‹ Les galles et leurs habitantsChapitre 29 sur 32 · CHAMPIGNONS · texte numérisé non relu

CHAMPIGNONS

On connaît actuellement une foule d'associations de végétaux qui donnent naissance à la formation de galles. L'animal est remplacé par un champignon, c'est là toute la différence. Cette différence n'est pas grande, si l'on se rappelle combien il y a d'homologies dans les phénomènes de nutrition, de respiration en particulier, entre les animaux et le§ champignons. Les galles produites par les champignons sont désignées par le professeur Thomas, d'Ohrdruf, sous le nom de mycocécidies. Nous nous contenterons de passer en revue les galles ou mycocécidies de la mercuriale, du chou et du poirier qui nous paraissent les plus intéressantes.

Les Chytridinées^ qui forment un groupe de champignons assez nombreux que Van Tieghem range dans la classe de Oomycètes, vivent en général aux dépens des algues soit en pénétrant dans leurs cellules, soit en émettant seulement à travers la membrane de leurs hôtes une sorte de suçoir. Un de leurs genres, le genre Synchytrium, a cependant été rencontré chez les végétaux supérieurs, l'anémone, la mercuriale : le Synchytrium pénètre dans les cellules et se nourrit abondamment des réserves qu'il y rencontre, mais chose remarquable, les cellules affectées par ce parasite sont plus grandes que leurs voisines, en un mot, elles sont hypertrophiées. Aussi le Synchytrium produit-il une sorte de galle saillante au-dessus du niveau de la feuille (S. mercurialis (1).

Le Plasmodiophora Brassicœ (2), champignon du groupe

(1) De Bary et Woronin. Beitrag zur Kenntniss der Chytridinen (Bericht der nat. GeseUsch. Fribourg, 1863).

Woronin. Neue Beitrag zur Kenntniss der Chytridinen (Bot. Zeit., 1868). Schroter. Die Pflanzen parasiten aus der Gattuitg Synchytrium (Cohn's Beitrag, I, 1870).

(2) Woronin. Jahrbùcher fur wiss. Botanik, XI, p. 548. 1878.

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des Myxomycètes^ vil dans les cellules des racines des choux, et provoque des excroissances grisâtres ou jaunâtres, connues sous le nom caractéristique de hernie du chou. Ce sont encore là des sortes de galles. Le chou atteint dépérit peu à peu et meurt; mais ici encore l'arrivée du parasite a déterminé une hypertrophie des cellules : sous Tinfluence du fiasmodiophora, les cellules voisines s'accroissent fortement, se cloisonnent un grand nombre de fois et finalement forment ces excroissances qui sont le symptôme extérieur de la maladie (1).

Le Synchytrium et le Plasmodiophora ne dévorent pas les tissus, mais se nourrissent par simple endosmose.

M. Maurice Girard (2), dans une note sur des galles de poirier, a fait connaître une maladie de celte plante utile occasionnée par la présence de galles sur les tiges et sous les feuilles. <* Ces galles, dit-il, sont allongées, chevelues, terminées par un bouton où s'attachent de longs filaments blancs. » Les observations de M. Girard ont été faites sur des feuilles et des branches malades de poirier envoyées au comilé de la Société centrale d'Horticulture de France par la Société horticole de Cholet (Maine-et-Loire). La possibi lité de l'importation de la maladie de l'étranger paraissait probable, parce que le jardin dans lequel elle s'est présentée tout d'abord touchait à une filature. Les galles qui furent soumises à Texamen de M. Girard étaient vides. Mais l'auteur admit néanmoins « qu'elles étaient certainement dues à des insectes. »

Toute la difficulté consistait à savoir quel était l'insecte qui les produisait. Après avoir écarté les Pucerons et les Hyménoptères, l'auteur conclut que ce sont probablement des némocères qui provoquent ces productions morbides. Les arbres

(1) Van Thieghem. Traité de botanique, p. 100.

(2) Note sur des galles de poirier. Soc. centrale d'Horticulture de France, 1879, p. 696.

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malades avaient les feuilles et les rameaux en mauvais état. Les fruits, arrêtés au quart de leur développement, étaient difformes et rabougris.

La cause des galles dont la présence détermine une maladie sur le Pirus communis n^est pas celle qui a été indiquée par M. Maurice Girard. C'est une opinion qui se reproduit toujours de temps en temps que les excroissances morbides qui apparaissent sur les plantes sont toutes produites par la piqûre d'insectes. Or, pour le cas présent, il en est tout autrement. Les galles du poirier, de M. Girard, n'ont aucun rapport avec des parasites animaux. Elles sont provoquées par des champignons. Ce sont des mycocécidies, ainsi que Ta indiqué le professeur Thomas (1). Ayant reçu du président de la Société de Cholet des feuilles de poirier malade, ce savant constala qu'elles ne portaient que « les spermogoniesdu Gymnosporangium fuscumli. C. [Podisoma)^ et, par suite, les galles décrites par M. Girard n'étaient autre chose qu'un état de développement de ce champignon connu sous le nom de Roestelia cancellata (Gitterrost) ». Comme la maladie s'était présentée à Cholet depuis 1873 seulement, avec une violence augmentant chaque année jusqu'en 1878, M. le professeur Thomas demanda si, de 1871 à 1873, une plantation de genévrier n'aurait pas été faite dans le voisinage et, dans ce cas, conseilla de la faire disparaître. Le voisinage du genévrier, en effet, et particulièrement du Juniperus sabina, est tout aussi dangereux par rapport aux galles, ou rouille du poirier, que le voisinage de l'épine-vinette par rapport à la rouille du blé. OErstedt, en 1865, a prouvé par des essais d'infection que le « Gitterrost » suppose pour son développement les spores de la rouille du genévrier.

(1) Thomas. Monatsschrift des Vereins zur Beforderung des Gartenbaues in den Konigl, preuss. Staafen (Juni Heft, 1880).

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