‹ Les galles et leurs habitantsChapitre 26 sur 32 · CYCLE BIOLOGIQUE DES APHIDIENS · texte numérisé non relu

CYCLE BIOLOGIQUE DES APHIDIENS

Les Pucerons dont nous venons de décrire les formations gallaires peuvent être, d'après M. Lichenstein (1), rangés dans les quatre groupes suivants :

V Les ChermésidienSj ayant cinq articles aux antennes ;

(1) Lichteustein. Monographie des Pucerons de Peuplier. Montpellier, 1886.

2° Les SchizoneurienSy ayant six articles aux antennes et la nervure cubitale fourchue ;

3' Les PemphigienSy ayant aussi six articles aux antennes, mais dont la nervure cubitale est simple ;

4"* Les AphidienSj ayant sept articles aux antennes, en comptant comme article séparé la partie effilée qui termine le sixième article.

Nous rappellerons simplement ici que les Phylloxériens, dont nous avons déjà fait l'histoire, appartiennent aussi au même groupe des Pucerons.

11 ne nous est pas possible d'étudier en particulier le cycle biologique de chacun des groupes que nous venons d'énumérer, encore moins des espèces qui composent ces groupes ; nous décrirons simplement l'évolution du genre A/?Afs qui offre les caractères généraux des êtres dont ce genre est le chef de file.

Les œufs des Aphis déposés dans la terre, dans le feuillage, dans un endroit abrité quelconque, se développent au printemps et donnent naissance à des Pucerons aptères. Ceux-ci subissent quatre mues avant d'arriver à leur développement complet, sans présenter pourtant d'autre changement important qu'une accentuation de leur couleur primitive; dix ou douze jours séparent généralement Téclosion du moment où les Pucerons atteignent le maximum de leur croissance. A ce moment, ainsi que Ta démontré le premier Ch. Bonnet (1) au siècle dernier, ces Pucerons mettent au monde des petits vivants qui se trouvent au même état que leur mère au sortir de l'œuf. Ces petits Pucerons se fixent pour sucer la sève, s'accroissent très vite, subissent quatre mues, et, une fois développés, ils mettent au monde des petits vivants. Les Pucerons vivipares, appelés souvent nourrices et au^^i femelles parthéiio-

(1) Bonnet (Ch.). Traité d'Insectologie et Observations sur le Puceron, 1745-

génésiçueSj engendrent en moyenne de trente à quarante petits avant de mourir.

Le célèbre philosophe naturaliste Bonnet avait constaté que les Pucerons du plantain peuvent se reproduire, sans le secours d'aucun mâle, pendant neuf générations consécutives ; après lui, Duvau (1) reconnut que chez certains de ces êtres la parthénogenèse se perpétue jusqu'à la dixième génération ; enfin, au [commencement de ce siècle , le pasteur Kyber (2) avait réussi « à perpétuer en serre chaude une colonie de Pucerons pendant quatre ans rien que par les générations asexuelles (3).

Dans ces conditions, il est facile de prévoir que la nourriture ne peut tarder à manquer à ces êtres sur le lieu qu'ils ont choisi et que la colonie périrait tout entière si. une forme nouvelle ne se produisait : en effet, lorsque les Pucerons sont très nombreux en un même point du végétal attaqué, on voit, parmi les individus aptères, certains individus qui, nés aptères, comme leurs frères, ne tardent pas à acquérir des ailes. Cts organes leur permettent d'aller fonder, loin de leur patrie, des colonies semblables à celles que nous avons décrites : les Pucerons migrateurs sont parthénogénésiques comme leurs mères; comme elles aussi, ils produisent plusieurs générations d'individus aptères par viviparité et sans le secours d'aucun mâle ; leur rôle est donc simplement d'assurer la conservation et la diffusion de l'espèce.

Tant que ces êtres singuliers trouvent une nourriture suffisante, c'est-à-dire pendant l'été et pendant l'automne, rien n'est changé dans les conditions de reproduction que nous venons de signaler. Mais, à mesure que les aliments deviennent plus rares, ou, ce qui revient au même, à mesure que les froids approchent, les femelles vivipares deviennent de plus en plus rares ; avec elles naissent, aussi par génération vivipare,

(1) Duvau. Nouvelles recherches sur Fhist. nat. des Pucerons, 1825.

(2) Kyber. Erfahrungen uni Bemerkungenûber Blaltlaûse. Halle, 1815. (3J Kûnckel d'Herculais. In Brehm. Merveilles de la nature.

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d'autres femelles plus grandes, aptères, et des mâles, généralement ailés, petits et nombreux.

L'accouplement a lieu entre ces nouveaux individus; puis les œu& fécondés sont pondus en lieu sûr, c'est-à-dire à Tabri de& intempéries de la saison d'hiver. Nous sommes maintenant revenu au point d'où nous sommes parti ; le cycle biologi(gue recommence dans les mêmes conditions.

Âin^ que Ta fait remarquer le savant naturaliste danois, Steenstrup, les Pucerons présentent donc un phénomène bien caractérisé de génération alternante : une génération sexuée termine une ou plusieurs générations asexuées.

Il est fort curieux de constater que cette génération alternante est uniquement sous la dépendance des conditions extérieures : l'expérience de Kyber, que nous avons rapportée, en est un témoignage très évident et incontestable.

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