DES TABLEAUX
peut, venir en aide an malheur. Des quatre derniers étonnés, l’enfant qui se tord dans les convulsions; un saint Thomas, l’incrédule de l’Evangile.
disciples , troisième
deux regardent , raconte le fait à
L A T R GN'St H.IT. \ T I O N
Cette oeuvre, la plus haute expression du génie de Raphaël, lut commandée au peintre par le cardinal Jules de Médicis, plus tard Clément VII, qui y lit mettre les saints patrons de son père Julien et de son oncle Laurent le Magnifique. Primitivement destinée a l’église de Narbonne, siège de 1 archevêché du prélat, elle
ROME. VATICAN
ne sortit de Rome qu’en 1797. On 11e peut se rappeler sans émotion que le peintre avait alors à lutter contre Michel -Ange qui avait fait, pour le même cardinal, le dessin de la Résurrection de Lazare, que Sébastien del Piombo devait peindre, et que Raphaël fut arrêté dans cette bitte par la mort. L’artiste laissa dans cet immortel ouvrage le portrait héroïque de la Fornarina; mais il 11e put achever les figures du possédé, de son père, et de l’autre sœur de l’énergumène : Jules Romain les termina. Six cent trente-cinq ducats, environ trois mille cinq cents francs, auraient été la rémunération de l’artiste : la gloire s’est chargée de lui payer un plus digne tribut.
La Transfiguration , peinte sur bois, a été gravée supérieurement par Morghen et par Desnoyers; elle ornait l’église de Saint-Pierre in Montorio avant de figurer au Louvre, où elle fut estimée un million cinq cent mille francs.
Le Couronnement de la Vierge. Cette admirable composition fut exécutée par Raphaël, avant l’âge de dix-sept ans, pour la famille Oddi. Suivant Crispolti, le portrait du peintre serait la première figure placée à gauche dans ce tableau. Lord Rristol, évêque d’Oxford, en fit offrir quatorze mille écus romains (quatre-vingt mille francs). Après avoir longtemps décoré une chapelle de l’église des Bénédictins de Pérouse, le Couronnement de la Vierge en fut enlevé pour être transporté an Louvre, où les experts du musée lui attribuèrent une valeur de cent mille francs.
La Pieté , ou la Déposition du Christ au tombeau, tableau peint par Michel-Ange de Caravage. Il provient de l’église des Filippini de Rome, et en dernier lieu du Louvre, où il fut évalué cent cinquante mille francs; il a exercé le burin de plusieurs graveurs.
Le tombeau est eut r’ ouvert ; quelques-unes de ces humides plantes sauvages dont la fleur s’épanouit à l’ombre, ornent le saint sépulcre. Le corps de Jésus y est déposé par Nicodème , le bon jeune homme, dont le nom biblique et nos simples traditions rappellent les vertus modestes et tranquilles. Joseph d’Arimathie est dans l’action de se baisser avec le corps du Sauveur, qu’il soutient encore par les genoux. Derrière , les trois Marie forment le cortège , et sont comme le chœur affligé dans cette suprême tragédie.
Au dire de Lanzi et des connaisseurs , ce morceau est à la fois l’image la
plus forte et la plus exacte de la manière du Caravage; le style en est grossier,
et le dessin incorrect, mais l’exécution est étonnante. C’est de la chair moulée suivant Annibal Carrache : Costiii rnacina carne. On retrouve dans l’artiste l’audace fougueuse de l’homme privé que Stendhal n’a pas craint de nommer un assassin ;
avant d’aller se battre avec le chevalier d’Arpino, avec Annibal, ou avant d’aller
tuer un de ses amis, il a comme un duel avec l’art, dont il bouleverse à plaisir les notions et les procédés; «homme détestable en peinture comme en morale,» a dit Milizia , «et né pour détruire la peinture, » s’est écrié le Poussin.
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Loin de nuire à sa gloire, ses défauts aidèrent à ses succès. Il devint à la mode, il eut des enthousiastes, il donna le vertige. Du reste, au milieu de ses apparentes extravagances, et malgré ce qu’il y a de brutal dans son faire, on
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rencontre chez lui des idées originales, et des moyens nouveaux pour les traduire. Plusieurs peintres célèbres, Gérard délie Notti, le Valentin, Manfredi, Ribera, et le Guide lui-même, prirent pour modèle ce rude et lier maître ; mais nid ne surpassa le Caravage dans ce genre puissant et violent dont il fut l'inventeur, et ({ne les Italiens appellent la maniera forte.
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La Vierge «le la Fratta de Pérouse et la sainte Crèche de la Spineta sont deux tableaux attribués au Pinturicchio , de trente ans plus âgé que Raphaël, mais, comme lui, élève du Pérugin. Le premier sujet représente la Vierge couronnée par le Christ, en présence de saint François, des apôtres, de deux évêques,... tous à genoux; dans le second, qui fut fait en collaboration avec le Pérugin et Raphaël, on remarque les
mages, la Vierge, saint Joseph, des anges Ce dernier tableau fut peint pour les
Mineurs réformés de la Spineta, petite localité dont il a pris le nom.
La Sainte Hélène de Paul Véronèse, le plus brillant, le plus charmant coloriste de Pécole vénitienne, vient du Capitole où l’avait fait placer Benoit NIV, après l’avoir obtenue de la famille Sacchetti : la mère de Constantin le Grand est vue de face dans l’attitude de la méditation; à côté d’elle, un ange tient une croix grecque. Ce tableau faisait les délices du Guide.
La Communion de saint Jérome , peinte par Dominique Zarnpieri, dit le Dominiquin, élève des Carrache. On connaît l’estampe admirable gravée d’après ce morceau par Alexandre Tardieu. La Communion de saint Jérome , commandée à l’illustre fds du cordonnier de Bologne par un prêtre animé d’un sentiment de commisération, fut payée à l’artiste deux cent cinquante francs; transportée au Louvre en 1797, les experts l’estimèrent plus tard cinq cent mille francs. A Saint-Pierre, sur la gauche, se trouve la copie en mosaïque de ce tableau, en opposition à la mosaïque de la Transfiguration qui est sur la droite.
La simplicité de l’œuvre est aussi admirable que la conception en est belle. Rien n’y détourne l’attention de l’objet principal; l’unité la plus scrupuleuse s’y rencontre avec l’inspiration la plus émouvante : tous les détails concourent à préciser l’action , à reporter le souvenir aux derniers moments de ce grand docteur de l’Eglise. Ge n’est [«lus aujourd’hui cet homme plein de force et d’éloquence qui, à Rome, foudroyait l’hérésie. Il s’est enseveli dans les déserts et y a consumé sa vieillesse dans la pénitence et la méditation; il en est maintenant à sa dernière heure; mais son cœur bat encore pour la religion de l’Évangile; il a voulu se rendre à l’église pour y communier au milieu de ses frères. Assisté d’un sous-diacre à genoux, qui tient le livre des prières, et d’un diacre en dalmatique , porteur du calice, le prêtre, saint Éplirem , vêtu à la grecque, donne la communion. Des anges, gracieux symbole des récompenses à venir, attendent au ciel l’âme du moribond.
Lanfranc , «intrigant heureux,» a dit un homme d’esprit, contemporain du Dominiquin, avait déjà traité ce sujet. Le pauvre Zarnpieri, timide et naïf comme le génie, fut accusé de plagiat. Pour l’en disculper et lui rendre ses titres, il n’a fallu rien moins que les dissertations victorieuses «b* Bellori et surtout de Passeri, l’esprit juste «le Mengs, l’enthousiasme du comte Algarotti et l’admiration de notre Poussin qui prétendait ne reconnaître que deux peintres : Raphaël et le Dominiquin.
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Le Repos eu Égypte, T Annonciation , et l’Extase de sainte Micheline, appartiennent au Baroclie , ce peintre aimable , né comme Raphaël à Urbin , ce peintre que des rivaux jaloux tentèrent d’empoisonner à la fleur de l’âge , e! qui vécut de longues années dons la douleur. Le premier de ces ouvrages, charmante