‹ Les galles et leurs habitantsChapitre 22 sur 32 · AUTRES GALLES DES TÉRÉBINTHACÉES · texte numérisé non relu

AUTRES GALLES DES TÉRÉBINTHACÉES

On connaît un certain nombre de productions gallaires, analogues à celles que nous venons de passer en revue, sur des végétaux appartenant à la même famille et qui, en raison de leurutililé pharmaceutique ou industrielle, ont attiré notre attention.

(1) Courchet. Eludes sur les Aphides. Montpellier, 1878.

1** Nous signalerons d'abord la galle connue sous le nom de Caroub de Judée et figurée dans Clusius et Lobel; celle galle est probablement celle dont parle Réaumur (1) : « Les Turcs, dît-il, font entrer dans la composition de leur teinture rouge une espèce de galle qu'ils nomment bazgenges^ dont M. Savary n'a pas oublié de faire mention dans son Dictionnaire du Cornmerce; il dit que les Turcs mêlent ces bazgenges à la cochenille et au tartre pour faire une partie de leur écarlate; il ajoute que ce fruit est rare en France, ce qui fait qu'on ne

s'en sert point Je n'ai aperçu aucune différence sensible

entre les galles desséchées que M. Greger a envoyées et les

galles desséchées de M. le comte de Suze En un mot, les

bazgenges de Syrie paraissent être nos vessies du térébinthe et servent sans doute de même de logement aux pucerons. » Réaumur avait sans doute vu fort juste, car, si de plus, on se reporte à la description donnée par Guibourt (2) sur le Caroub de Judée, on aura la conviction que cette production et la galle en corne du P. therebinthus sont une seule et même chose. « Cette galle, dit Guibourt, a la forme d'une vésicule longue et aplatie, élargie au milieu et amincie aux deux extrémités... Elle estd'unecouleurrougedécidée,surtout à l'extérieur, qui est strié longitudinalement et doux au toucher, etc.»

T La galle noire et cornue du pistachier^ décrite et figurée par Guibourt (/oc. cit,) « est longue de 4 à 6 cent., épaisse de 8 à 15 milL, plus ou moins recourbée et terminée par une pointe aiguë. Elle est souvent comme toruleuse dans sa longueur, d'un gris noirâtre à la surface et elle offre souvent de petites glandes plates et circulaires d'où exsude une résine jaune ». Dans les Adversaria de Lobel, cette galle accompagne la figure du Pistacia narhonensis ; Guibourt regardait le P. narbonensis comme une variété de P. terebinthus, mais M . Planchon a montré que cette plante n'est en réalité qu'un hybride,

(1) Réaumur, Mémoire pour servira l'histoire des Insectes.

(2) Guibourt, Hist. nat. des drogues simples, t. lU, p. 498.

OU mieux un métis, enlre le térébinlhe et le pistachier franc.

La galle noire et cornue est, d'après Guibourt, très différente de la galle en corne du térébinthe; il serait pourtant possible, pour M. Courchel, que cette galle soit une des nombreuses variétés de la forme en corne.

3° La galle du pistachier de Bouckara^ décrite par Guibourt, comme une production toute spéciale, a beaucoup de ressemblance avec la galle utriculaire du térébinthe ; elle est cependant plus petite et elle porte une petite pointe terminale qu'on ne trouve pas dans cetle dernière. Aussi n'est-il guère possible d'identifier absolument ces deux sortes de formes. La galle du pistachier de Bouckara est brun rougeâlre ; son volume est celui d'une grosse noisette ; elle est ovoïde ou sphérique. Quand on la coupe, elle exhale une odeur térébinthacée, sa saveur est astringente et plus aromatique que celle des galles du P. terebinthus.

40 La galle de Chine ou Poey-tse avait d'abord été attribuée à une Hamamélidée, mais Schenck et Hanbury ont reconnu qu'elle appartient à une térébinthacée, le Bhus semialata; le puceron qui en occasionne la naissance a été décrit par M. Doubleday sous le nom d'Aphis Chinensis.

Le volume de cetle galle est entre le volume d'une châtaigne et celui du poing ; la forme en est très variable, mais en général ronde ou oblongue, à contour inégal.

D'après Guibourt, la nature morphologique de la galle est un bourgeon ; elle parait en effet avoir résulté « du développement monstrueux d'un bourgeon retenante sa base des vestiges d'écaillés imprégnées d'un suc gommeux ».

La galle de Chine est employée comme colorant dans le pays même oîi on la récolte.

50 La galle de Myrobolan citrin est ainsi décrite par Guibourt {loc. cit.) : « Elle est simple ou didyme, longue de 25 à 35°"", généralement ovoïde, aplatie et ridée longitudinale ment parla dessiccation; d'une couleur jaune verdâtre de myrobo-

lan citrin à Textérieur, tuberculeuse et brunâtre à l'intérieur, toujours vide et privée d'insectes. Elle est fortement astringente et aussi bonne que la noix de galle pour la teinture en noir. »

Il est probable que cette galle a servi de demeure à des pucerons ; elle nail, dit-on, sur les feuilles de Tarbre qui produit le myrobolan citrin, et elle arrive, mélangée avec ce dernier produit, des Indes Orientales. L'arbre qui la porte n'est pas connu; on croit cependant qu'il s'agit du Terminalia Chebula Gœrtn.

Page 1