‹ Les galles et leurs habitantsChapitre 24 sur 32 · GALLES DE L'ORMEAU · texte numérisé non relu

GALLES DE L'ORMEAU

On trouve sur Tormeau six sortes de galles qui sont classées par M. Lichtenstein (1) dans le tableau synoptique suivant :

Galles s'élevant sur la feuille sans

. la déformer 2

Galles déformant la feuille ellemême 4

Galle portée sur un pétiole, arrondie 3

Galle à pétiole très court ou nul,

aplatie en crête de coq Colopha compressa, Koch.

Galle sphérique, charnue, lisse,

verte ou jaunâtre Tetraneura ulmi, Kalt.

3 ^ Galle plus grosse^ mince, velue, vériculeuse et crispée, rouge de framboise vif Tetraneura rubra, Licht.

Galle charnue unique s'enfonçant

dans la nervure de la feuille,

ressortant par-dessous en forme

de pois chiche , . Pemphigus pallidus, Halid.

Galle crispant et déformant la feuille. 5

La feuille est simplement enroulée vers en bas sur la moitié et sa largeur formant un cylindre verruqueux blanchâtre ; elle est géné- „ . ralement au milieu des branches. Schizoneura ulmi, Kalt. La galle est formée par les feuilles terminales agglomérées, formant une vessie de la grosseur d'un œuf ou même du poing; elle est jaune verdâtre teintée de carmin. Sckizoneuralanuginosa,}leLTiiQ

Nous allons étudier rapidement la manière d'être de ces galles en suivant Tordre indiqué dans ce tableau.

1** La galle du Colopta compressa ne vient jamais sur VUlmus

(2j Lichtenstein. Feuille des jeunes Naturalistes,

campestris, mais seulement ^xxTVU.suffusa; rare dans le Midi, elle est fréquente dans le centre et le nord de l'Europe et en Amérique. Elle s'élève sur le limbe de la feuille, le long de la nervure principale ou le long d'une nervure secondaire et elle ressemble beaucoup à celle qui est produite par le T. ulmi; cependant elle n'est point claviforme ou globuleuse, mais fortement comprimée dans le sens latéral.

2"* La galle du Tetraneiira tdmi a été bien étudiée par le D' H.-F. Kessler à qui nous empruntons la description suivante, corroborée par les observations de M. Courchet.

On trouve toujours cette galle sur la face supérieure du limbe entre la nervure médiane et le bord, le plus souvent entre deux nervures latérales ; elle se montre comme une excroissance plus au moins longuement pédiculée, claviforme ou irrégulièrement globuleuse, et peut atteindre la grosseur d'une petite noisette. Au début, elle est vert pâle, mais bientôt elle devient jaunâtre et l'on voit se former au voisinage de sa base de petites fissures qui se changent bientôt en ouvertures irrégulières par lesquelles les insectes ailés s'échappent au dehors; alors la galle se détache entraînant avec elle toute la portion du limbe dont la couleur avait été modifiée, tandis que le reste de la feuille continue à végéter jusqu'à l'automne. Quelquefois cependant les galles persistent et se dessèchent sur les feuilles.

3^* La galle du Tetraneura rnbra^ Licht. a des formes et des dimensions très variables ; les premiers phénomènes de son développement se passent dans le bouton et n'ont par conséquent pu être suivis avec soin ; lorsque les feuilles atteintes s'étalent au dehors, la tumeur est déjà en pleine période de croissance. Cette galle naît sur la nervure médiane et à la face inférieure du limbe, presque toujours à la base de ce dernier ; les parties affectées par les ■\3sions prennent une teinte vert jaunâtre ; puis l'hypertrophie gagne non seulement la moitié de la nervure médiane, mais encore les nervures se-

condairés voisines qui s'en détachent. Peu à peu les tissus s'invaginent vers la face supérieure où ils forment bientôt une couronne dure, à surface un peu velue. L'ouverture primitive, aussi bien dans ce cas que dans les cas précédents, se montre couverte d'un léger duvet.

La couleur de la galle change avec l'âge, et, en même temps, des fissures commencent à se montrer à la surface, puis une grande ouverture par où s'échappent les insectes ailés émigrants.

La galle ne se détache point du limbe après le départ de ses habitants : elle s'y dessèche et persiste jusqu'à la chute des feuilles.

40 La galle du Pemphigus pallidus se rapproche, d'après Lichtenstein, de la précédente ; comme celle-ci, elle est située au voisinage de la nervure médiane et à la base du limbe ; mais au lieu de s'insérer comme elle à la face supérieure sans faire saillie en dessous, la galle de Pemphigus pallidus est convexe des deux côtés de la feuille.

5' Le Schizoneura ulmi, dit Kessler (1), affecte la plus grande partie de la moitié des jeunes feuilles sur la face intérieure desquelles il se fixe. Jamais pourtant la modification du limbe ne s'étend jusqu'à l'extrémité de la feuille vers le haut, jusqu'à sa base vers le pétiole ; celte modification de l'organe est d'ailleurs la conséquence d'un accroissement intercalaire énergique le long de la nervure médiane, tandis que le bord de la feuille se replie en dessous, de façon h constituer une sorte de bourse ou de rouleau d'un jaune verdâtre, à surface comme boursouflée. — L'insecte se tient fixé sur le bord de la feuille qu'il oblige à s'enrouler en ce point. — Si l'on recherche la mère fondatrice au milieu de l'énorme quantité de pucerons de toute taille qui l'entourent, quand le rouleau est rempli d'une sécrétion blanche,

(1) Kessler. Lebensgesch. der auf Ulmus campestris vork. Aphiden Arten.

ilO LES GALLES

il faut développer ce dernier avec soin et alors on la trouve toujours près du bord de la feuille.... »

La galle change de coloration avec l'âge, comme les précédentes; elle devient d'un jaune blanchâtre, puis se détache ou persiste, après le départ de ses hôtes, suivant que les nervures ont été plus ou moins lignifiées.

60 Les galles du Schizoneura laîiuginosa |se trouveraient, toujours d'après le D' Kessler,au sommet d'un rameau latéral. « L'insecte, dit Kessler, agit sur les premiers rudiments des jeunes feuilles encore enfermées dans le bouton, dételle sorte que les bords de leur limbe s'accroissent comme s'ils tendaient à se recourber en dedans. Mais cette courbure étant empêchée par le manque d'espace dans le bouton, les bords contigus de deux feuilles voisines s'accroissent l'un contre l'autre et il finit par se former ainsi un tout complexe qui prend plus tard, en augmentant de volume, une apparence vésiculeuse ou bursiforme. Pendant que s'accomplit cette croissance anormale des feuilles, la jeune pousse qui est demeurée cachée au fond du bourgeon prend part à la formalion complexe qui se constitue de la sorte en servant de moyen d'union entre la partie inférieure des feuilles et entre leurs pétioles. » D'après Kessler, ce ne serait donc pas une seule feuille qui servirait à constituer la galle, mais plusieurs et mêmes toutes les feuilles d'un bourgeon.

Ces vessies peuvent atteindre le volume du poing ; leur surface, vert blanchâtre, est légèrement velue et munie de grosses ondulations parallèles et transversales.

On en trouve cependant aussi qui ne sont formées que par une seule feuille et parfois môme par une portion assez faible du limbe vers la base de la feuille. Réaumur avait décrit une de ces productions dans son Histoire des Pucerons : « Quand ces galles, dit-il, ont à peu près la grosseur des noix communes, il n'y a plus que de légers restes de la feuille à laquelle elles tiennent; elle a été tout employée

pour former une galle ; c'est beaucoup qu'elle ail pu y suffire. »

Le limbe ou la partie du limbe qui est ainsi employée à constituer la galle s'hypertrophie en môme temps que son enroulement s'effectue et toujours la forme de la feuille est profondément altérée.

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