‹ Les galeries publiques de l'EuropeChapitre 70 sur 167 · S O C R A TE HOMÈRE · texte numérisé non relu

S O C R A TE HOMÈRE

conseils de Périclès, de même elle nous paraît la bienvenue au milieu de grands hommes qui honoraient la beauté comme un sourire des dieux.

ces

ROME. CAPITOLE

J®ff r and Salon. Au centre est une statue colossale d’Hercule enfant, modelée en basalte. Elle est placée entre deux Centaures en marbre gris moiré, qui sont des chefs-d’œuvre de la sculpture grecque au temps d’Adrien. De ces deux Centaures, l’un est vieux et il exprime la douleur d’avoir les mains liées derrière le dos; l’autre est jeune et il montre la gaieté de son âge : son visage s’épanouit; son bras droit est levé en signe de réjouissance; son bras gauche tient le bâton

CESTAUR 1 .

pastoral et porte une peau de chèvre . Beau privilège de l’art grec! Les êtres

fantastiques créés par l’imagination des poètes, il les représente si naturels et

doués d’une telle vie, que l’on croit à leur existence. Ne vous semble-t-il pas

que , dans ce cavalier qui se porte lui-même, le statuaire antique nous offre l’image

des temps primitifs, de ceux où la terre se couvrait d’une si abondante chevelure, que ce n’était pas trop pour l’homme d’avoir les jambes d’un cheval pour traverser les forêts épaisses, à la chasse des bêtes féroces ou à la poursuite de ses

amours.

G A L E RIE DES STAT UES

Le grand Salon renferme encore quantité d’ouvrages précieux, un Jupiter et un Esculape en noir antique, un Apollon Pythien exécuté dans le plus grand style, en marbre de Paros, le buste colossal de Trajan avec la cuirasse civique, une belle et grande statue d’Harpocrate , dieu du silence, parfaitement conservée, et deux Amazones : l’une, blessée, est d’une expression noblement sentie; l’autre s’apprête au combat et va tendre son arc. Peut-être faut-il regretter qu’en restaurant ces

deux figures héroïques, on n’ait pas eu l’attention de redonner aux têtes leur caractère consacré : une physionomie grave et hautaine, un air d’affliction, des sourcils indiqués d’une manière tranchante. Mais avant de quitter le grand Salon, nous avons encore à nous arrêter devant la statue d 'Hécube. Longtemps on l’avait prise pour une de ces pleureuses qui suivaient les funérailles et vendaient leurs larmes. Mais Winckelman a dit, avec plus de vraisemblance, que ce marbre représentait la veuve de Priam levant la tête, comme si elle voyait son fils Astyanax sur le point d’être précipité du haut des murs de Troie. Les anciens, sacrifiant tout à la beauté, accusaient rarement les rides de la vieillesse. Ici l’artiste n’a pas craint de montrer cette aïeule infortunée la peau flétrie et les mamelles pendantes, H

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néanmoins il a su conserver encore Je la noblesse dans l’image de la décrépitude, et un reste de dignité royale dans l’expression même du désespoir.

‘'ÊÊt AL0N DU ^AUNE- (j’est encore une des merveilles du Capitole que le Faune à la vendange exposé dans ce salon. L’art, la matière, la conservation, tout en fait un morceau rare et d’un prix inestimable. C’est la seule statue en rouge antique qui soit de grandeur naturelle. Les Grecs avaient imaginé les types les plus

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