‹ Les galeries publiques de l'EuropeChapitre 38 sur 167 · MUSÉE PI E - C L É M E N TIN · texte numérisé non relu

MUSÉE PI E - C L É M E N TIN

et «lu goût de Quintilien; la main et le poignet droits, le bras gauche et la jambe droite sont modernes; au tronc est attaché le strigile avec lequel se frottaient les athlètes.

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a le rie des Candélabres. Bien que le nom de galerie «les Candélabres ait prévalu pour la dernière pièce, il ne faudrait pas y chercher plus de huit de ces luminaires antiques. En revanche on y trouve à profusion des cratères, des mosaïques, des torses, des vases cinéraires, «les fragments, six groupes et jusqu’à cent sept statues, ce «pii a fait donner aussi à cette partie du Vatican le nom «!«> galerie des Misccllanées. Au nombre des fragments, vous voyez un doigt immense qui a appartenu au pied droit d’une statue «pii devait être haute de quelque «piinze mètres. Les sarcophages aussi bien que les groupes, les statues comme les vases, répètent les sujets décrits plus haut; et cette fois ce sont des copies qui n’ont,

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toutes précieuses qu’elles sont, ni la même valeur, ni la même célébrité. Parmi les candélabres, nous en avons distingué un qui est orné de différents feuillages et traversé par une bande sur laquelle on voit une danse bachique en bas-relief. Mais, pour avoir une juste idée du mobilier des anciens et des formes graves qu’ils y affectaient, il faut voir leurs sièges roides et imposants, ornés de panthères ou bien de Sphinx, de lions, de Sirènes, et dont le dossier se termine aux angles, tantôt par des pommes de pin, tantôt par des mèches de flammes, quelquefois par des masques chimériques. Depuis leurs monuments les plus augustes jusqu’à leurs ustensiles les plus familiers, les Grecs, les Romains surtout, marquaient toute chose à l’empreinte d’un génie mâle et d’un goût sévère.

Ainsi s’épuise, au Vatican, cette longue série de chefs-d’œuvre que nous a transmis l’antiquité. Et quand on songe que leur nombre ne s’élève pas à moins de dix-huit cents, quand on repasse dans son esprit les beautés diverses, les beautés infinies de tant de morceaux rassemblés en un seul palais pour le haut enseignement des artistes et le plaisir délicat des visiteurs, il 11e reste plus qu’à remercier la Fortune ou plutôt à chanter un hymne en l’honneur des pontifes chrétiens, qui, loin de répudier les merveilles du paganisme, nous en ont conservé si pieusement la poésie, et n’ont montré à nos regards éblouis que le côté vraiment sublime d’une religion disparue, et la grâce de ces beaux dieux qu’ils nous ont encore permis d’admirer dans le marbre d’un Praxitèle.

grands hommes

üillaume Majano, architecte florentin , commença du temps de Paid 11 l’aile droite du Vatican , qu’on appelle aujourd’hui les Loges de Raphaël. Jules 11, ne voulant pas conserver le plan de Majano, chargea Bramante de le modifier suivant les inspirations de son génie. La mort surprit le pontife et l’architecte au milieu de leurs projets en cours d’exécution. Héritiers de ces deux mon X et Raphaël poursuivirent l’œuvre entreprise, ef d’après un modèle en bois que le peintre lit faire sur ses dessins, ils y édifièrent le portique élégant et majestueux qui entoure de trois cotés la cour de Saint- Üainase. L’élévation du bâtiment fut portée à trois étages, se développant sur trois ailes, et dont chacune recevait l’air et le jour par une galerie ouverte de trente arcades. De ce portique on aperçoit toute la ville de Rome et les campagnes environnantes, inondées de lumière, jusqu’aux montagnes de l’Ahruzze. L’est la plus grande et la plus magnifique vue qu’il V ait au monde.

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Le premier étage fut décoré de peintures à treillage par divers maîtres, dont le plus célèbre est Jean d’Udine. Le chevalier cTArpino, Paul Bril , Tempesta, Nogari et autres , ont orné le troisième ; mais c’est, au second étage , dans la première aile, que l’on admire encore, malgré leur dégradation, les peintures historiques et les arabesques exécutées ou inspirées par Raphaël, dont le portrait, sculpté par Alexandre d’Este, se présente aux regards dès le vestibule.

Exposées à toutes les intempéries de l’air pendant trois siècles, jusqu’au jour où le vice-roi Eugène eut donné l’ordre de les protéger par des vitrages, ces fameuses peintures sont presque entièrement effacées, bien que par une tardive sollicitude on se soit occupé, depuis Grégoire XVI, de réparer tous ces ravages. Sur chacune des treize petites coupoles qui terminent les arcades de la première aile, sont peints à fresque quatre sujets tirés de la Bible, ce qui forme un total de cinquante-deux morceaux, tous dessinés par Raphaël et peints sous ses yeux par ses élèves. Quelques-uns cependant furent retouchés par le maître ou sont même entièrement de sa main, et de ce nombre est la Création. L’Éternel y apparaît sous la figure d’un vieillard toujours jeune, qui semble ouvrir les abîmes du néant pour en tirer la terre, et dont la volonté toute-puissante se manifeste par le mouvement qui emporte dans l’espace la figure du Créateur et agile sa chevelure immortelle. Raphaël a montré ici tout ce que peut enfanter le génie de l’homme quand il ose peindre l’image de Dieu.

Le chaos une fois débrouillé, nous voyons se succéder, comme autant de versets de la Genèse, les peintures qui représentent la création du firmament, la terre se peuplant d’animaux, se couvrant de plantes; la naissance de la femme tirée des lianes du premier homme ; la désobéissance cl’Adam et d’Ève ; leur exil et les suites de la punition du péché originel. Ces deux dernières compositions ont été empruntées par Raphaël aux peintures de la chapelle ciel Carminé , exécutées par le Masaceio , peintre rempli d’expression et de naïveté , qui eût paru bien près de la perfection, si Raphaël n’était venu montrer ce qui manquait à ses ouvrages.

C’est Jules Romain qui a exécuté les compositions de la première coupole , sauf le morceau de la Création, et celles de la troisième coupole qui retracent les grandes scènes du déluge, la construction de l’arche, le débordement des eaux, la sortie de Noé, et son sacrifice à Dieu.

Il ne faudrait pas moins d’un volume pour décrire ces compositions tour à tour imposantes, graves, simples, pathétiques. On pourrait alors comparer le Déluge de Raphaël à celui du Poussin, et peut-être trouverait-on quelque chose de plus sublime dans l’invention du peintre français, qui a choisi le moment où il ne reste plus sur la terre qu’une seule famille, el trouvé un si puissant moyen d’expression dans le petit nombre de ses figures et dans la sobriété de ses épisodes.

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