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ORIGINE ET CARACTÈRE DE L’ÉCOLE ROMAINE

symptômes chez les frères Zuccaro , Domenico Feti , Gristofano Roncalli , et Dï Florentin Antonio Tempesta. Ici l’élégance maniérée de la touche, l’habileté du pinceau, la richesse de la composition, font de vains efforts pour dissimuler la pauvreté du fonds, l’impuissance de la pensée. L’ affaiblissement du goût se reconnaît encore, à certains égards, dans le Rarochc, pourtant si savant et si harmonieux;

dans André Sacchi , l’un dos meilleurs et des plus purs coloristes parmi les héritiers de Raphaël; et d’une manière plus sensible chez Francesco Romanelli, Giro Ferri, l’un et l’autre élèves de Pierre de Cortone ; chez Sasso Ferrato et Carie Maratte.

Au xvme siècle, Pompeo Battoni, le rival de Raphaël Megs, relève un peu de son abaissement l’école romaine; mais ceux qui viennent après lui, et dont le plus connu est Camuccini, ne font que suivre de loin l’impulsion donnée par Louis David à l’école française, et demeurent impuissants dans leurs tentatives de rénovation.

Les musées de Rome !... mais Rome n’est- elle pas elle-même le plus étonnant de tous les musées? Quel peuple, quel souverain pourrait faire ce qu’ont fait ici la succession des âges, les grandes alluvions du temps, et cette divinité obscure que nous appelons le hasard? Tout est musée dans la cité des Césars et de Léon X; l’art y est partout, dans les rues, sur le pavé, dans l’air, dans les souterrains. Avant même de mettre le pied dans la ville éternelle , on est averti de sa grandeur; on a traversé la plus sauvage des solitudes, ces champs du Latium où campèrent Porsenna l’ Étrusque , Brennus le Gaulois, Annibal, l’Africain. Ainsi Rome, qui a pour musées les temples et les images de tous les dieux de l’Olympe et de lous les saints du Paradis, a pour ceinture la majesté du désert !

«J’ai veu ailleurs, dit Montaigne, des maisons ruinées et des statues, et du ciel et de la terre, et si cependant 11e sçauroy revoir le tombeau de cette ville si grande et si puissante que je ne l’admire et révère. J’ai eu cognoissance des affaires de Rome longtemps avant que je l’aye eue de celle de ma maison; je sçavois le Capitole et son plan avant que je sceusse le Louvre, et le Tibre avant

la Seine » Depuis que Montaigne écrivait ainsi, Rome s’est maintenue debout et

toujours la même. Elle a quelques chefs-d’œuvre de plus; elle 11’a rien de moins.

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