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Trois statues plus grandes que nature, du plus illustre des sculpteurs modernes, prennent place à côté de ces antiques, non sans avoir à souffrir de leur formidable voisinage. Ce sont les deux Pugilat cars de Canova et le Persée. Perséc tient à la main droite son épée, et à la main gauche la tête de Méduse: il a pu délivrer son amante Andromède. Quant aux deux athlètes, ils sont dans l’attitude où les a décrits Pausanias, au moment de la catastrophe. Ils avaient nom Gréugante et Damossène : aux jeux Némécns ils luttèrent pendant une journée sans que l’on pût prononcer lequel des deux avait été le vainqueur. Pour mériter la couronne et ne pas laisser le peuple indécis, ils convinrent de se donner un seul coup de la façon qu’ils l’entendraient. Gréugante frappa le premier, et assena sur la tête de son rival un coup de ces courroies que l’on voit déposées à ses pieds. A son tour Damossène lui lit lever le bras gauche, et, contrairement aux règles de la lutte, après avoir serré violemment ses doigts l’un contre l’autre, il plongea sa main dans le flanc de son adversaire qui mourut de la blessure. Le peuple condamna Damossène à l’exil , et à son rival, proclamé vainqueur, il fit élever une statue dans le temple d’Apollon Lycien.
C’est sans doute un bien grand honneur pour le sculpteur Canova que d’avoir été admis à orner de ses ouvrages la cour du Belvédère. Il faut dire cependant qu’à l’époque où la France victorieuse dépouilla le Vatican pour enrichir le Louvre, le pape, voulant consoler le peuple romain, lit remplir par les trois statues de Canova le vide que laissait dans l’une des chambres du Belvédère l’enlèvement de V Apollon. Chargé par les Romains de venir reprendre à la France ce que la conquête leur avait ravi , Canova ne put pas obtenir de ses admirateurs que ses statues fussent soustraites à un rapprochement aussi dangereux pour elles.