CERF ATTAQUÉ PAR UN CHIEN
truie avec douze petits, un daim couché, un sanglier qui se dresse sur ses pattes, et cent autres marbres qui forment une collection unique au monde.
ALKKii des Statues. Primitivement la galerie des Statues servit de lieu de plaisance à Innocent VIII, qui la fit décorer par le Pinturiccliio et Mantegna. Après avoir fait pratiquer des ouvertures et construire des arcs soutenus par des colonnes en jaune antique, le pape Clément NIV donna sa forme actuelle à cette partie du Vatican terminée sous le pontificat de Pie VI. Les paons, tigres, chiens et petits Génies qui se jouent dans les lunettes sont dus au pinceau d’Unterperger. Il y a ici treize statues à peu près intactes, trois fragments et quel (pies bas-reliefs , parmi lesquels V Apollon Sauroctonc (tueur de lézards) peut être regardé comme la pièce capitale. C’est un marbre de Paros, provenant de la villa Borglièse , et imité sans doute du célèbre morceau de Praxitèle dont parle Pline. Les connaisseurs ont émis sur celte copie fameuse des opinions diverses : \\ inckelmann prétend que les
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jambes et les pieds forment ce qui nous est parvenu de plus beau en ce genre, de l’antiquité; d’autres 11’y voient d’admirable que le torse; pour nous, cette charmante copie antique, car c’en est une d’après l’original de Praxitèle, reproduit avec bonheur quelques-unes des qualités sublimes qui durent briller dans l’ouvrage du plus parfait des statuaires : suavité des formes, délicieuse naïveté du mouvement, pureté de l’adolescence. Apollon chassé du ciel 11’ est dans cette ligure que le berger des troupeaux d’Admète, ingénument gracieux, et encore dieu sans le savoir.
A I» O L L O X SATROCTONE
La Musc Uranie , marbre de Parus, fut retrouvée, il v a quatre-vingts ans, à Tivoli, dans la maison de campagne de Gassius. Gette statue 11’ayant ni tète ni bras, 011 imagina de la restituer et de lui mettre en main le globe et la baguette pour lui faire représenter la déesse de l'astronomie, qui manquait dans la collection des Muses. Elle est assise sur un rocher du Parnasse; sa tunique, sans manches, est ample et recouverte du péplum qui retombe avec grâce dans les plis flottants de la draperie. L’aigrette, formée de plumes, qui se déploie dans la chevelure, a été arrachée aux Sirènes qui avaient osé défier les neuf Sœurs. Sans parler d’un bas-relief attribué à Michel -Ange , et qui représente Gôme Ier introduisant à Pise
les Vertus et les Sciences, on doit remarquer encore dans la galerie des Statues celles de deux empereurs : Claude Albin, César africain, collègue et rival de Septime Sévère, qui mourut dans les Gaules : il porte une cuirasse où sont sculptées deux Victoires dansant autour du Palladium ; et Caligula , « dans le costume des héros,» c’est-à-dire nu, avec la chlamyde jetée sur le bras gauche. Cette statue est une de celles qui avaient échappé à la proscription du sénat; elle fut retirée des ruines d’Otricoli.
Quand il disait de Marie-Thérèse : « Elle 11e m’a pas donné d’autre chagrin que celui de sa mort,» Louis XIV ne faisait peut-être que se rappeler une parole antique. Nous retrouvons en effet les mêmes mots écrits sur un cippe dédié à Plctoria Antiochide, et sur lequel est posé un Triton en demi-figure de grandeur naturelle; le dieu marin est recouvert de sa peau écailleuse; l’aspect en est imposant; c’est un morceau plein de caractère. Vis-à-vis du Caligula est placée une statue plus grande que nature, une Amazone. Elle a fermé son carquois, et détend son arc après avoir déposé son bouclier et la hache à deux tranchants; à ses pieds gît son casque, et la courroie de l’éperon est relâchée. Sa line tunique
laisse entrevoir le sein gauche et vient négligemment se nouer sur les flancs. C’est
un marbre de Paros d’une grande souplesse. Auguste l’avait certainement fait placer dans le portique bâti en l’honneur des médecins, ainsi que l’indique l’inscription, et au xvne siècle on le rapporta de la villa Mattéi, située sur le mont ( lœlius.
Notre attention s’arrêtera maintenant sur les deux belles statues de Ménandre et de Posidippe , qu’011 avait longtemps prises pour des figures de Marius et de Sylla; le nom de Posidippe, écrit en grec sur la plinthe, et aperçu par Visconti, a fait rectifier cette double erreur. Le poète macédonien Posidippe est assis sur un
siège demi-circulaire, en face du poète grec Ménandre. Il est sans barbe; il porte
la tunique et le manteau qu’on appelait pallium; il a des anneaux aux doigts et des brodequins aux pieds. Non-seulement il respire, mais il pense et il retire sa main de son front, comme s’il allait donner à sa pensée le vêtement de la parole, sous la douce inspiration des Muses.
Pour n’avoir plus à revenir sur nos pas, nous allons parcourir la salle des Bustes, d’où nous rentrerons dans la galerie des Statues.
pAy ALLE DEg Bustes. On doit bien s’attendre à voir paraître les hennés des À J) personnages célèbres ou des dieux dans la salle des Bustes : elle contient en effet cinquante-cinq bustes et soixante têtes, sans compter trois groupes, des bas-reliefs, dont le plus remarquable est celui des Actions de grâces à Escalope,