‹ Les galeries publiques de l'EuropeChapitre 9 sur 167 · VATICAN · texte numérisé non relu

VATICAN

(TUrbin , François délia Rovere , en souvenir d’un pèlerinage au Calvaire ; il fut compris dans le traité de Tolentino, et l’église Saint-François de Pesaro fut forcée de l’abandonner aux commissaires français.

Les traits principaux de la vie de saint Nicolas de Bari sont l’ouvrage d’Angelico da Fiesole , peintre florentin , surnommé le Bienheureux à cause de la douceur angélique de son caractère et du mysticisme de ses compositions. Ces deux précieux petits tableaux, réunis dans un même cadre, eurent aussi l’honneur du voyage de Paris. La naissance heureuse du saint, son élection prophétique par l’évêque de Myre dont il écoute la parole, sa charité envers un père de trois enfants, l’abondance de blé qu’il procure aux fidèles de son diocèse alors qu’il est évêque, et la protection qu’il accorde aux passagers d’un navire menacé par les flots , telles sont les scènes représentées par le pieux maître.

La Vierge de F o ligna , ou la Vierge au donataire. «S’il eût tenu un pinceau, il aurait peint la Vierge de F aligna. » Tel est le vœu de cet autre Raphaël qu’un poète de nos jours fait mourir jeune, inconnu, pauvre, labourant le champ de ses pères, ayant au cœur les plus suaves aspirations.

La Vierge est au milieu des nuages, une bonté céleste anime ses traits; l’enfant, porté sur ses genoux, relève un coin de son manteau d’azur. Autour de cette sphère dorée où elle se montre comme le symbole de nos lointaines espérances , des anges voltigent et forment le concert du Fils de l’ Eternel. Sur la terre, celui qui sera le précurseur, saint Jean-Baptiste, apparaît debout, couvert d’une peau de mouton, s’appuyant sur une longue croix; le visage tourné vers nous, son attitude est celle du prophète inspiré qui va confesser la foi nouvelle; sa main droite nous indique celui à qui doivent s’adresser nos croyances. Agenouillés, priant avec ferveur, le regard vers le ciel, saint François et Sigismond de Conti représentent les fidèles : saint Jérome recommande le pieux donataire à la protection de la Vierge, et le lion de la légende accompagne le saint docteur. Au milieu du tableau, un ange debout soulève un cartel, sur lequel on lisait autrefois, dit-on, cette phrase en italien :

« C’est Mgr Sigismond Conti, premier secrétaire de Jules II, qui fit peindre ce tableau par la main de Raphaël d’Urbin. Sœur Anne Conti, nièce dudit Mgr Sigismond , l’a fait porter de Rome et placer sur cet autel le 23 mai 1303. »

Dans le fond se voit la petite ville de Foligno ; la foudre y tombe : un homme à cheval, trois voyageurs, un berger près de ses moutons, et plus loin deux autres ligures sur un monticule, semblent assister à quelque événement extraordinaire.

Le peintre de cette scène à demi céleste a donné à chacun des personnages l’expression déjà consacrée dans nos souvenirs ; mais ce que l’idéal peut concevoir de plus saintement beau, de plus touchant et de plus miséricordieux, est réalisé

LA GALERIE DES TABLEAUX

dans la figure de la Vierge. Sa vue procure à l’âme des nuances touchantes et si délicates , si profondes et si douces , si récentes qu’on ne sait plus à quoi les comparer dans la nature.

de sentiments si et si primitives,

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