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DE L’ÉCOLE ROMAINE

siècles en Toscane et en Ombrie , et unie au grand savoir technique de l’école florentine le sentiment profond et religieux de l’école ombrienne d’où il était sorti.

En effet, tous les principes de méthode, de convenance, de grandeur et de beauté, inhérents à l’art ancien, passèrent entièrement dans l’art régénéré de Rome, et contribuèrent puissamment à assurer à son école la supériorité sur ses rivales. Son caractère distinctif est un goût noble et sévère tempéré par la grâce, un dessin excellent, un grand choix d’attitudes, un bel ordre de plis, de l’ampleur et de l’élégance dans les draperies. Dans ce style élevé, la richesse est sans prétention,

la force sans bizarrerie, le modelé fondu, accentué avec sagesse, la touche simple, unie, peu empâtée et exempte de caprices; la nouveauté des vues, la justesse dans l’expression, le charme et la vivacité du sentiment, ce qu’on appelle enfin l’invention, sont des qualités départies au génie de l’école romaine.

La peinture voilée des passions, toutes les nuances des affections violentes ou sereines, amour, haine, tendresse maternelle, respect, dévotion, adoration, espérance, cruauté, douceur, terreur, pitié : voilà surtout la gloire et le triomphe de cette école.

Son dessin n’a pas la fierté et l’expression de force que l’on remarque dans les maîtres de Florence; mais il est flexible comme celui de l’antique et plein d’un adorable sentiment de naïveté qui n’exclut ni la grâce ni la noblesse.

Le coloris de l’école romaine n'a pas la vérité et l’éclat des peintures de Venise; mais ce ton clair, ces teintes fraîches, ces ombres légères, ce fini précieux,

ORIGINE ET CARACTÈRE

ces fonds peu travaillés , s’unissent admirablement , nous allions dire semblent être indispensables aux sujets mystiques, aux compositions idéales que traitèrent avec une prédilection toute particulière les peintres romains.

De cette école fameuse sortit Jules Romain, grand dessinateur, artiste plein de savoir et d’invention , et qui eut l’honneur d’être , après la mort de Raphaël , proclamé le prince de l’école. Immédiatement après lui, vient :

Gian Francesco Penni, surnommé il Fattorc pour avoir été, dans sa jeunesse, garçon d’atelier chez Raphaël. Il devint un de ses plus habiles collaborateurs, et

fut institué, avec Jules Romain, héritier de son maître. Se distinguent ensuite : Lucca Penni, frère du Fattore, qui eut une part active dans les travaux de Raphaël, et acquit un véritable talent dans la gravure à l’eau-forte;

Perino del Yaga (son véritable nom est Pierino Ruonacorsi), dont le souple talent embrassait tous les genres, et qui, indépendamment des arabesques, a traité un grand nombre de sujets dans la galerie des Loges, dite la Rible de Raphaël;

Jean d’Udine, qui passe pour avoir retrouvé le secret des grotesques et en avoir renouvelé le goût d’après les modèles des Thermes de Titus ; artiste habile à peindre toutes sortes d’animaux, d’oiseaux et de plantes, et l’aide principal de son maître dans les arabesques de la galerie des Loges;

Marc-Antoine Raimondi, célèbre graveur, auquel nous devons la propagation des pensées de Raphaël; suivant Malvasia, il ne se contenta pas de graver, mais il peignit lui-même sur les dessins de cet illustre maître ;

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