‹ Les galeries publiques de l'EuropeChapitre 23 sur 167 · L E T O R S E DE B E L V É D É R E · texte numérisé non relu

L E T O R S E DE B E L V É D É R E

corps pour les grandes entreprises qu’il exécuta. Ses épaules, qui s’élèvent comme deux montagnes, sont assez puissantes, assez vastes pour avoir porté le poids du ciel. On peut croire que le triple Géryon fut facilement écrasé contre cette robuste poitrine sur laquelle ondoient «les muscles qu’on a comparés aux Ilots de la mer, et qui se recouvrent d’un épiderme nourri. Ses cuisses, longues, fortes, élastiques, nous font souvenir que l’agile et infatigable héros put attendre la biche aux pieds d’airain, traverser toutes les contrées de la terre pour aller combattre les monstres, et poser lui-même les colonnes qui marquèrent jadis l’extrémité du monde. Et cependant la forme humaine est ici ennoblie et déifiée; l’artiste grec, idéalisant

ROME. VATICAN

la nature, s’est représenté Hercule tel qu’il dut être lorsqu’il fut purifié par le feu des souillures de l’humanité. Son corps formidable, mais tranquille, rassasié sans plénitude, vigoureux sans effort, annonce une âme supérieure dont le calme n’es! plus troublé par aucune passion. Ainsi courbé, le héros paraît livré à la méditation; il se souvient et se délasse des grands travaux qui lui ont valu l’immortalité de l’Olympe; il se repose dans le sein de la divinité.

Le Torse est en marbre grechetto dura; on a pensé qu’il faisait partie d’un groupe. Sur la pierre où il est assis, nous lisons l’inscription suivante : Apollonius, fils de Nestor Athénien , le faisait :

AnOAAHNIOI

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