MUSÉE P I E - C L É M E N T I N
quelques vases, des colonnes, et trente statues. Une tète d’Auguste, qui provient de la villa Mattéi, est couronnée d’épis, en mémoire de l’abondance de blé que ce prudent empereur sut procurer aux Romains. C’est lui qui, le premier, dans l’intérêt du pouvoir, fit, passer les provisions de pain et de spectacles avant les luttes de la place publique et les moissons de la gloire.... Le peintre anglais Hamilton rapporta d’une villa de Tivoli la tête de Ménélcis coiffée d’un casque où se voit le combat d’Hercule et des Centaures : elle fit autrefois partie d’un groupe
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où le candide époux de la belle Hélène enlève le cadavre de Patroele, en appelant a son aide les guerriers ses amis. Florence possède deux répétitions de ce groupe, et une troisième, adossée au palais BraschL est connue à Rome sous le nom de
Pasquino. Il reste encore quelques fragments du groupe de Ménélas : ce sont les
épaules de Patroele avec la blessure que lui lit Euphorbe, et les jambes, qui son! de la plus line exécution, particulièrement aux extrémités. La tête que nous décrivons est restaurée.
Le Jupiter Sércipis est un buste colossal en basalte noir; le muid qu’il porte
sur la tête n’offre guère de signification précise; on en a, hasardé plusieurs qu’il
est inutile d’examiner. La sérénité du regard était, on le sait, le caractère distinctif de Jupiter. 11 semble donc, et c’est l’avis de Winckelmann , que l’on s’est trompé
ROME. VATICAN
en donnant le nom de Jupiter aux statues de physionomie sévère ou terrible, et qui portent le modium. C’est probablement un Pluton ou un Sérapis, car ces deux divinités n’en font qu’une seule, qu’il faut voir dans ce basalte, et non un Jupiter. Nous retrouvons du reste, au fond de la salle des Bustes, la statue du père des dieux. Il est assis, ayant son aigle auprès de lui et s’appuyant sur son sceptre. En vain lui a-t-on mis la foudre dans la main droite : la douceur majestueuse des traits et l’expression de cette tète qui se penche déterminent à supposer qu’il tenait jadis une coupe où il recevait les offrandes de ses adorateurs.