‹ Les galles et leurs habitantsChapitre 28 sur 32 · DESCRIPTION ET ÉVOLUTION · texte numérisé non relu

DESCRIPTION ET ÉVOLUTION

DU NOTOMMATA WERNECKH

Le N.Werneckii appartient incontestablement à la classe des Rotateurs. Ilprésentelescaractères généraux de cette classe. A son état jeune, ces caractères sont très évidents et on ne peut pas le confondre avec d'autres êlres. 11 entre de bonne heure dans l'oogone, sans doute par l'orifice préparé pour l'arrivée de l'anthérozoïde fécondateur; comme il ne dépasse pas O^^^SO de longueur dans son état de plus grande extension, on conçoit que sa taille ne puisse pas être un obstacle pour son entrée dans l'oogone par une porte ouverte. C'est une idée que nous émettons sous toutes réserves.

Dès son arrivée dans l'oogone, son appareil rotateur ne lui sert plus dans le milieu dense où il continuera son évolution ; aussi cet appareil s'atrophie peu à peu et l'animal ne se meut plus qu'à l'aide de mouvements généraux dus aux contractions des muscles du corps. Ce caractère de locomotion, bien différent de celui des rotateurs à l'état de liberté, joint à la présence d'un œil impair et médian placé à la nuque, explique la fausse détermination de Cyclops hipula, due à Vaucher. *

L'individu grandit dans la galle qui se forme autour de lui; les matières nutritives s'accumulent dans son tube digestif oix elles forment une tache noire très visible qui a de tout temps attiré l'attention des observateurs. Cette masse noire, résidu de la digestion, est constamment dans un état de rota- ' tion lente et continue sous l'action des cils vibratiles qui tapissent les parois internes du tube digestif chez tous les rotateurs; de temps à autre, de petites parcelles s'en détachent, parcelles qui sont charriées par le même mouvement ciliaire

jusqu'à rextrémité de l'intestin, et enfin rejetées au dehors.

Les phénomènes de reproduction sont particulièrement intéressants. M. Balbiani en a donné une étude complète, dont nous extrayons les faits suivants :

Tous les individus observés par M. Balbiani étaient femelles. On ne peut donc pas affirmer qu'il y a des mâles; mais on ne peut pas non plus affirmer qu'il n'y en a point; car, les observations faites sur les autres groupes de Rotateurs nous apprennent que les mâles sont infiniment plus petits que les femelles et que leur existence éphémère est uniquement consacrée à la fécondation.

L'ovaire renferme de nombreux ovules qui présentent presque tous le même état de développement chez le même individu et arrivent par suite presque simultanément au moment où ils doivent être évacués par la ponte. La distension qu'ils font subir au sac ovarien finit sans doute par déterminer la rupture ou la résorption de ses parois, car on trouve plus tard les œufs libres dans la cavité du corps et placés immédiatement sous le tégument externe. A ce moment, l'animal a la forme d'une outre arrondie et il est littéralement bondé d'œufs mûrs.

Le N. Werneckii, comme plusieurs autres Rotateurs, produit deux sortes d'œufs; les œufs d'été qui éclosent immédiatement, et les œufs d'hiver, qui passent la saison froide et n'éclosent que l'année suivante. Le savant embryogéniste du Collège de France a constaté que les premières pontes ne contiennent que des œufs d'été, que les pontes suivantes contiennent un nombre de plus en plus grand d'œufs d'hiver et qu'enfin les dernières pontes ne contiennent plus d'œufs d'été. Ces faits, nettement observés, démontrent pour M. Balbiani « l'épuisement graduel de la vitalité du germe dans les œufs d'été pondus sans fécondation ».

Les jeunes individus, éclos de ces œufs, vermiformes, longs deO""10 à 0™I2, s'échappent les uns après les autres, soit par

\:i\ LES GALLES

les ouvertures des pelits filaments de la galle, soit en cheminant à travers les tubes de Vaucherla jusqu'à des capsules voisines qui sont désertes à leur tour et ne renferment que les coques abandonnées des œufs et la masse Intestinale noire de la mère. A ce moment, les galles sont près de disparaître définitivement : les Infusoires et les Chytridinées leur enlèvent les parcelles alimentaires, chlorophylle et protoplasma, non utilisées pour le développement de leurs hôtes émigrés.

Les jeunes Notommates, parvenus dans le liquide ambiant, s'y ébattent en toute liberté sans prendre aucune nourriture; mais bientôt leur vie libre prend fin ; ils retournent à la plante où ils sont nés. D'après M. Balbiani, ils entrent dans les vieilles capsules pour gagner ensuite les filaments et enfin les jeunes oogones pour y fonder de nouvelles galles.

Telle est le cycle intéressant de ce Rotateur gallicole.

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