n’en eut pas l’étonnant caractère, le sentiment profond, les défauts sublimes. Des types un peu communs, des corps vigoureux, mais sans idéal, des gestes naturels jusqu’à la trivialité, remplacèrent chez le disciple les terribles figures du maître , ses airs de tête si tiers, ses grandes tournures. La composition sans doute est bien conçue, distribuée en groupes heureux, et plusieurs figures ont même une expression énergique; mais le tableau, partout éclairé d’une lumière égale, est tout à fait sans ressort. Pas plus que Michel -Ange , Daniel de Volterre ne connaissait les lois et les ressources du clair-obscur. Cette partie de l’art, dont les Rubens et les Rembrandt surent plus tard, et précisément dans le même sujet, tirer des effets si dramatiques, était encore inconnue au xvi° siècle, du moins dans les écoles romaine et florentine. Pour ce qui est du coloris de ce grand morceau, il est monotone et d’une austérité qui conviendrait à la représentation d’une telle scène, si ce vaste camaïeu était au moins rehaussé par les solennités de la lumière , et poétisé par le mystère des ombres. Enfin, si l’expression des figures est graduée avec beaucoup d’art, depuis la sérieuse tristesse des hommes qui descendent le Christ, jusqu’à l’affliction violente des saintes femmes et an désespoir de la Vierge évanouie , on est forcé d’avouer que cette expression manque souvent de noblesse et d’élévation.
Aux pâleurs de la fresque, telle que la comprenaient les Italiens de la grande époque, se joint ici l’effacement d’une peinture qui a beaucoup souffert et que l’humidité dégrade sans cesse. En 1811, le peintre Camuccini la transporta sur toile, lorsque déjà (‘lie avait subi toutes les injures du temps. Mais la gravure, qui ne